film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique Ne nous jugez pas

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Prix du jury au festival de Gerardmer en 2011, Somos lo que hay, long métrage Mexicain distribué en France sous le titre Ne nous jugez pas - « Nous sommes ce que nous sommes » aurait été plus juste -, est un film bien difficile à classer. Drame social ? Thriller ? Récit d’horreur ? Un peu tout à la fois, sans que l'ensemble ne témoigne cependant de la profondeur attendue.

 

 

 

Mexico. Un homme titube avant de s’effondrer dans la rue, dans l’anonymat total. Ce dernier est aussitot ramassé par des agents comme un sac vulgaire sac poubelle. L’homme d’une cinquantaine d’années est en réalité le père d'une famille de cannibales. Dès lors, une lourde problématique se pose : comment subvenir à leurs besoins, auparavant assurés par le paternel ? Cette lourde tâche incombera à Alfredo, le fils aîné. Une responsabilité qu’il devra assumer tout en gérant le comportement sanguin - c’est le cas de le dire - de son frère, avec qui il est supposé chercher « la viande ». Si Ne nous jugez pas propose quelques scènes chocs, à l’image d’une tentative d’enlèvement d’un enfant qui soldera par un échec, le réalisateur préfère mettre l’accent sur les émotions des membres de la famille. En effet, le deuil est ici difficile et soulève de nombreux problèmes quant à la responsabilité de chacun. Entre la mère aux réactions violentes, le frère au penchant rebelle et la sœur candide, le groupe qui semblait uni dans le passé se décompose lentement et laisse naitre de profondes rancœurs. Aucun membre de la famille n’était préparé à la disparition du père, qui assurait leur protection et leur survie. Le fait de les voir livrés à eux-mêmes provoque un effet d’empathie, car aussi marginaux soient t-ils, ces individus sont humains et ont développé des sentiments tout à fait normaux. Ils mangent juste autre chose.

 

 

En revanche, aucune information n’est divulguée concernant le pourquoi du comment. Pourquoi cette famille doit-elle se nourrir d’humains ? Choix délibéré ou besoin vital ? Quel est ce rite qui nous est suggéré trop rapidement ? Le réalisateur entrouvre ici une porte qu’il ne referme pas. Pas le temps de voir quelles sont les contraintes liées aux rituels, et si ces procédures s'imposent lors de la consommation de la chair. La plupart des spectateurs vont faire abstraction de ce passage, car il manque cruellement de justification. Dommage. En arrière plan, Ne nous jugez pas dépeint également la situation sociale délicate des habitants de Mexico. Pauvreté, délinquance et vie dans la rue, prostitution, carences de gestion - à l’image du corps du père jeté aux oubliettes -, la mégalopole souffre de nombreux maux, bien qu’on n'en devine qu’une petite partie. La famille qui vivait dans l’anonymat parmi des millions d’autres n’est peut être pas aussi marginale qu’on ne le croit, dans une ville ou la police a bien d’autres chats à fouetter. De quoi accentuer le réalisme et s’éloigner des films fantastiques de vampires efféminés ou de cannibales à l’apparence de mutants dégénrés.

 

 

Seulement voila, le rythme en prend un coup. Les membres de la famille sont constamment perdus dans leurs pensées, et n’ont pas l’assurance des tueurs habituels. Comme si cette prise de risque était trop dure à accepter. Ce n'est pas la présence de quelques scènes d’action ou un côté parfois burlesque qui changeront la donne. Il faut savoir saisir le côté fataliste du récit et la détresse des personnages - qui ne sont pas des tueurs nés - afin d'apprécier le métrage. L’ambiance s'impose par une lumière très tamisée et des plans intéressants, notamment afin d’accentuer l’isolement de cette secte contemporaine macabre.

 

 

Ne nous jugez pas aurait pu être un magnifique court métrage si Jorge Michel Grau s’était concentré uniquement sur les protagonistes sans les éléments superflus qui gravitent autour. En l'état, le film donne l’impression qu’il tente de se raccrocher à d’autres styles sans vraiment savoir comment. Le malaise est cependant bien présent, voire grandissant. C’est le principal atout de cet essai sans artifices.

 

Auteur : QUENTIN

Critique vue 3499 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 77+6

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction