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Critique Maggie

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Etonnant. Icone incontestée et incontestable de l’actioner décérébré qui castagne dur, Arnold Schwarzenegger surprend ses son monde en s’investissant massivement dans Maggie, métrage intimiste et furieusement original qui tranche radicalement avec son domaine de prédilection. L’ex-gouverneur y injecte d’ailleurs des capiteux propres, ce dernier se positionnant ici en co-producteur du premier long-métrage d’Henry Hobson, technicien jusqu'ici spécialisé dans les incrustations numériques. Puissant et vénéneux, ce produit bizarroïde parvient à fusionner l’ambiance oppressante et désespérée des meilleurs post-apo à une dimension dramatique magnifiquement construite.

 

 

Maggie est un curieux mix. Le métrage d’Hobson use en effet d’un élément déclencheur bien connu, presque usité : celui d’une pandémie ayant décimée une majeure partie de l’humanité. Un virus qui aura fait des ravages mais n’aura pas eu raison de la civilisation, les autorités plaçant les individus porteurs dans des zones de quarantaine ultra-sécurisées. Maggie Vogel, une jeune adolescente récemment infectée et en fugue, est retrouvée après deux semaines d’errance par son père, Wade. Condamnée, cette dernière apprend à se reconstruire, à retisser des liens et à accepter sa transformation au sein d’une famille sur la brèche. Wade va parallèlement devoir supporter le regard et l’hostilité des autres afin d’accompagner sa fille dans ses derniers instants. S’il s’articule partiellement autour d’une histoire d’épidémie zombie, Maggie en exfolie quasi-intégralement les codes habituels. Hobson ne s’abandonne en effet à aucun moment dans l’horreur ou l’épouvante, ce dernier réfutant presque tout usage du gore. Ou du moins des effets sanguinolents purement graphiques. Maggie reste en effet un film « de genre » aux entournures, le travail d’Hobson s’épaulant d’une ambiance tiraillée, presque morbide. Un climax d’un noir d’encre que le cinéaste installe lentement mais durablement, le métrage misant davantage sur son atmosphère que sur de quelconques twists à répétition.

 

 

A l’image de la propagation de la maladie dans le corps de l’hôte, Maggie est un film à la rythmique mesurée. Hobson s’affranchit d’un métrage extrêmement réaliste, ce dernier s’attardant – parfois plus que nécessaire – sur la détresse de ses personnages, leurs relations chaotiques, leur rejet de la maladie et de la mort. Maggie n’est en ce sens pas très différent d’un drame pur et dur – difficile ici de ne pas penser au récent Still Alice –, mais prend le risque de dérouler une toile de fond qui pourra rebuter les adeptes d’un cinéma « classique ». Paradoxalement, la retenue affichée en matière de violence visuelle et de rebondissement ne manquera pas de déstabiliser les amoureux de séries B. Hobson fait dans l’expérimentation, exercice dans lequel il excelle à condition de pénétrer pleinement dans son univers gris et dépouillé. Œuvre radicale et hors-normes, Maggie est avant tout un film puissamment sensitif, simple dans le fond – il ne s’y passe au final pas grand-chose – mais doté de personnages forts, complexes et attachants.

 

 

Le métrage tient presque intégralement sur sa direction d’acteurs. La jeune Abigail Breslin – vue dans une bonne palanquée de séries B, de Bienvenue à Zombieland à Haunter – est absolument parfaite de grâce et de sensibilité dans la peau de la jeune fille en phase terminale. La plus belle surprise vient cependant du musculeux Schwarzy, qui livre ici l’une des meilleures prestations de sa longue carrière d’acteur, et vient prouver de sa capacité à s’engager dans un rôle nécessitant finesse et contraste dans le jeu. Artistiquement, Henry Hobson tient la barre du navire avec un sérieux plus que manifeste. Ce dernier excelle en effet à dépeindre toute la tristesse d’un monde à la dérive, la beauté du scope répondant ici à une direction photo déprimante, saturée par les gris et les noirs. D’une sombre beauté, l’approche visuelle du métrage contribue incontestablement à plonger le spectateur dans la tristesse du récit.

 

 

Maggie est un beau film, point. Epuré mais bien construit, chargé en  émotions, le travail d’Henry Hobson se présente comme une fusion étrange mais passionnante entre deux mouvements cinématographiques presque antagonistes. Parvenir à livrer un « drame horrifique » qui tienne la route relevait presque du défi : Hobson prouve ici que l’exercice est possible, et s’affranchit même d’une belle réussite dans le genre. A découvrir, aussi bien pour l’originalité du concept que pour l’interprétation inspirée du « Gouvernator ».

 

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Votre réponse :

Le Coyote 16-05-2015
Vu et je partage à 150% cet avis : un sacré putain de bon film !
Laure Doe 12-05-2015
Voir le Gouvernator dans une version moins décérébrée que ses précédents rôles, ça titille ma curiosité. Votre critique n'y est pas pour rien, d'ailleurs.
Merci !
(ceci dit, j'aime toujours autant le décérébré Terminator avant qu'il soit le Gouvernator ;) )

 

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