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Critique Martyrs US

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L’année 2008 aura été particulièrement faste pour le film de genre made in France. Entre Frontière(s) de Xavier Gens et le sensitif Vinyan de Fabrice du Welz, le film le plus remarquable et remarqué de l’année restera cependant Martyrs. Shooté par un Pascal Laugier désireux de pousser sa vision artistique et philosophique jusqu’aux confins du supportable, le film se coltinera dans un premier temps une interdiction pure et simple aux mineurs avant d’être finalement distribué sous l’étiquette inédite « - de 16 ans avec avertissement » suite à l’intervention de Christine Albanel, alors Ministre de la Culture. L’œuvre, choc et sans concessions, créera la polémique sans pour autant se voir épaulée par la distribution qu’elle aurait méritée. Le mini-buzz qui nait à l’époque autour de Martyrs suffira cependant à attirer l’œil des producteurs américains, à l’époque en recherche de concepts forts afin de surfer sur la vague torture-porn initiée par la franchise Saw. Près de huit années après l’œuvre originelle, ce Martyrs US sort pourtant dans une relative confidentialité outre-Atlantique.

 

 

Le développement de Martyrs US aura longuement pataugé dans un semi development hell. Annoncé comme « the next big thing » par les studios, ce remake semble un temps compter sur la présence de Kristen Stewart, tout juste auréolée du succès de Twilight et désormais désireuse de casser son image de star pour ados. Côté réalisation, Daniel Stamm – Le Dernier Exorcisme – bosse longuement sur l’affaire avant de jeter l’éponge. En cause, des réductions budgétaires imposées par les exécutifs, dont les rangs viennent d’être renforcés par le producteur le plus radin du marché, Jason Blum. Le script de Mark L. Smith est de ce fait récupéré par les frères Goetz, deux newcomers, qui emballent l’affaire en quelques semaines et sans faire de chichis. Le tout pour moins d’un million de dollars et avec un casting constitué d'inconnus. Dévoilé à l’occasion de quelques festivals et distribué directement en VOD, le métrage se coltine illico-presto une réputation assez peu flatteuse – 5% sur Rotten Tomatoes, classe –. Un bâchage compréhensible, tant l’ensemble fait preuve de paresse dans sa réécriture. A l’instar de nombreuses relectures d’œuvres européennes – En Quarantaine, minable version américaine de [Rec] –, Martyrs US se profile comme un remake inutile et affreusement inférieur à son modèle. Le scénariste Mark L. Smith cachetonne ici sans honte et fait dans la paraphrase pure et simple en recyclant tout juste le fond aux entournures.

 

 

Mêmes personnages, structure similaire, décorum différent. Martyrs US reprend les grandes lignes et les gimmicks du métrage de Laugier, mais emprunte une direction très légèrement différente dans sa seconde partie. Pour les aficionados de l’œuvre d’origine, rien ne justifiera l’existence de cette nouvelle version sur le plan artistique. D’autant plus que ce Martyrs US perd malheureusement partiellement la puissance dramatique et viscérale du scénar’ initial en procédant à un certain lissage de la violence graphique et psychologique. Le travail des frangins Goetz ne fait certes pas l’erreur de sombrer dans une approche de simple divertissement grand public, mais se déleste néanmoins l’aspect glauque et presque rebutant du Martyrs de 2008. Le métrage réduit notamment à peau de chagrin les longues séquences de torture qui précédait les questionnements philosophiques de conclusion. Si ces dernières s’avéraient presque insoutenables, elles offraient à Laugier l’opportunité de déstabiliser suffisamment le spectateur et d’ainsi démultiplier l’impact et l’horreur de son message final. Martyrs US ne crée pour sa part jamais véritablement l’effroi ni n’encourage au questionnement, le film s’articulant sur un timing resserré qui mise davantage sur les jump-scares foireux que sur la construction d’une ambiance véritablement anxiogène. Le postulat et les rebondissements restent intéressants – puisque calqués sur la copie de Laugier – mais le tout ne prend à aucun moment aux tripes, voire trébuche gravement lorsque les cinéastes optent pour des remaniements scandaleux des éléments les plus hardcores. C’est notamment le cas du personnage de la jeune fille mutilée retrouvée dans les soubassements de la résidence, ici transformée en « simple hallucination » afin de ne pas pousser le bouchon trop loin. Ridicule.

 

 

Sur la forme, les Goetz présentent de véritables difficultés à masquer le manque de moyens avec lequel il leur faut conjuguer. Mal éclairé et tourné à la va-vite, ce remake s’avère parfois affreusement cheap et laid. Si le Martyrs français n’était pour sa part pas doté d’une enveloppe plus confortable, Pascal Laugier avait su y insuffler une âme, un véritable soin en matière de construction des plans et surtout s’appuyer sur la passion sans failles de ses collaborateurs, dont le regretté Benoit Lestang pour les maquillages. Martyrs US respire pour sa part le film de commande fauché par tous les pores, et fait de ce fait pale figure en comparaison. Côté casting, le tout tient cependant la route sans faire d’étincelles, malgré le physique très – trop – stéréotypé « étudiante ricaine » de l’actrice chargée d’incarner Anna. Tout cela manque cruellement de charme. La musique s'avère cependant d’excellente facture. C’est déjà ça.

 

 

Remake fade et sans audace, Martyrs US a au moins le mérite de proposer au public américain un concept coup de poing et redoutablement malin. Le métrage des Goetz reste malheureusement un produit opportuniste et souvent mal agencé, qui ne s’élève à aucun moment au niveau de son modèle. Le public français n’aura de ce fait aucun intérêt à privilégier cette version low-cost. Next.

 

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