Horreur

Critique Necromentia

Fiche     Critique   

Pearry Renigald Teo est un jeune réalisateur ancré dans la sous-culture underground, premier singapourien à avoir réalisé un film hollywoodien, principalement connu pour son adaptation cyberpunk du comic book « The DNA Hacker Chronicles » avec Killer Hacker (The Gene Generation). Dans une ambiance cradingue et morbide, le réalisateur nous livre ici un métrage très fortement inspiré de l’univers de Clive Barker, agrémenté d’une photographie à mi-chemin entre Saw et les films de Jean-Pierre Jeunet. Une pellicule accouchée sous inspiration jouissant d’une véritable personnalité mais qui manque cependant de cohérence et de maîtrise.

 

 

 

Necromentia raconte l’histoire de trois personnes animées par l’amour et la haine dont les destins vont se croiser et être bouleversés quand ils vont devoir faire face aux enfers. A la lecture du pitch, il est impossible de ne pas penser à l’univers gothique et sanguinolent de Clive Barker et plus précisément à la saga désormais culte Hellraiser. Directement inspiré de ces œuvres, le métrage de Pearry Teo utilise des ingrédients identiques : l’amour, la peur, les enfers, la souffrance, les créatures tourmentées, la torture et autres bizarreries qui font de Necromentia une pellicule à la fois glauque et résolument esthétique. Sous ses airs morbides et autres thèmes liés, Necromentia repose avant tout sur l’amour. Un amour infini et puissant qui va entraîner les personnages dans une spirale infernale où leurs choix aveugles vont les confronter à l’au-delà, des choix dont ils ne mesurent pas les conséquences, des conséquences sur lesquelles ils n’ont aucun pouvoir. La raison pour laquelle Necromentia est une œuvre aussi riche, est notamment due à la volonté de son réalisateur de se libérer de toutes ses frustrations et ses idées noires, un véritable défouloir traduit par un fouillis visuel et allégorique qui n’est malheureusement pas toujours maîtrisé ne parvenant pas à accrocher le spectateur comme il le devrait.

 

 

Necromentia met donc en scène trois personnages. Le premier, Hagen, est tombé dans la dépression et la nécrophilie depuis la mort de l’être aimé, être dont il conserve le cadavre persuadé qu’elle va revenir un jour d’entre les morts. Le deuxième, Travis, est un héroïnomane portant un amour inconditionnel pour son frère attardé mental aux tendances suicidaires, prêt à la damnation pour rester à ses côtés. Et enfin, Morbius, un barman muet dont il serait dommage de livrer les clés de l’histoire. Trois personnages dont les destins vont s’entrecroiser, tous ayant succombés et vendus leur âme. Cette connexion n’est pas décelable aux premiers abords, mais le spectateur va découvrir au fur et à mesure la collision de ces esprits meurtris. Malgré la présence d’une histoire commune racontée de points de vues différents, Pearry Teo ne nous perds pas dans des nœuds scénaristiques complexes et a préféré raconter son histoire de manière simple mais efficace. Pour cela, le réalisateur a découpé sa bande en trois parties, chacune retraçant les « aventures » d’un des protagonistes apportant continuellement des éléments supplémentaires afin d’étoffer de plus en plus l’intrigue. Une intrigue au final toute simple qui n’est pas réellement l’attrait principal de cette pellicule. Sans cesse entre le rêve et la réalité, Necromentia tente de nous transporter dans le calvaire de ses protagonistes à travers un long-métrage visuel et métaphorique. En ne souhaitant pas céder à la facilité, Pearry Teo ne parvient pas véritablement à transcender son auditoire et Necromentia devient rapidement un enchaînement de séquences tordues et dérangeantes s’accrochant difficilement à son seul fil conducteur.

 

 

La force de cette pellicule se situe dans sa photographie. Une image verdâtre aux couleurs blafardes et des décors miteux et glauques face auxquels il est en droit de se demander si les protagonistes ne sont pas déjà en enfer. Un éclairage et une réalisation Sawesque hantés pas l’ombre de Jeunet, Necromentia trouve sa propre personnalité malgré des inspirations évidentes. Le gore est quant à lui très réaliste, affublant la pellicule de son lot de scènes choc, des scènes de torture au défonçage de crâne à coups de crochet de désossage. Une violence physique explicite traduisant une violence psychologique constante. Les créatures tous droits sortis de l’esprit tordu de son géniteur constituent également de très belles réussites. Côté casting, on retrouve quelques visages plutôt méconnus comme Layton Matthews (Death Perception), Chad Grimes (Gun Heavy, The Morning), Santiago Craig (The Last Man) ou encore Zelieann Rivera. Des interprétations fleuretant avec l’amateurisme  qui parviennent tout de même à donner une certaine profondeur aux personnages. Malgré une ambiance glauque particulièrement percutante, le second métrage de Pearry Teo n’est pas tout à fait maîtrisé et le spectateur décroche rapidement, s’imposant plus comme un simple observateur ne s’immergeant jamais totalement dans cet univers oppressant.

 

 

Avec Necromentia, Pearry Teo traite de sujets poignants et a construit un véritable univers autour de sa ligne directrice. Malheureusement insuffisant, le métrage s’essouffle à de nombreuses reprises et manque cruellement de cohésion pour en faire une pellicule aboutie. Une œuvre personnelle bancale qui laisse présager un réalisateur à suivre.

Auteur : TIBO

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raph7000 16-01-2012
Necromentia : Une bombe !!!!!!!!!!! Personne connait ? normal, il est pas connu mais il le mérite. Scénario béton, acteurs très convainquants, réalisation excellente, éclairage sombre et baroque etc ... etc ... Un film qui mérite d'être vu mais attention à ne pas mettre entre toutes les mains : scènes gores, film choquant et boulversent et histoire non-catholique ! Mais Bref ... le film est un pur chef d'oeuvre que tout le monde devrait connaitre !

Necromentia
Perry Teo
Interdit aux moins de 16 ans