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Critique Madness

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Les pays scandinaves n’ont plus besoin de prouver que, derrière une caméra, le talent est bien présent. Morse, Cold Prey, Tale of Vampires ou encore Sauna, chaque année les contrées du froid nous offrent leur lot de bonnes surprises dont eux seuls ont le secret. Madness est la première production de la boîte suédoise Stockholm Syndrome qui poursuit un objectif tout à fait honorable : « Produire des films d’horreur de haute qualité avec un contenu original et exclusif pour un budget raisonnable aussi bien à destination des cinémas que du marché du DTV », avec bien entendu la volonté de garder une liberté totale dans la créativité. Sur le papier, le concept – certes, pas nouveau – promet des pellicules faites par des fans pour des fans. Malheureusement, Madness n’a rien des qualités de ses homologues et se profile avec un sérieux dont elle n’a manifestement pas les moyens, les promesses avancées s’envolent en éclats et un peu de soutien n’aurait peut-être pas été de trop. Chaotique à souhait, Madness ramasse tous les clichés possibles et imaginables sans jamais procurer le moindre plaisir faute à une gaucherie ambiante et une mise en scène flirtant de très près avec le Z.

 

 

L’objectif de la pellicule n’est clairement pas de se démarquer mais d’offrir une base suffisante pour enchaîner les courses poursuites et les flots d’hémoglobines avec l’espoir d’aboutir à une bande fun et décomplexée. Mis sur pied par les créateurs de la boîte, trois jeunes réalisateurs, producteurs et scénaristes - Sonny Laguna, David Liljebad et Tommy Wiklund -, Madness s’impose par son scénario comme un énième ersatz de survival se voulant un hommage à Massacre à la Tronçonneuse et toutes les bandes plus ou moins réussies que l’œuvre a enfantées. Deux jeunes demoiselles se rendent à une compétition de pom-pom girls, elles s’arrêtent dans une station service, rencontrent deux gars tombés en panne et acceptent de les prendre en stop. Plus tard sur la route, le groupe va se faire traquer par un trio de cinglés – campés par les trois réalisateurs. Un pitch aussi avisé que celui-ci n’est pas forcément gage de médiocrité, et l’originalité n’est pas un passage obligatoire pour livrer un métrage de qualité. Il suffit de jeter un coup d’œil à la jaquette et de lire les quelques lignes du pitch pour comprendre que notre cerveau ne risque pas de tourner bien vite. Malheureusement, en plus de bénéficier d’un scénario au ras des pâquerettes, Madness n’offre rien de plus qu’un amas d’éléments mille fois revus qui transpirent l’inoffensivité. Le gros problème de Madness est sa mise en scène. Bien que l’environnent reconstitué s’avère exhaler le bon film de rednecks à l’ancienne – pick-up poussiéreux, vilains ravagés, radios qui grésillent et âmes inexistantes aux alentours -, le premier degré frontal de la pellicule couplé avec son manque de maîtrise patent lui fait perdre toute crédibilité.

 

 

La bande avait tous les éléments en main pour nous en mettre plein la vue mais si la scène d’ouverture laisse présager une série B à l’humour noir divertissant, la désillusion vient très rapidement pointer le bout de son nez. La mise en place de l’histoire bénéficie d’un bâclage le plus total avec une volonté non dissimulée de passer aux choses sérieuses : blablabla lui, il est trop mignon blablabla tiens, on s’arrête mettre de l’essence blablabla mince, notre voiture est cassée, va voir les deux filles là-bas blablabla je te parie que ce soir elle est dans mon lit blablabla allez, on part tous ensemble blablabla vu qu’on a rien de prévu les filles, on peut aller prendre un verre après votre compétition blablabla. Une monotonie ambiante qui a au moins le mérite de nous mettre en haleine quant à l’intervention des bad guys qui, on l’espère, mettrons une bonne raclée à nos quatre teenagers. De faux espoirs qui viennent rondement se confirmer. S’il faut reconnaître un style plutôt sympa à nos trois fous furieux, la mollesse impressionnante des scènes anéantis entièrement l’impact des meurtres, des combats mais aussi des poursuites. Un manque de rythme constant agrémenté de chorégraphies flirtant de très près avec le Z et l’utilisation de plans à rallonge qui ralentissent constamment l’action. Un aspect d’autant plus triste que Madness ne s’impose aucune limite et propose des scènes avec un vrai potentiel dérangeant – comme une scène de viol homosexuel –, malheureusement transformées en balade de santé. Là où le film devient généreux, c’est en terme de gore. Les effets sont plutôt bien réussis – compte tenu du budget très modeste – et les amateurs de splatter y trouveront probablement leur compte, le seul bémol revenant inlassablement au manque de poigne restituant sans cesse une inertie irritante dans les moments les plus croustillants.

 

 

La photographie est quant à elle très honnête et offre un aspect graphique assez sympathique que l’on pourrait comparer à celui de The Graves. Si les interprètes sont à peu près corrects, la direction d’acteurs est totalement inexistante engendrant un casting en roue libre sonnant étonnamment faux à de nombreuses reprises. Même courir ou se cacher ne semble pas à leur portée. Outre les dialogues foireux restitués avec approximation, il suffit de se retrouver face à la première vraie confrontation dans les bois pour se rendre compte que les chorégraphies n’ont manifestement pas été travaillées. Plein de petits éléments qui s’accumulent et enfoncent encore plus le film dans l’amateurisme aigu. Même si ce sont des détails parfois minimes et qui peuvent apporter un cachet sympathique à la pellicule, le sérieux avec lequel est traité le métrage gâche inutilement le plaisir. Pour venir couronner le tout, après un final relativement honnête, la dernière scène est tout simplement la pire chose qui aurait pu arriver à cette bande, on se demande encore pourquoi sont-ils allés jusque là une fois le générique entamé.

 

 

Madness se profile comme une énième survival raté n’ayant pas su trouver un traitement à sa mesure. Cliché, mal rythmé et ennuyeux, il est la preuve qu’il ne suffit pas de quelques idées et de copier sur des recettes qui ont faites leurs preuves pour rassasier le spectateur. A éviter.

Auteur : TIBO

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