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Critique Non-Stop

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En deux films, l’espagnol Jaume Collet-Serra s’était profilé comme l’une des valeurs montantes du cinéma de genre. Si La Maison de Cire restait une œuvre encore maladroite, Esther avait su s’imposer en affichant un climax tendu et une conclusion redoutablement ingénieuse. Etonnamment, le cinéaste bifurquera par la suite vers le cinéma américanisé à outrance, presque Bessonien. Une orientation vers le divertissement pop-corn que Collet-Serra confirme définitivement avec Non-Stop,  thriller aérien pour lequel il renouvelle le contrat de Liam Neeson, le sexagénaire le plus hyperactif du moment. Sans grande surprise, le métrage ne propose rien de bien neuf.

 

 

Neeson est partout. Films d’actions, drames, science-fiction, romances, rien ne semble rebuter l’Irlandais. Collet-Serra le colle donc ici dans un avion, lui dresse un passif d’alcolo notoire et en profite pour brosser un anti-héros chargé de trouver la rédemption en sauvant un avion confronté à une menace terroriste. Le modèle Jack Bauer de haut vol, avec ce que cela incombe d’action musclée et d’invraisemblances scénaristiques. Le postulat de Non-Stop est cependant plutôt efficace. Bill Marks, un agent de la police de l’air, a tout perdu. Alors qu’il tente péniblement de se reconstruire, ce dernier recoit sur son téléphone professionnel un message d’un terroriste qui le menace d’assassiner quelqu’un toutes les 20 minutes si la compagnie ne lui verse pas 150 millions de dollars. Marks s’engage alors dans une course contre la montre afin de démasquer le passager mystère. Avec Non-Stop, Collet-Serra s’engage donc dans une œuvre casse-gueule par excellence. Articulée sous la forme d’un huit-clos maousse-costaud, son métrage se risque en effet dans la partie de « qui est qui ? » dopée aux amphétamines. Si le cahier des charges pouvait sembler plutôt complexe à matérialiser dans la carlingue d’un long-courrier, le cinéaste s’en sort relativement convenablement, ce dernier s’avérant extrêmement habile dans la construction de son suspense.

 

 

Collet-Serra vient du film de trouille, et Non-Stop témoigne de toute la maitrise du cinéaste en matière de rebondissements. Bien qu’assez banal dans le fond – le tout évoque gentiment Speed et toute une palanquée d’actioners anecdotiques –, son travail s’épaule d’une tension savamment calibrée, les « révélations » étant distillées avec parcimonie mais efficacité. Contrairement à Esther, Non-Stop souffre cependant d’une certaine volonté de faire dans le grand-spectacle et sombre de ce fait occasionnellement dans l’esbroufe. Les ficelles scénaristiques laissent progressivement le film se fourvoyer dans la facilité, Collet-Serra usant de prétextes risibles – merci la technologie – pour emballer des twists difficilement crédibles. Pire, le cliffhanger se risque à une explication n’importe nawak qui ruine définitivement la surprise offerte par la découverte tardive du méchant de service. Dommage, d’autant plus qu’il n’était pas forcément utile de greffer de profondes explications à son comportement, Non-Stop restant un métrage « pif-paf » dont on ne demandait guère plus qu’un rythme soutenu. Exigence dont Collet-Serra s’affranchit avec maestria, son produit de grande consommation ne s’abandonnant que rarement dans le bla-bla et autres baisses de régime.

 

 

Techniquement, Jaume Collet-Serra assure. Souvent capturé dans des recoins confinés – la baston dans les toilettes déménage –, son métrage se permet pourtant de très beaux et ingénieux mouvements. Une science de la fluidité qui s’associe de plus à une lisibilité maximale, chose rare dans le film d’action qui veut en jeter plein la vue. Non-Stop se montre d’ailleurs plus ou moins européen dans l’approche, le cinéaste privilégiant les plans travaillés à de l’ultra-cut épileptique. Un bon point pour l’ambiance générale. Neeson cabotine au milieu avec une classe quasi-britannique. Sans trop se fouler, celui-ci livre son habituelle prestation d’action-man réfléchi. Le portrait du vieux roublard seul contre tous rappelle inévitablement la franchise Taken, mais l’acteur éclipse malgré tout l’ensemble de ses partenaires de jeu. Dont une Julianne Moore archi-transparente qui ne se contentera que de quelques répliques sans utilité.

 

 

Non-Stop est un divertissement très correct. Malgré la bonne tenue du projet, on ne peut cependant que regretter les choix de Jaume Collet-Serra, désormais plus prompt à faire dans l’œuvre de commande qu’à se risquer sur un film véritablement personnel. Car si l’ensemble est bien rythmé et agréable, il s'avère cependant terriblement quelconque.

 

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