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Critique Lost Highway

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Si Twin Peaks, feu-Marche avec moi, a déstabilisé certains fans de David Lynch – le film étant hermétique mais ô combien précieux et nécessaire pour les accrocs à la série –, il n'en a pas été de même avec Lost Highway, qui fut accueilli avec un vrai respect et la révérence due à un génie du septième art. Lost Highway est un chef d'oeuvre, un de ceux dont on parle et dont l'on parlera encore longtemps tant il est à la fois fermé et propice aux interprétations. Partant d'une idée que d'autres auraient traités banalement, Lynch réalise un film complètement fou, avec de vrais moments de terreur. Des passades effrayantes que l’on n'ose imaginer au risque d’en perde l’esprit, à l’instar tout comme de héros de Lost Highway.

 

 

Fred Madison, saxophoniste doué, soupçonne sa femme, Renée, de le tromper. Dans le même temps, ils trouvent sur le paillasson de leur maison une cassette vidéo montrant leur intérieur violé par un vidéaste inconnu. La seconde cassette va révéler à Fred le cadavre de sa femme qu'il vient justement de tuer. Condamné à la peine de mort, Fred disparaît de sa cellule pour se voir remplacé par un jeune homme, Pete Dayton, qui n'a aucun souvenir pouvant permettre d'expliquer sa présence. Le pitch semble fou ? Il n’est pourtant qu'un vague résumé de l’ensemble. C'est en effet oublier l'homme mystérieux, capable de vous parler face à face en même temps au téléphone portable – don d'ubiquité ou autre chose ? –. C'est laisser de côté le cadrage des plans des cassettes vidéos, impossibles à reproduire autrement qu'avec une équipe de tournage. Et ce n'est rien, tout compte fait, face aux séquences qui suivront, où les personnages de cette première partie reviennent, dans d'autres personnalités, et verront la boucle se boucler. Le film se termine en effet par la phrase qui l'avait ouvert, un laconique « Dick Laurent est mort » annoncé via un interphone. Encore plus que Mulholland Drive, Lost Highway ouvre la porte à de multiples interprétations et s’avère prompt à de nouvelles expériences. Celle-ci est d’ailleurs quasi-unique au cinéma. Chaque plan se doit presque d'être disséqué afin de comprendre le suivant. Tout concourt à donner des pistes, ou bien à les annihiler, que ce soit mise en scène, scénario, musique ou acteurs.

 

 

Visionné la première fois, soit en étant bousculé et baladé par Lynch, Lost Highway trouble, terrifie et désoriente complètement. Pourquoi Fred a-t-il tué sa femme ? Pourquoi disparaît-il de sa cellule ? Qui est ce mystérieux homme armé d’une caméra qui semble tout savoir et filme même la mort d'un protagoniste ? Pourquoi la violence surgit-elle dans le film inopinément – le tabassage du conducteur insolent, littéralement planté dans une table basse –  provoquant un choc réel ? Autant de questions qui n'auront de réponses que celles que le spectateur aura trouvé pour satisfaire sa curiosité. Car si des clés sont données, elles sont aussi dénuées d'éclaircissements que les portes qu'elles devraient ouvrir. La première explication au film est qu'il parle de troubles dissociatifs, multiples personnalités dans un même corps. Imaginez Identity – qui évoque le même thème –, mais raconté par celui qui est victime de ces troubles. De quoi devenir dingue. Et force est de constater que si Lost Highway désoriente autant et fait vraiment froid dans le dos, c'est justement lorsqu'on pense constamment approcher d'une solution sans que cette dernière soit pour autant totalement vérifiable. Lost Highway a également été vu comme une réflexion sur la narration et le rapport œuvre / auteur, visible notamment lors du visionnage des cassettes vidéos ou via le mystérieux homme omnipotent et vidéaste.  David Lynch semble aimer manipuler le spectateur, tout en livrant toujours une œuvre qui, au premier abord, est émotionnellement touchante.

 

 

Magnifiquement mis en scène – chaque plan semble réfléchi –, Lost Highway bénéficie en outre d'une ambiance film noir qui est déterminée par le traitement même de l'histoire. La musique – en partie due au fidèle Angelo Badalamenti –est au diapason et illustre bien chaque sentiment de Fred notamment, qu'elle soit douce ou brutale – Manson et Rammstein sont au menu –. Et qui dit Lynch, dit souvent acteurs au talents véritablement exploités, et il suffit de comparer l'autre rôle que tiendra Bill Pullman sensiblement à la même période dans le navrant Independance Day pour saisir la véracité de cette affirmation. Il est ici tout bonnement impérial et comme beaucoup, aura trouvé dans Lost Highway le rôle de sa vie.

 

 

Chaque vison de Lost Highway correspond presque une réinterprétation du spectateur. Il en va ainsi d'un film dont on imagine avec difficulté comment son scénario a pu germer d'un esprit sain. A la fois clair et obscur, le film est un peu comme un tableau de maître où la sensibilité de la personne le visionnant fait la différence. David Lynch n'aura jamais autant maîtrisé son œuvre qu'ici et s'il est un film qui se doit de trôner dans votre vidéothèque, c'est bien celui-ci.

Auteur : TONTON

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