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Critique Misery

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Stephen King peut se targuer d’être probablement l’auteur vivant le plus adapté au cinéma. En effet rares sont ses romans ou nouvelles n’ayant pas fait l’objet d’une adaptation. Et encore, c’est oublier toutes celles pour la télévision. Et parmi ces adaptations, on trouve de purs chefs d’œuvre du cinéma comme Shining, Simetierre, Dead zone ou encore The mist. Bien sûr, il y a également des ratés- pour être gentil - comme Peur bleue, Dreamcatcher ou Running man. Et entre les deux, figure un film adapté d’un des romans qui doit le plus tenir à l’auteur phare du Maine puisque le héros est un écrivain gardé captif par « sa plus grande admiratrice ». Ce film, on le doit à Rob Reiner, déjà auteur du bon Stand by me, tiré également de Stephen King. Le film se nomme Misery, et si au final, il est aussi choquant que le roman, il le doit essentiellement au scénariste et aux acteurs.

Paul Sheldon est un écrivain à succès et son œuvre tourne essentiellement autour d’un personnage féminin, l’héroïne de romans romantiques dont le nom est Misery Chastain. Après avoir tué ce personnage dans le dernier roman où il apparaissait, il en achève un nouveau totalement différent - puisque se situant de nos jours avec de jeunes délinquants- dans sa retraite montagneuse et alors qu’il quitte les lieux pour rejoindre son éditrice à New-York, i l est victime d’un blizzard neigeux et son véhicule finit par dévaler une pente et perdre conscience, dans un état physique assez catastrophique. Recueilli par Annie Wilkes, ancienne infirmière un peu étrange et grande fan de Misery Chastain et par conséquent de son auteur, il va se voir confiné, piégé dans une chambre, où, lourdement handicapé, son seul salut va être de répondre aux demandes celles qui le séquestre, soit notamment écrire le retour de Misery. Le roman avait pour lui d’être un huis-clos étouffant, où seuls deux personnages existaient, si ce n’est l’intervention des forces de l’ordre dans la dernière partie. De plus, Stephen King prenait tout son temps –et le faisait très bien- pour développer la relation étrange qui s’établit entre Paul Sheldon et sa tortionnaire. Le film a peu de temps -1 heure et quarante cinq minutes environ – et doit donc accélérer le mouvement. Et cela pourrait être bien dommageable si l’équipe technique n’avait pas comblé cela avec ce qui fait justement la force du cinéma par rapport à la littérature, soit l’image. Le film joue des ruptures de ton en fonction des changements subits d’attitude d’Annie Wilkes, nous surprenant ainsi d’autant plus que le pauvre écrivain sur son lit apparait bien faible et également comme une proie facile.

Là où le film diffère essentiellement du roman, c’est par l’apport peu essentiel à l’intrigue du personnage de Buster incarné par Richard Farnsworth, un policier chargé de retrouver Paul Sheldon par son éditrice. Celui-ci nous coupe de l’intrigue principale et au lieu d’être une respiration, il devient plutôt pénible de le suivre dans son enquête tant on n’a qu’une envie, voir Sheldon prendre le dessus sur la cinglée qui le tient captif. Et cinglée, elle l’est assurément et il devient difficile de ne garder son calme devant son comportement et ses accès de rage. Impossible de ne pas être pris à la gorge ou choqué par l’attitude d’Annie Wilkes, folle furieuse qui se croit on ne peut plus normale mais qui surtout déraille depuis un bon bout de temps. On tient là un des meilleurs méchants du cinéma et c’est peu de le dire tant le jeu habité de celle qui l’incarne –Kathy Bates, oscarisée pour le rôle- fait même craindre pour la santé mentale de l’actrice. Plus habitué à mettre en scène des films légers mais excellents malgré cela –Quand Harry rencontre Sally ou Princess Bride- Rob Reiner avait déjà montré avec Stand by me qu’il s’en sortait plutôt bien dans l’univers de Stephen King. Misery ne déroge pas à cela même si sa mise en scène n’a rien de transcendant et tant le film se base essentiellement sur le suspense et la relation Annie Wilkes/Paul Sheldon. La conclusion de leur affrontement psychologique donnera d’ailleurs lieu à un combat sanglant et âpre, sans en révéler le vainqueur.

Le scénario est essentiel pour un film de ce type et William Goldman –qui a depuis ce film adapté sans autant de succès deux autres romans du King, Dreamcatcher et Cœurs perdus en Atlantide- a su garder le meilleur du roman, excepté certains rajouts donc comme Buster, et a surtout donné un rôle en or aux deux acteurs principaux. Si James Caan apparaissait auparavant plutôt dans des rôles d’hommes durs, il est parfait dans celui de Paul Sheldon, écrivain malmené, torturé même et drogué aux médicaments, apparaissant même comme faible au début. Mais celle qui fait sensation et collerait même des frissons aux personnes les moins sensibles, c’est bien sûr Kathy Bates qui tient là le rôle de sa vie et au même titre que Jack Nicholson dans Shining, prouve que Stephen King sait créer des méchants absolument terrifiants. D’ailleurs Misery a pour point commun avec Shining d’avoir un personnage principal totalement humainement fou à lier même si là, le doute ne nous est jamais permis puisque dès le départ on sait qu’il lui manque un grain.

Un suspense en huis-clos tendu au cordeau au point que l’on évoque Hitchcock, des acteurs au meilleur de leur forme, et surtout un sérieux papal indispensable qui se prête bien au thème. Misery est tout cela et bien plus encore, prouvant encore une fois après Simetierre que le meilleur de Stephen King au cinéma tient avant tout du sérieux avec lequel ses adaptations sont traitées, et que quand on se dépasse, on ne peut qu’obtenir un très bon résultat, comme le démontrent acteurs et scénaristes pour ce film. Rob Reiner ne me contredira surement pas, lui qui depuis peine à atteindre un niveau équivalent, tendant à prouver que la réussite de Misery ne lui est pas du tout due, loin de là.

Auteur : TONTON

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