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Critique Need for Speed

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Les exécutifs des studios dévoilent depuis quelques années d’étonnantes stratégies commerciales. Apres avoir transposés sur grand écran les plus gros phénomènes vidéo-ludiques ou littéraires, ces derniers se lancent désormais dans l’inadaptable. Transformers se sera positionné en chef de file du mouvement en créant une histoire saugrenue inspirée des jouets du même nom, et sera suivi par un Battledship minablissime tourné autour de l’antique jeu de bataille navale. Metropolitan FilmExport se lance de son côté dans cette manœuvre de haut vol en usant des droits du jeu de course Need for Speed afin de mettre des bâtons dans les roues de la très lucrative série des Fast & Furious. L’ex-cascadeur Scott Waugh, promu yes-man de service, prend place derrière le volant de cette super-production bien friquée et déjà annoncée comme une franchise en devenir.

 

 

Se lancer dans l'adaptation de Need for Speed présente au moins un avantage : Waugh ne risque à aucun moment de trahir l’esprit du produit originel. Le jeu vidéo n’affichant absolument aucun scénario, le métrage aurait tout aussi bien pu s’intituler Burning Roads, Racing for Revenge ou Super-cars of the Dead. L’usage du nom est ici clairement affiché en argument commercial assurant aux producteurs une rentabilité minimum, le budget à injecter pour faire la nique aux bolides de Fast & Furious restant non négligeable. Du moins pour les cascades et les effets spéciaux, puisque le produit affiche sans grand complexe un synopsis d’une crasse bêtise. Comme d’habitude, il est plus ou moins question d’une amitié qui vole en éclat. D’une rivalité qui ne pourra se régler que dans un duel acharné. D’une nana qui traine entre les deux lascars. Tobey Marshall se retrouve donc derrière les barreaux à cause de Dino Brewster, un méchant à la personnalité bien lisse qui ne la joue pas réglo. A sa sortie, Marshall s’inscrit à la plus grande course clandestine du monde afin de mettre la misère à son ennemi. Ce dernier va devoir effectuer un long périple afin de gagner la ligne de départ, mais se retrouve poursuivi par la police parce qu’il a fait le gland avec son gros bolide. Manque de bol, Brewster a de plus lancé un redoutable chasseur de primes à ses trousses. Pas de détours, pas de complexité inutile, Need for Speed fait donc dans le pur-produit de consommation à la beaufitude assumée. Scott Waugh évite certes les habituels plans culs sur les filles court-vêtues, mais sombre dans tous les autres poncifs imaginables.

 

 

Le héros jeté au cœur de ce n’importe-nawak navrant se profile en effet comme le parfait stéréotype du boy-scout de blockbuster. Beau gosse, bien musclé, chiant comme la mort, mais surtout doté de la traditionnelle « vraie » ligne de conduite. Le genre de bad-boy des bacs à sable qui ne peut pas s’empêcher d’épargner les salopards et d’emballer la niaise et inutile blonde de service. Pourquoi pas, Need for Speed est avant tout divertissement grand public. La nullité du développement reste elle nettement plus contestable. Scott Waugh déroule en effet un synopsis hautement improbable et absolument inintéressant. Les personnages vont donc d’un point A à un point B en se faisant courser par les flics – il fallait bien disposer de ci et là quelques clins d’œil au jeu – ou en tentant d’échapper à des méchants dans des grosses cylindrées pendant que leur pote fait le guignol dans un hélicoptère. Etalé sur près de deux longues heures, le film s’autorise déjà près de trente minutes pour dévoiler son élément déclencheur et étiole donc plus que de raison un prélude qui aurait été aisément condensé dans une introduction vite torchée. Le climax est pour sa part installé au trois-quarts du métrage, après d’interminables bavardages et poursuites aussi molles que dépourvues d’enjeux dramatiques. Need for Speed passe enfin la seconde en fin de parcours avec l’arrivée de ses protagonistes sur la « fameuse » course, mais retombe à plat moins de dix minutes plus tard en affichant une conclusion ultra-convenue et mièvre au possible.

 

 

Scott Waugh prend donc son temps. Les multiples longueurs dénuées d’action ne sont pourtant jamais prétexte à une quelconque tentative de présentation des personnages. Ces derniers, gentils comme méchants, sont à peine esquissés. Les acteurs font ce qu’ils peuvent pour sauver l’entreprise du naufrage, Aaron Paul restant convenable, ou cachetonnent misérablement sans même s’en cacher. Le grand Michael Keaton est à ce titre  ridicule dans la peau d’un kéké du dimanche qui s’agite inutilement devant ses écrans. Need for Speed reste cependant extrêmement correct sur la forme. Capturé comme une série B à l’ancienne, le film ne sombre jamais dans le bling-bling « rap, belles caisses et potiches en bikinis ». Waugh capture même quelques trop rares séquences boostées à l’adrénaline en privilégiant les cascades réelles aux ajouts numériques. Ces occasionnels coups d’accélérateurs ne suffisent pourtant pas à dynamiter le métrage, trop inconsistant, bancal et irrégulier pour accrocher son public.

 

 

Sans grande surprise, Need for Speed est un nanar pur premium maladroitement camouflé sous une montagne de fric. Complètement crétine et dénuée de toute émotion, cette « adaptation » pèche sur tous les points et ne parvient même pas à imposer des protagonistes un minimum attachants. Un échec total au crash-test.

 

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