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Critique Modus Anomali: Le réveil de la proie

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Joko Anwar installe son quatrième film - Modus Anomali : Le Réveil de la Proie - dans sa forêt Indonésienne natale et en profite pour y injecter un de ses genres favoris, le thriller psychologique. Cet espace naturel lui permet  de réduire certains coûts, comme ceux des infrastructures et des décors. Le métrage ne s'en éloigne donc jamais. Avec un scénario articulé sous la forme d’un huis clos, le jeune réalisateur témoigne d’une mise en scène très soignée, voire parfois très technique vu les faibles moyens mis en œuvre - 200 000 dollars en tout et pour tout -.  De plus, le tournage complet de cette pellicule à été réalisé en huit jours seulement et ne se repose que sur son personnage principal - et six autres protagonistes, avec moins d’une minute à l'écran pour chacun d’entre eux - qui s'enlise dans une végétation autant luxuriante qu’asphyxiante.

 

 

John Evans - Rio Dewanto - se réveille brusquement alors qu'il est enterré vivant. Il se met alors à chercher son nom qu'il ignore tout autant que l’endroitou il est et ce qu'il y fait. Bref, comme un relent de lundi matin après de longs congés. Il découvre petit à petit qu'il est coincé dans un piège machiavélique, destiné à le faire souffrir lui et sa famille. Il est préférable de ne pas en savoir d'avantage pour vraiment apprécier toute l'intensité de cette expérience. Cet ennemi invisible se mouvant dans cette forêt gigantesque n'est d’ailleurs pas sans rappeler Predator, Vynian, Evil Dead ou encore La Traque, mais contrairement à ces titres, Modus Anomali : Le Réveil de la Proie ne met pas dans ses filtres photos des couleurs chatoyantes nappées d'un brouillard léger. Joko Anwar fait le choix d'un marron / vert kaki bien dégueulasse, ce qui plombe encore plus l'ambiance générale du film. Dans cette forêt, qui nous paraît de plus en plus interminable, les performances faciales en plan fixe de notre acteur principal - et cela sur une seule émotion bien précise - peuvent aussi faire esquisser un regard vers la montre. Heureusement de nombreux sursauts scénaristiques et effets gores aussi furtifs que chocs viennent rythmer l'ensemble et donnent, in fine, un pur produit de divertissement. On ne s'ennuie jamais, mais vu que la version originale devait faire cent minutes en tout - soit vingt de plus -, on se dit que l'on n'est peut-être pas passé loin.

 

 

Là ou un tel rythme narratif aurait pu devenir un inconvénient pour un grand nombre de réalisateurs, Joko Anwar s'en amuse, en s'évertuant à nous faire croire que son œuvre se déroule sur la même référence temporelle que son script. Il dira même en interview que « s’il avait pu le tourner en temps réel - soit deux jours successifs -, il l'aurait fait, mais la logistique serait devenue trop compliquée ». Ce choix lui permet d’enchaîner les plans-séquences et de mieux se reposer sur l'isolation de cet homme. Jouant en permanence sur des cadrages pris du sol vers la cime des arbres, il exagère ainsi en permanence le contraste entre ce personnage paraissant minuscule part rapport à cet environnement devenu gigantesque. Il est alors intéressant pour lui de disposer sa caméra juste derrière son acteur principal, souvent caméra à l'épaule, impliquant ainsi d'autant plus le spectateur. Toujours à propos du rythme général, là aussi Joko Anwar joue la carte de l'innovation, en choisissant de nous balancer son twist scénaristique après une heure de projection seulement. Il est rare de voir un réalisateur ne pas réserver ce genre de retournement pour conclure son film, le metteur en scène justifiant cela par son inexpérience cinématographique et son apprentissage en dehors des cursus académiques. Et modeste avec ça.

 

 

Tout s'imbrique petit à petit avec une cohérence folle, le tout se reposant sur une intrigue bouclée sur elle-même, proche de celle de Timecrime. La nature devient aussi sécurisante qu’hostile, les couleurs sont majoritairement sombres et nous enveloppent dans une moiteur oppressante. L'ensemble est soutenu par une bande-son aussi discrète qu’efficace, préférant parfois un grand silence envoûtant à une symphonie orchestrale. Tous ces éléments combinés entre eux provoquent une implication directe du spectateur. Les sens sont mis à rudes épreuves, le tout renforcé par un déroulement en pseudo-temps réel qui décuple l'expérience. Le réalisateur n'a pas désiré mettre sur le marché un énième « found footage » - dont le concept est enterré depuis Le Projet Blair Witch, côtoyant l'exhumation archéologique avec [REC] -, mais privilégie une expérience cinématographique qui s'acharne à recréer la même immersion.

 

 

L'Indonésie devient le nouvel Eldorado du cinéma de genre depuis la grosse claque de Merantau et le génialissime The Raid, dont le second volet est en cours de tournage. Avec Joko Anwar surfe agilement d'un genre à un autre avec une cohérence si impressionnante qu'elle ne laisse jamais soupçonner que son parcours est celui d'un autodidacte. De par ce fait, il nous offre - généralement - des œuvres spontanées, très éloignées des stéréotypes scénaristiques ou des traitements cinématographiques du cinéma occidental. Un film conceptuel qui soulève le spectateur de son fauteuil pour le jeter violemment dans cette forêt sinistre. Et le pire... C'est que ça marche !

Auteur : MARC D'OC

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