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Critique Metropolis

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Sans doute l'un des films les plus importants de l'histoire du cinéma, en plus d'être le plus beau film muet de l'histoire, Metropolis de Fritz Lang a failli ne jamais voir le jour, certaines parties de la pellicule ayant été endommagées et perdues à jamais. Le film est pourtant désormais visible aux yeux du monde dans une version restaurée et définitive - rien à voir avec la version sortie en ciné en 84 -. Retour sur un fascinant classique.  

 

 

 

C'est en 1925 que Fritz Lang entreprend de tourner ce qui restera probablement son film le plus connu et qu'il avait co-écrit avec sa compagne d'alors, Thea Von Harbou. A l'époque, en pleine période Weimar, la production est colossale et draine les efforts et l'argent de la célèbre société U.F.A  - jusqu'au bord de la faillite -  sur une période de deux ans. Rien n'avait été fait de semblable auparavant et les espoirs de succès commercial et international étaient très hauts. Pourtant, tous les intervenants doivent vite déchanter. Le film ne sera vu que par 15 000 berlinois en janvier 1927 et sera très vite retiré de l'affiche. Pour cause ? la censure. Plusieurs passages dérangent les autorités de l'époque et le film sera littéralement charcuté à tort et à travers par tellement de gens que pendant très longtemps ce dernier est resté invisible pour le grand public. Il faudra attendre la fin de la seconde guerre mondiale afin de pouvoir au moins en visionner une copie décente bien que raccourcie de 153 mn à 118mn.  Des coupes qui pour la plupart seront fatales car perdues à jamais avant d'avoir pu être restaurées.

 

 

Dire que Metropolis est une œuvre riche relève de l'euphémisme. Ce film c'est avant tout une pierre angulaire de la science fiction et le plus sérieux exemple de l'époque. A ce titre, il faut saluer le travail colossal du réalisateur dans sa peinture d'un monde futuriste contre-utopique : les décors sont à couper le souffle, et mélangent des grattes ciels modernes, des autoroutes, des jardins suspendus, des catacombes ténébreuses ainsi que cathédrales gothiques. Les équipes d'effets spéciaux n'ont pas lésiné sur les moyens faisant preuve de trésors d'ingéniosité : modèles réduits, trucages et décors réels, un summum de modernisme à l'image de la ville que le film dépeint. Mais ce modernisme à un prix, car comme le symbolise si bien cette tour de Babel en plein centre ville - la tour de la discorde -, cette vie de luxe s'appuie sur la sueur et les sacrifices de la classe ouvrière et souterraine, qui trime jour et nuit pour satisfaire les exigences de la classe bourgeoise. Lang touche ici au cœur de son film : le système injuste des castes et l'amour impossible entre deux êtres de classes différentes. Ce n'est pas tout. Il existe de nombreux niveaux de lecture pour ce film et les avis sur la question sont légion : certains n'ont pas hésité à le traiter de naïf et simpliste pour son amourette contrariée et son apologie du socialisme - ah, cette scène finale avec la poignée de main entre le prolétaire opprimé et le tyran capitaliste ! -. Après tout quel mal y'a-t-il à cela ? Surtout que le film reste toujours d'une brûlante actualité, 86 ans plus tard.

 

 

Au contraire, Lang y dénonce la montée du nazisme dans son pays, raison qui le fera définitivement quitter sa patrie et s'exiler en France puis aux USA. Son film, comme toutes les productions allemandes des années 20, est une échographie d'une Allemagne traumatisée et apeurée face à un contexte économique / social fragile et instable. C'est aussi une mise en garde du cinéaste contre les avancées technologiques rapides de l'homme, vis-à-vis desquelles il développe une dépendance. Enfin, Lang en profite aussi pour traiter de front deux thèmes majeurs de la science fiction moderne : l'Intelligence Artificielle et la perte de contrôle par l'humain de sa création technologique : le mythe de Frankenstein. Fritz Lange, en cinéaste accompli ne se contente pas d'égrener ces thèmes mais nous offre des moments de pur bonheur cinématographique à travers des scènes d'une beauté visuelle ahurissante : l'équipe de nuit qui croise l'équipe de jour dans un couloir, la prêche de Maria dans les catacombes, La création de l'Androïde... Et bouscule aussi les règles de l'expressionnisme allemand en adoptant une approche résolument moderne qui refuse l'immobilisme et ose les travellings. Du grand art.

 

 

Metropolis est un superbe moment de cinéma pur qui conserve encore malgré son âge toute sa puissance d'évocation et la splendeur de ses images. C'est une œuvre phare, témoin de son époque et  qui continue encore à inspirer des générations de cinéaste. A découvrir et à redécouvrir sans modération.

Auteur : ATEF

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jh 21-11-2017
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