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Critique Machete Kills

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Robert Rodriguez est capable du pire comme du meilleur. Auteurs de quelques immondices à la niaiserie retentissante – la franchise Spy Kids, Les Aventures de Shark Boy et Lava Girl –, le mexicain aura parallèlement signé une série de séries B azimutées, saignantes à souhait et férocement anti-conventionnelles. Injustement éclipsé par un Boulevard de la Mort bavard et chiantissime – tout le contraire de ce qu’il prétendait être – signé Tarantino, son segment grindhouse, Planète Terreur, avait su renouer avec une vision décomplexée et burinée du cinéma des eighties. La franchise Machete est l’occasion pour Rodriguez de pousser l’expérience à l’extrême. Machete Kills répond à ce titre aux impératifs de la séquelle maousse-costaud. Plus bourrin, plus gore, plus spectaculaire et bien plus timbré, le nouveau film de Rodriguez se profile comme un putain de doigt d’honneur à l’industrie hollywoodienne et à ses standard pré-formatés.

 

 

Robert Rodriguez n’a que faire de la critique ou de la bonne morale. Tourné sous la forme d’un film d’exploitation à l’ancienne, Machete Kills ne cherche jamais à être autre chose qu’un pur produit de consommation. A condition d’en accepter l’aspect furieusement second degré. Car ce nouveau volet des aventures musclées du moustachu mexicain s’articule sans surprise autour d’un synopsis délirant, voire assurément et volontairement idiot. Rodriguez ouvre ici totalement les vannes du bis incohérent, déraillé et sans limites. Précédé par une bande-annonce shootée sous acides – Machete Kills Again… In Space ! –, le nouveau projet du cinéaste s’articule autour d’une idée usitée jusqu’à la corde, mais ici tournée en dérision avec une rare maestria. Appelé à la rescousse par le président, un espèce de soudard maniant la langue de Shakespeare avec autant de raffinement que le M16, Machete est donc chargé de sauver l’Amérique. De l’autre côté de la frontière, un chef de cartel Mexicain à la personnalité multiple projette en effet d’envoyer un missile nucléaire droit sur la Maison Blanche. Bim bam pouf. En trois coups de cuillère à soupe, Rodriguez pose des fondations, et enchaine rapidement dans le dur. A savoir bastons, explosions, humour noir et gros nichons.

 

 

Machete Kills ne fait jamais dans la finesse. Rodriguez flirt ici délicieusement avec le registre Z, et livre une œuvrette dopée à la testostérone. Son travail déménage sec, le cinéaste adoptant une attitude de sale gosse en détruisant, déchiquetant ou atomisant ce qui passe à portée de son héros. Le tout avec une démence frénétique et un sens de la démesure bien assumé. Mais si Rodriguez livre un travail patiné rouge sang, Machete Kills témoigne d’un usage du gore ultra-cartoonesque qui inscrit définitivement le tout dans le registre de l’humour décapant plutôt que du côté du métrage viscéral. Machete Kills reste un nanar friqué, bourré de clichés assumés, assurément geek et foutraque. Rodriguez bourre ainsi son projet de clins d’œil – un véhicule de Star Wars, une impressionnante palanquée de guests stars, dont le maquilleur Tom Savini –, et de naïades courtes vêtues aux poitrines agressives. Miam. Visuellement aguicheur, bardés de séquences d'action déboulonnantes, Machete Kills reste par ailleurs bien tenu côté scénario, le réalisateur réservant son lot de rebondissements aussi crétins que fendards.

 

 

Esthétiquement, Machete Kills réplique presque à la lettre le cahier des charges fixé par Rodriguez pour son Planète Terreur. Les fausses griffures et les bobines manquantes en moins. Pour le reste, le cinéaste fait du très bon boulot, et s’affranchit d’un bout de péloches aux couleurs délavées plutôt réjouissant. A l’instar de son casting, qui rassemble un nombre impressionnant d’acteurs à contre-emploi. Mel Gibson s’avère absolument croustillant en génie du mal, Antonio Banderas hilarant en tantouze moustachue et Demian Bichir se montre bluffant dans son interprétation théâtrale d’un révolutionnaire bipolaire. Carton plein également en ce qui concerne la distribution féminine, à commencer par une Amber Heard absolument atomique.

 

 

Rythmé à la mitraillette et méchamment fun, Machete Kills est l’un des métrages les plus osés et originaux de ces derniers mois. Un gros bis furibond qui tache, con comme la lune mais parallèlement savoureux au possible. Une totale réussite.

 

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