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Critique Maniac Cop 2

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Malgré un accueil critique défavorable, le premier Maniac Cop rencontra un franc succès outre atlantique et fut même un solide hit dans les ventes VHS, assez en tout cas pour que la fine équipe William Lustig / Larry Cohen décide de récidiver pour une suite, deux ans plus tard. Non pas qu'ils aient eu vraiment besoin d'un prétexte, comme l'avait laissé présager la fin ouverte du précédent volet. Maniac Cop 2 sort donc en 1990 et a bien des égards demeure le meilleur épisode de la trilogie, plus noir, plus violent et surtout plus foutraque.

 

 

Cette suite reprend quelques jours à peine après les événements de la première partie où nous retrouvons les deux personnages principaux Bruce Campbell et Laurene Landon en réintégration des services de police. Seul hic, personne ne veut croire à leur histoire rocambolesque du tueur revenu d'entre les morts pour se faire justice et charcuter des gens à tout va - non mais où va-t-on? -. Leur supérieur les oblige même à consulter un psychiatre - Claudia Christian - pour être déclarés aptes à retrouver leurs postes et ne cache pas son envie de les voir définitivement mis au taquet pour étouffer toute l'affaire. Ce thème de police corrompue était déjà présent dans le premier film et il est repris ici, voir accentué : les services de l'ordre s'en prennent plein la gueule dans la série Maniac Cop, pas seulement à cause du tueur lui même, mais bien à cause des gradés - et des politiciens - qui sont dépeints sous un jour peu reluisant. Dans cet opus, Lustig ne s'embarrasse pas pour les désigner comme des ripoux nageant en eaux troubles qui n'hésitent pas à accuser l'un des leurs pour se couvrir. Bien sûr, il ne se gênera pas non plus pour nous montrer en détails sanglants à quel point ils s'en repentiront, et c'est naturellement ce qui nous intéresse le plus.

 

 

Le changement significatif qui s'opère dans ce deuxième volet est celui du ton du film. Si le premier Maniac Cop jonglait entre policier et épouvante, celui-ci verse plus volontiers dans le film d'action tant il regorge de scènes musclées et de déchaînement pyrotechnique. Le budget a été revu à la hausse et l'équipe a eu visiblement les coudées franches, mais le plus important est que Lustig s'amuse apparemment beaucoup, du coup nous aussi. Il y a un grain de folie, assez jubilatoire à regarder dans cette mouture, et quelques scènes sont proprement hallucinantes à l'instar de ce combat à la tronçonneuse entre Laurene et le Maniac, la voiture lancée à pleine vitesse hors de contrôle avec Claudia menottée à l'extérieur et surtout ce carton sanglant dans le stand de tir suivi de l'incursion du Maniac Cop dans le commissariat  - piquée au film Terminator -. Même si ce n'est pas « la » grande inspiration, ces scènes restent quand même extrêmement bien foutues dans la droite lignée de la série B 90's. Autre point intéressant dans ce deuxième volet est l'injection de « sang neuf » dans le casting, puisque Campbell et Landon cèdent violemment la place à Robert Davi - dans une composition quelque part entre Dirty Harry et Sam Spade - et Claudia Christian - en mode Dana Scully - ce qui permet d'avoir une perspective nouvelle et rafraîchissante au vu de la tournure que prend cette suite.

 

 

L'autre évolution marquante dans ce film concerne le Maniac Cop lui même. Là où le doute planait sur sa véritable nature dans le précédent opus, on est ici définitivement fixés : Matt Cordell est bien un Mort-Vivant beaucoup plus mort que vivant comme l'atteste sa toute nouvelle tronche qu'il arbore sans complexes, putréfiée, boursouflée et franchement peu amène. Lustig nous le montre aussi autrement, en accentuant son côté martyr et en le présentant comme le produit d'un système policier corrompu jusqu'à la moelle quitte à en faire un gars limite sympa. Si cette idée est intéressante, le scénario très confus ne rend pas l'empathie facile tant les actes du monstre sont contradictoires : d'un côté il ne zigouille que des flics trop zélés, d'autre part il troue de balles - excusez le jeu de mots - tout un commissariat pour faire évader un serial killer dont il s'est mystérieusement pris d'amitié - à ce sujet, le concours de la plus grosse... lame est ridiculement drôle -. Cette nouvelle orientation « Peace & Love » a aussi un autre effet secondaire, celui sur le quota gore de cet épisode. A trop privilégier les scènes d'action, Maniac Cop 2 en devient assez timide côté charcutage, étripage et autre décapitations. Il n'y aura donc ici que très peu d'hémoglobine malgré un nombre de cadavres assez élevé. Il faudra pourtant voir dans cette pudeur involontaire, les ravages de la censure américaine puisque c'est le premier épisode à avoir fait les frais d'un remontage pour passer d'un NC-17 à un R.

 

 

Le deuxième volet de la série Maniac Cop gagne donc en spectacle ce qu'il perd en gore et en suspens mais il demeure un produit extrêmement efficace dans le genre série B décomplexée. Dommage que le soin évident apporté à la réalisation ne soit pas le même que pour le scénario, qui aurait gagné à être plus construit et mieux écrit. Mais que les fans ne déchantent pas, cette mouture est bien la meilleure de toute la trilogie, qui n'a pas trop mal vieilli malgré les années.

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