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Critique Mother's Day

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Darren Lynn Bousman ne fait clairement pas partie de ces cinéastes que les aficionados du genre horrifique portent dans leur cœur. Connu du grand public avec le sympathique second volet de la saga Saw, il enchaîne ensuite les pellicules bancales avec Repo! The Genetic Opera, Saw 3, Saw 4 ou encore un mauvais épisode de Fear Itself. Autant dire que le CV du monsieur n’est pas des plus reluisants, caractérisé par des montages épileptiques irritants. Juste avant de sortir son infâme 11.11.11, Darren Lynn Bousman s’est attaqué au remake de Mother’s Day, petit film fauché réalisé par Charles Kaufman dont l’aura de sympathie reste indemne encore aujourd’hui. Dans la spirale infernale des remakes venus d’Hollywood, rares sont ceux qui sortent pour de bonnes raisons, l’aspect pécuniaire étant toujours une priorité. Mais Mother’s Day ne fait pas partie de cette catégorie.

 

 

Sorti en 1980 pour un budget avoisinant les $150 000, la version de Charles Kaufmann a attiré la sympathie d’une certaine partie du public, comme quasiment tous les travaux de la firme Troma. Très loin d’être un bon film, le Mother’s Day de Kaufman faisait cependant preuve d’un humour noir plaisant. Ni spécial, ni de qualité et bourré de défauts, l’idée d’un remake est pour une fois intéressante. Pour cette nouvelle mouture, le réalisateur de Saw 2 s’intéresse à un jeune couple venant juste de s’installer dans une nouvelle maison. Malheureusement pour eux, celle-ci est l’ancienne demeure d’une famille totalement barrée et dirigée d’une main de fer par la mère. Pendant une soirée entre amis, le jeune couple voit les enfants débarquer suite à un braquage qui a mal tourné, pensant que la maison est toujours à eux. Pour remédier à la situation, la mère pointe le bout de son nez, c’est alors que l’endroit va sombrer peu à peu dans l’horreur. Les histoires de home invasion ont déjà engendré de belles réussites comme Funny Games, A l’Intérieur ou encore The Strangers. Si la réalisation en elle-même n’a rien d’extraordinaire, Mother’s Day jouit d’un scénario bourré de retournements de situation et de scènes percutantes – pas de scène choc vaseuse à l’horizon –.

 

 

Si le métrage semble calibré comme un remake hollywoodien typique, belles gueules et surenchère au programme, il n’en est rien. Tout cela grâce à un espace relativement étriqué – exit la villa de 2500 m² servant souvent le manque de substance – permettant de centrer le récit sur les personnages, qui forment incontestablement le socle de ce drame humain, ainsi qu’une tripotée d’acteurs assurant le spectacle. Personne ne se marche dessus, même si on reste subjugué par la prestation étonnante de la sublime Rebecca de Mornay – La Main sur le Berceau, Risky Business – qui campe une figure maternelle tout bonnement terrifiante, un visage rassurant cachant une folie sans limite. Plus d’une dizaine de protagonistes se chevauchent et évoluent ensemble à travers cette épreuve. Si Mother’s Day scinde le camp des gentils et celui des méchants dans les premières minutes du métrage, le spectateur se rend vite compte que dans ce genre de situation et poussé à l’extrême, personne n’est aussi pur qu’il n’y paraît. L’épaisseur du récit se forme autour de la souffrance de ses protagonistes. Les hôtes et les résidents se retrouvent martyrisés par une mère insistante, quand cette dernière tente – à sa façon – de sauver la vie de son fils blessé et de récupérer son argent. Aucune notion de plaisir au menu, seulement le pur instinct de survie. Le scénario se déroule tout naturellement révélant au fur et à mesure des éléments destinés à faire avancer l’histoire d’un côté et donner du relief à ses personnages de l’autre.

 

 

Darren Lynn Bousman mène ce joyeux boxon d’une main particulièrement habile et semble enfin avoir assimilé la notion de lisibilité, ses précédents métrages n’excellaient pas nécessairement en la matière – qui n’est pas sorti de la salle avec un mal de crâne suite aux flashbacks de flashbacks nerveux et tremblotant de ses volets de Saw ? –. Si on retrouve quelques scènes sanglantes, elles ne dépassent jamais la limite visuelle pour se concentrer sur la pression psychologique subie par l’ensemble des protagonistes. Le réalisateur n’a pas peur de montrer ce qui doit être montré tout en ne sombrant pas dans la violence inutile. Ce que l’on peut regretter est la bêtise constante des victimes qui semblent tout faire pour s’en prendre plein la tête, sans jamais aucun sens du discernement, même s’il est vrai que les réactions ne côtoient pas nécessairement la logique dans ces moments-là. On ne peut pas dire que cette nouvelle version de Mother’s Day soit très ambitieuse, mais elle a au moins le mérite d’assurer un spectacle honnête et divertissant au plus haut point. Dans un monde où les méchants prennent la forme de rednecks dégénérés, de jeunes à capuches ou de bad boys en cuir, Mother’s Day nous offre la figure maternelle la plus vile, celle-ci même censée représenter la sécurité, l’amour et la sagesse.

 

 

Si on pourrait se dire que Mother’s Day est enfin un remake réussi, il faut bien avouer qu’il n’a pas grand-chose d’un remake. Très éloigné de son ainé, la pellicule est une relecture qui se plait à en récupérer le noyau pour construire autour quelque chose de totalement neuf. Du remake, il n’a quasiment que le nom. Darren Lynn Bousman nous prouve qu’il est un cinéaste avec plus d’un tour dans son sac, on en attendait pas tant de sa part. Une réussite.

Auteur : TIBO

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Combien font : 76-18

Votre réponse :

korku 03-07-2013
Bon film qui se regarde sans que l on s ennuie une minute.
Chouchanna 02-03-2012
J'ai regardé le film après avoir vu cette critique (le "Une réussite" de la fin m'a définitivement décidé à me le procurer), et j'avoue avoir passé un excellent moment devant ce film. Les 1h50 passent relativement vite, et tout les personnages sont assez bien traités, aucun n'est laissé de côté, malgré leur "surnombre", on pouvait s'attendre à ce que certains soient carrément oubliés.
J'ai jamais été fan de la saga Saw, qui est passée par un premier épisode relativement bon à des suites carrément grotesques et flirtant avec l’hémoglobine gratuite, et c'est ce qui m'a un peu refroidie quand je me suis renseignée sur ce film une première fois. En tout cas merci pour cette critique =)

 

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