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Critique Mamá

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Andres Muschietti n’aura pas tardé à être propulsé sous les projecteurs. Repéré par Guillermo Del Toro, l’un des chantres de l’école espagnole, le cinéaste se sera vu offert dès son premier film une distribution d'envergure. Rien d’étonnant au vu des succès critiques et artistiques des récents métrages fantastiques ibériques, désormais supportés par les plus gros studios américains. Et s’il reste pleinement inscrit dans la tradition instituée par des péloches comme L’Orphelinat ou [REC], Mamá parvient une nouvelle fois à mettre en avant le petit « plus » propre au cinéma européen. A savoir installer une ambiance à la fois solide et délicieusement flippante.

 

 

Dans le fond, le synopsis déroulé par Andres et Barbara Muschietti ne cherche pas à lorgner vers une trop grande complexité. A l’instar d’une bonne série d’œuvres de trouille, ce dernier s’articule autour d’une histoire de fantôme d’un classicisme total. Enlevées suite à un excès de folie de leur père, deux fillettes sont retrouvées cinq années plus tard dans une cabane perdue au fond des bois. Retournées à un état quasi-sauvage, ces dernières sont prises en charge par leur oncle et sa compagne. Le couple va rapidement constater que les filles sont revenues à la civilisation accompagnées d’une « présence » à la jalousie dévastatrice. Rien de bien nouveau sur le soleil. Mamá parvient pourtant à transcender un script épuré à l’extrême en s’imposant comme un métrage diablement efficace et bien construit, se profilant pour se faire comme un anti-Paranormal Activity par excellence. Car si le développement général reste particulièrement banal, voire même attendu, Andres Muschietti habille son œuvre d'un redoutable suspens. Le cinéaste parvient en effet à imposer un climax ultra-tendu à l’aide d’une petite poignée d’éléments scénaristiques, disséminant ses rares rebondissements avec une maestria plutôt étonnante. Une petite performance au vu de sa relative jeune expérience.

 

 

Si Mamá se profile comme un métrage à la construction pépère, Muschietti insiste lourdement sur les émotions et l’angoisse installée par un spectre parfaitement effrayant. Creusant ses personnages à l’extrême, le réalisateur installe des personnages résolument anticonformistes mais diablement plus attachants et crédibles que les gravures de modes hollywoodiennes habituelles. Jouant constamment sur la relation entre le couple atypique Lucas - Annabel et les deux fillettes traumatisées, Mamá se présente presque comme un conte populaire, le métrage s’épaulant d’un lyrisme souvent troublant. Muschietti confère cependant à son travail une aura macabre sans concessions, qui explose radicalement dans une conclusion à l’audace stupéfiante. Rarement film de genre n’avait proposé un épilogue à ce point poignant et envoutant, Mamá se fendant d’un point final en parfait accord avec la beauté ténébreuse de son récit.

 

 

Si Mamá est une complète réussite en matière de narration et de construction, l’implication des différents intervenants n’y est certainement pas étrangère. Les deux fillettes livrent en effet des performances de haut vol. Megan Charpentier et Isabelle Nelisse tiennent en effet la quasi-intégralité de l’atmosphère sur leurs jeunes épaules, notamment au cours d’un premier tiers pour lequel le fantôme répond logiquement aux abonnés absents. Plutôt impressionnant. Côté technique, Andres Muschietti répond avec la même politique de qualité. Emballant parfaitement les nombreux jump-scares et bénéficiant d’effets spéciaux superbes malgré sa modeste enveloppe budgétaire, le cinéaste accouche d'un film à l’ancienne. Mamá privilégie en effet une colorimétrie sombre et un éclairage clair-obscur aux enluminures clinquantes, l’ensemble s’avérant superbe bien que privé d’un format scope qui aurait pu s’avérer judicieux.

 

 

Sans révolutionner le genre, Mamá vient une nouvelle fois témoigner du talent et de la montée en puissance des jeunes cinéastes espagnols. Le jury de Gérardmer ne s’y est d’ailleurs pas trompé, décernant deux de ses récompenses les plus prestigieuses – Grand Prix et Prix du Jury – au premier long métrage d’Andres Muschietti. Une œuvre passionnante.

 

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Votre réponse :

korku 05-07-2013
Ce film est très très réussi j ai kiffé comme on dit.

 

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