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Critique Nurse 3D

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Douglas Aarniokoski affiche un casier contestable. Majoritairement auteur de projets vidéos minables – le ridicule Highlander : Endgame, Animals –, le cinéaste livrait pourtant avec The Day un post-apocalyptique tendu et soigné. Aarniokoski retombe étrangement avec Nurse 3D dans le pur film de commande. Produit par le géant Lionsgate afin de surfer sur la très lucrative vague du film horrifique bourré d’effets qui sautent à la gueule, son métrage se vautre sans surprise dans tous les poncifs relatifs au nanar pop-corn. Malgré ses prétentions grand-public un brin puantes, Nurse 3D outrepasse cependant les censures habituelles en matière de gore et de nudité, et se profile comme un mix brulant de Basic Instinct et de slasher-movie.

 

 

Le milieu hospitalier reste une inaltérable source de fantasmes. Douglas Aarniokoski en joue ici sans subtilités aucunes. Le scénario présente à ce titre les enluminures débilitantes d’un gros bis qui ne cherche à aucun moment à lorgner vers une quelconque complexité. Récemment diplômée, la jeune Danni est recrutée par une institution renommée, qui la place sous l’aile d’Abby Russell, une infirmière chevronnée. Les deux jeunes femmes deviennent rapidement amies. Au service des malades le jour, Abby devient cependant à la nuit tombée une femme fatale qui n’hésite jamais à jouer du bistouri pour venger les épouses bafouées. Simple, efficace, les grands fondements du développement sont donc ici posés en à peine plus de quelques minutes. Probablement conscient des limites de son script, Aarniokoski ne cherche heureusement jamais à faire de Nurse 3D un métrage trop arty, ni même personnel. Son travail affiche de ce fait des contours attendus et propres à tout produit aux velléités strictement commerciales. Loin de s’apparenter au film féministe qu’il aurait pu être, Nurse 3D fait dans la facilité et affiche des armadas d’infirmières habillées au ras du popotin, grimées des porte-jarretelles de rigueur et moulées à l’extrême dans des tenues microscopiques. Plutôt timide sur le penchant horrifique, le métrage de Douglas Aarniokoski est en effet nettement moins réticent à multiplier les plans-cul.

 

 

Bien qu’assez peu convaincante dans son interprétation, Paz de la Huerta donne ici de sa personne. Cette dernière passe en effet un bon tiers du métrage à poil, laissant le cinéaste cadrer plus que de raisons sur une anatomie pour le moins intéressante. Nurse 3D s'habille de ce fait une dimension ultra-racoleuse, séquences de baise hétéro et lesbiennes à l’appui. Si l’érotisme affiché aurait pu être appréciable dans une moindre mesure, Douglas Aarniokoski en use jusqu’à l’overdose, souvent afin de masquer les carences de son œuvre. Nurse 3D n’a en effet rien à raconter, la pseudo-intrigue déroulée autour de la « véritable » identité de sa psychopathe retombant vite à plat. Pire, le métrage s’avère incroyablement avare en séquences saignantes. Lorsqu’il se décide à étaler le gros rouge qui tache, Nurse 3D navigue pourtant vers un fun certain. Les rares séquences de meurtres sont en effet aussi jouissives qu’invraisemblables – le final, hallucinant de barbarie cartoonesque –, et auraient pu faire de ce produit décérébré un bis fendard en optant pour une association cul / gore mieux équilibrée. Dommage. En l’état, Nurse 3D témoigne au moins d’un rythme convenable, mais pèche grandement par une interprétation au ras des pâquerettes.

 

 

Si Paz de la Huerta n’est jamais la dernière à s’effeuiller – ici comme ailleurs, l'actrice ayant déjà jouée de ses « talents » pour les besoins d’Enter the Void –, cette dernière campe une mante religieuse inexpressive au possible. Déjà moyennement crédible en tueuse implacable, cette dernière vient de plus occuper tout l’espace en livrant une voix-off souvent chiante et inutile. Cette sur-présence se fait inévitablement au détriment de la jeune Katrina Bowden – Danni – qui, refusant d’ôter les sous-vêtements, se voit reléguée au simple rang d’accessoire certes mignonnet mais assurément secondaire. Regrettable, Nurse 3D manquant de ce fait l'installation d'un affrontement entre ses deux protagonistes, et laissant de ce fait le climax sur le banc de touche. Douglas Aarniokoski témoigne de son côté de l’expérience acquise sur le très beau The Day. S’il n’est pas aussi abouti, Nurse 3D est visuellement très soigné. Bien shooté, usant avec brio des couleurs afin d’imposer des dominantes blanches / rouges qui pètent, le film use d’effets gores numériques parfois décevants mais acceptables. Du bon boulot.

 

 

Nurse 3D est un métrage con comme la lune, gratuit, bardé ras la gueule de facilités aguicheuses. Torpillé par un casting qui privilégie les formes des actrices à leurs capacités à brosser des personnages contrastés – ce que le scénario ne demande absolument jamais –, le métrage se parcours d’un œil distrait, sans véritablement marquer les esprits. Un thriller gore’n’sex hautement dispensable, bien que parfaitement adapté à une séance de minuit. Rien de bien méchant, rien de bien passionnant.

 

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