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Critique Lucy

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Besson répond aux exigences du grand public. Le soin artistique des débuts a donc progressivement laissée place à des intentions nettement plus commerciales, le cinéaste livrant désormais des scénarios copiés-collés sur commande. Bien que réalisé par ses soins, Lucy bénéficie sans surprise du traitement habituel. Pétarades maousse-costaudes, invraisemblances en veux-tu en voilà, relative légèreté scénaristique, le nouveau techno-actioner made in Besson embarque le spectateur dans un ride aussi frénétique que crétinisant. Propulsée super-héroïne improbable de ce machin épileptique, Scarlett Johansson mitraille tout ce qui bouge, grimpe au plafond, se dématérialise et théorise sur le sens de l'existence. Du délire total.

 

 

Lucy s'articule autour d'une idée usitée. Déjà mis à l'honneur par un Limitless couci-couça, l'idée du déblocage de l'intellect humain par réaction chimique est ici articulée autour d'un événement déclencheur en forme de n'importe-nawak. Contrainte par son plan-cul de la semaine de livrer une mystérieuse valise aux triades chinoises, Lucy se retrouve coincée avec un sachet de drogue planqué dans le bide. Le stupéfiant en question est une substance nouvelle qui défonce à mort, Besson déroulant en guise de démonstration une séquence pendant laquelle le cristal bleu-fluo transforme un  golmon anémique en golmon épileptique. Le cadre est posé. Manque de bol, la jeune femme est capturée par des concurrents qui la tabassent sévère. Le sachet est donc endommagé, et le produit dope les capacités de Lucy. Cette dernière engage alors une vendetta sanglante contre ses employeurs. Pourquoi pas. Le concept scientifiquement plus ou moins prouvé que l’humain n’utilise qu’une infime partie de son cerveau ouvre grandes les portes de l’imaginaire de Besson, qui s’engage tête baissé vers des possibilités cartoonesques complètement barrées. Lucy déroule une introduction torchée fissa, et burine dur dès que l’occasion se présente. La pseudo-étudiante de Besson se retrouve donc progressivement capable de tout et n’importe quoi. Un peu à l’image du film.

 

 

Besson aime les femmes fortes. Sa Lucy en est l’incarnation parfaite, au-delà même du raisonnable. La maxi-héroïne incarnée par Johansson est brossée comme Dieu le Père, cette dernière se coltinant 6000 pages d’études scientifiques en quelques secondes, modelant la matière, contrôlant les esprits et que sais-je encore. Les multi-pouvoirs du personnage central permettent au cinéaste de coucher sur bandes un film qui fracasse la rétine, les tympans, la faculté de penser. Bien que rythmé façon mitraillette, Lucy cumule les âneries avec une éreintante frénésie. Rien ne tient debout dans ce pur produit estival d’une abyssale bêtise. Besson vendra probablement son « œuvre » comme un bis qui déménage à aborder comme tel. Ce dernier s’échine pourtant à multiplier les saillies pseudo-intellectuelles, le métrage avançant à plusieurs reprises des semblants de réflexions philosophiques,  usant de plans de coupes ridicules et peinturlurant deux-trois scènes d’une musique classique ultra-smart. L’approche « artistique » rend le métrage vraiment prétentieux, en plus d’être très con. Les personnages traversent la péloche sans rien avoir à dire, Lucy ne racontant strictement rien d’intéressant. Le film fait de l’action pour de l’action, et multiplie un petit chapelet de séquences pif-paf-pouf pas trop dégueu. C’est déjà ça.

 

 

Lucy est un film bien emballé. Besson n’est pas un manche, et a déjà démontré de toute sa maitrise de la grammaire du film d’action. Doté d’un budget confortable, shooté entre la Chine et la France, le métrage cumule les passades épileptiques avec une lisibilité exemplaire, le tout dans un scope esthétique et agréable. Les effets spéciaux sont nickel-chromes, les chorégraphies millimétrées, les performances d’acteurs logiquement anecdotiques. Lucy est un actioner à l’américaine, débile mais bien foutu, commercial et sans âme. Johansson cachetonne en jouant de son sex-appeal, Morgan Freeman campe sans grande convictions un scientifique au final plutôt inutile, la majeure partie des autres participants de l’entreprise fait de la figuration.

 

 

Lucy aurait pu être réalisé par Louis Leterrier, Camille Delamarre Olivier Megaton ou n’importe quel « Europa-Corp man ». Le métrage témoigne certes d’une explosivité appréciable, mais sa propension à virer dans le gigantisme le plus total le cantonne dans le rôle du nanar de luxe pour seconde partie de soirée. Un film pop-corn au potentiel comique variable selon les attentes de chacun.

 

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