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Critique Mulholland Drive

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Le cinéma de David Lynch est comme un labyrinthe qui mène le spectateur attentif là où il n’est jamais allé. Dans la lignée de Twin Peaks et Lost Highway, son 9ème long-métrage, Mulholland Drive est une plongée purgatoire dans l’inconscient qui prend pour cadre le monde illusoire d’Hollywood. Rarement une œuvre cinématographique du nouveau millénaire n’aura aussi bien su marier les codes du film de genres avec les exigences d’un film d’auteur.

 

 

Sur Mulholland Drive, célèbre route de Los Angeles où résident de grandes stars d’Hollywood, une mystérieuse brune échappe de peu à une tentative de meurtre et se réfugie dans la résidence où vient loger Betty Elms, une jeune actrice débutante, fraîchement débarquée de sa province natale. Celle-ci se lie rapidement d’amitié avec l’inconnue qui, ayant perdu la mémoire depuis son agression, se fait appeler Rita. Ensemble, elles vont mener une étrange enquête qui va les mener jusqu’à la demeure de Diane Selwyn. Arrivées sur place, les deux femmes découvrent un cadavre dans un lit. Est-ce que tout cela à un rapport avec l’obscure organisation mafieuse qui oblige le réalisateur Adam Kesher à prendre Camilla Rhodes comme vedette dans son nouveau film ? Que cherche exactement ce tueur à gages dont la maladresse provoque un carnage ? Et qui est cet être monstrueux, vivant derrière un mur et terrifiant le client d’un coffee shop au point de le faire mourir ?

 

 

A la base, Mulholland Drive devait être la nouvelle série télévisée de David Lynch, son Mystères à Twin Peaks pour les années 2000. Mais la chaîne ABC n’ayant strictement rien compris au pilote initial, le projet tomba à l’eau avant d’être récupéré par le producteur français Alain Sarde. Ce dernier réussit à convaincre le réalisateur d’en faire un long-métrage pour le cinéma. Bien lui en prit puisque le film est désormais considéré comme l’un des meilleurs de son auteur et a révélé l’actrice Naomi Watts. Fonctionnant sur le principe de l’histoire à énigme, Mulholland Drive entremêle les pistes et joue la carte du décalage chère à David Lynch qui parsème son récit de détails perturbants avec des figures toutes lynchiennes comme Mr. Roque, cet espèce de parrain interprété par Michael J. Anderson (le nain de Twin Peaks) ou ce cow-boy bizarre qui semble représenter Dieu. Les objets ont aussi la part belle comme les perruques symbolisant la mort et la mystérieuse boite bleue qui, ouverte par une clé tridimensionnelle, autorise le passage dans un autre monde, celui de l’éveil. Car, dans Mullholland Drive, nous sommes dans un rêve.

 

 

Le rêve est un thème qui fascine le cinéaste David Lynch. De Eraserhead à Lost Highway, ce qui peut se passer dans l’inconscient d’un personnage est parfois plus terrifiant que la réalité elle-même et devient une occasion pour mettre en scène des sortes de films d’épouvante expérimentaux où l’on a peur s’en trop savoir pourquoi. Dans Mulholland Drive, David Lynch tire l’onirisme à son maximum puisque la quasi-totalité du film n’est qu’un rêve que fait l’héroine, le spectateur devant attendre le dénouement pour avoir la clé qui remettra toutes les pièces du puzzle dans le bon ordre, rendant encore plus horrifiant le chamboulement psychologique dont est désormais victime Diane Selwyn, actrice humiliée qui s’est vengée de celle qui l’a délaissée de la manière la plus radicale. Ainsi, le rêve devient un monde où l’on remodèle la réalité à sa guise. Diane va pouvoir, le temps d’un songe, se voir telle qu’elle aurait aimé être (une brillante actrice et une personne vertueuse) et faire revenir à la vie celle qu’elle a faite assassiner et dont elle était passionnément amoureuse.

 

 

Film psychologique profond sur les remords et la culpabilité, Mulholland Drive est revêt donc la forme d’un thriller fantastique qui masque une tragique histoire d’amour lesbienne, doublé d’un portrait cruel de la réalité du monde du spectacle où, au final, tout n’est qu’illusion. Quant à David Lynch, il y démontre qu’il est, depuis Luis Buñuel, le plus grand réalisateur du cinéma onirique.

Auteur : THE VUG

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