film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique Mister Babadook

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Porté par un buzz énorme un peu partout où le film a été montré, couronné dans deux prestigieux, Sundance et Gérardmer, Mister Babadook a été longtemps attendu par les amateurs de fantastique-horreur avec couteaux et fourchettes. Si le film mérite amplement toutes ces louanges, il est surtout très surprenant de constater à quel point il explose la case trop carrée dans laquelle on voudrait le réduire et s'affirme comme un très bon et très beau film, tout court. Retour sur l'une des meilleures surprises de 2014. 

 

 

Les femmes réalisatrices ne sont pas légion. Dans le registre horrifique, encore moins. Il faudra désormais compter avec l'australienne Jennifer Kent, qui signe avec Mister Babadook son premier long métrage, dont elle est aux commandes aussi bien derrière la caméra qu'à l'écriture. De son propre aveux, le choix du genre n'avait rien de réfléchi, le sujet lui-même a dicté sa propre direction et au vu du résultat, l'on comprend parfaitement cet état de fait. Mister Babadook est certes une histoire de monstre tapi dans le noir qui terrorise un gosse, facile donc de le caser au rang des films de croquemitaines qui trustent le marché - suis mon regard Jason Blum -. Kent profite pourtant de ce postulat passe partout pour raconter autre chose et s'intéresser, pour une fois dans ce genre de productions, à ses personnages. 

 


 

Mister Babadook, dans le film, c'est ce livre pop-up pour enfants, découvert par hasard par une mère récemment veuve et son fils et dont chaque page révèle des détails nouveaux, inconnus, inquiétants au début, puis totalement horrifiques à mesure que le monstre du titre se révèle. La dynamo du film sera justement ce duo mère et fils et leur relation compliquée qui donnera tout son sens aux événements à venir. Kent ouvre son film à la façon d'un drame social en collant au plus près de son héroïne Amelia, aux prises avec son garçon de six ans, instable et sujet à des cauchemars récurrents. Sans artifices, loin de tout esthétisme outrancier, la réalisatrice s'applique à dépeindre le quotidien pas toujours facile de cette famille et les rends d'emblée attachants. Cette approche des plus classiques s'avère efficace puisque le surnaturel se glisse insidieusement dans l'histoire sans crier gare et - comme la mère - l'on se demande tout d'abord si les cauchemars du petit sont réels ou uniquement destinés à attirer l'attention de sa mère. La terreur qui s'installe alors est d'autant plus implacable qu'elle se nourrit principalement de ce doute et de ces ambiguïtés. 

 

 

Le scénario de Jennifer Kent est d'une profondeur thématique bouleversante qui place le film plus du côté du drame que de l'horreur à proprement parlé, puisqu'il y est question de deuil, de veuvage, de culpabilité mais surtout, le nœud du film, un grand dilemme : une mère peut-elle en même temps aimer son fils et le haïr en le tenant responsable de la mort - accidentelle - de son mari ? Une thématique que la réalisatrice australienne traite avec beaucoup de finesse conjuguée à une solide direction d'acteurs : Essie Davis et Noah Wiseman sont tout simplement remarquables. Kent n'en oublie pas pour autant le business et distille astucieusement un fantastique primitif qui joue sur les peurs les plus anodines - une ombre, un bruissement furtif, un placard entrouvert...- et qui sollicite grandement l'imagination. Son croquemitaine tient plus à l'entité nébuleuse, errante dans la maison, pas plus inquiétante par sa présence que par son symbolisme. En effet, ce ''monstre'' est à la fois montré du point de vue de la mère - les peurs bien réelles d'Amélia - et le point de vue du gosse - l'imagination paranoïaque de Sam et sa peur de l'abandon -. Peut-être que l'aspect le plus révélateur des intentions de la réalisatrice tient dans ses références disséminées ici et là : on reconnaîtra par exemple quelques extraits du Livre magique de Méliès, comme pour mieux brouiller les limites entre émerveillement et effarement, comme l'a fait le livre de Mister Babadook. Kent puise ces références dans le cinéma impressionniste allemand - le look du monstre n'est d'ailleurs pas si loin de celui du Dr Mabuse de Fritz Lang - comme la source première du genre fantastique et comme pour signifier son éloignement des dictas formatés des productions de genre actuelles. La plus grande réussite de Mr Babadook demeure cependant celle de la mise en images de son message puissant : parfois, on ne peut pas vaincre nos peurs, on les apprivoise seulement.  

 

 

Avec Mr Babadook, Jennifer Kent signe un film aussi élégant dans le propos que dans l'exécution. Exemple de la créativité à bon escient, hommage au film de genre, nourri de référence sans pour autant s'y laisser caser, son métrage apporte un bol de fraîcheur bienvenu dans un paysage horrifique moribond.  Du très beau travail. 

 

Auteur : ATEF

Critique vue 9620 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 63+20

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction