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Critique Midnight Meat Train

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Clive Barker et le cinéma c’est une histoire d’amour bien compliquée. Ainsi, s’il est à l’origine d’une franchise qui court encore –Hellraiser et ses suites de plus en plus médiocres, Barker a souvent vu ses œuvres maltraitées –Transmutations, Rawhead rex- lors de leur passage à l’écran, quand ce n’était pas ses propres films qui étaient massacrés par des producteurs ignorants –Cabal et Le maître des illusions,  dernières pellicules en date réalisées par le romancier. Aussi, quand fut annoncé l’adaptation de la meilleure nouvelle du recueil Le livre de sang, Le train de l’abattoir, on pouvait être sceptique. Mais avec Barker à la production et le réalisateur des folies visuelles que sont Azumi et Versus, le résultat ne pouvait qu’être respectueux, à défaut d’être excellent.

 

 

Leon Kaufman est un photographe dont les  clichés hautement provocants ne suffisent pas à le faire accéder à la notoriété et au milieu artistique. Afin de séduire la responsable d’une galerie d’art,  il se décide à aller  encore plus loin dans l'exploration des aspects les plus sombres de l'humanité. Alors qu’il apprend la disparition d’une jeune femme qu’il avait sauvée des griffes de voyous, Leon croise sur sa route un tueur en série, Mahogany, qui traque les banlieusards prenant les derniers métros pour rentrer chez eux, et qui les tue avec une sauvagerie inimaginable. La fascination de Leon pour Mahogany va le conduire de plus en plus loin au cœur même de la ville et de ses profondeurs, quitte à en devenir fou. Sans qu’il le veuille, Maya, sa petite amie, va se retrouvé entrainée dans sa descente aux enfers. Ryuhei Kitamura est un réalisateur au style fantasque qui n’hésite pas à rentrer dans le lard comme en témoignent ses œuvres précédentes. Là, il se plie aux exigences d’un script qui fait la part belle à la lente dégradation de son héros. Mais il ne range pas pour autant au placard ce style inimitable qu’il affectionne tant. Midnight meat train est truffé de scènes où la caméra s’emporte, défie l’apesanteur et traverse les corps. Pourtant, là où on ne l’attendait pas, c’est justement dans ce qui fait la force du métrage. Il se met au service de son histoire et le fait sans fioritures, si ce n’est, donc, certaines folies qu’il s’accorde, folies qui d’ailleurs renforcent souvent l’impact des séquences où elle se produit.

 

 

Midnight meat train ne laisse aucun doute quant à sa volonté de traiter sérieusement son histoire. Ici, pas question de rire ou de prendre plaisir. A moins d’être, comme Leon, attiré par le versant obscur de l’Homme, sa sauvagerie et sa violence patentes. Ainsi, Kitamura et son scénariste, Jeff Buhler, ont su rendre justice à la nouvelle de Barker. Pas de manichéisme primaire chez le héros. Le regard ne se détourne pas quand arrive la violence. Et surtout, le film n’épargne pas son héros, et le montre comme un être humain, avec ses qualités, mais surtout ses faiblesses. En cela, on sent la patte de Clive Barker, dont les héros ont souvent des zones d’ombre –Hellraiser et Cabal en sont la preuve. Comme toujours chez l’auteur, le monde n’est qu’une façade, derrière laquelle se cache un autre monde, souvent peuplé de créatures plus étranges les unes que les autres. La quête de sensationnalisme de Leon va l’entraîner dans un univers qu’il ne connaît pas et où il va se révéler, peu importe les conséquences. Les autres personnages du film en font d’ailleurs les frais et ce n’est pas la fin –ouverte mais trop rapidement traitée, contrairement à la nouvelle- qui le contredira.

 

 

Kitamura va loin dans la violence et se lâche dans des scènes très gores, qui ne nous épargnent rien quand Mahogany se met à l’œuvre. Énucléations, démembrements, corps pendus à des crochets et surtout du sang, en quantité phénoménale. Sang qui, malheureusement, est en CGI et donc peu réaliste. Bien dommage car c’est l’un des rares défauts du film, avec son final expédié trop rapidement. Si le film se veut moderne par son traitement – violence présente à l’écran, caméra jusqu’au-boutiste, il séduit également par sa photographie, qui transforme New-York en une ville aux tons froids –beaucoup de bleu- et flatte l’œil. Les acteurs, quant à eux, sont un des principaux atouts du film. Ainsi, Bradley Cooper –oui le héros de Very bad trip !- est un Leon dont il fait ressortir les zones d’ombre de fort belle manière. Et que dire de Vinnie Jones, impressionnant en tueur en série, qui  donnerait presque l’envie de devenir végétarien ? Les seconds rôles –à noter celui de Brooke Shields, qui se fait rare- sont très bons également et, heureusement, car leur implication dans l’histoire est importante notamment en ce qui concerne Maya, la petite amie de Leon, interprétée par Leslie Bibb.

 

 

Fans de Barker, de Kitamura et d’horreur  rejoignez vous devant ce Midnigjht Meat Train au menu réjouissant en dépit de quelques écueils pardonnables. Cela devient suffisamment rare en ces temps de disette horrifique de voir une œuvre sérieuse et globalement maîtrisée et qui surtout ne se fiche pas du spectateur. Chez Barker la chair et tendre et les plaisirs interdits alléchants, ce qui donne pour cette adaptation fidèle un repas savoureux.

Auteur : TONTON

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