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Critique Odd Thomas contre les créatures de l'ombre

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Stephen Sommers est un faiseur de bis plutôt doué. Géniteur de l’excellent Un Cri dans l’Océan, le cinéaste aura par la suite livré une bonne palanquée d’œuvres de commandes pour de gros studios. Pour le meilleur comme pour le pire. Parfois intéressant dans sa conception du blockbuster maousse costaud – La Momie et sa séquelle –, Sommers connait pourtant depuis quelques années un véritable passage à vide. Avec deux long-métrages aux qualités discutables malgré une approche pétaradante bien affirmée, le réalisateur-scénariste semblait presque en panne d’inspiration. Odd Thomas contre les créatures de l'ombre change la donne. Adapté des livres de Dean Koontz et monté sur des financements indépendants, le métrage voit Sommers retrouver une certaine liberté.

 

 

Sommers aura géré quelques très beaux budgets pour le compte des principaux studios hollywoodiens. Avec Odd Thomas contre les créatures de l'ombre, ce dernier couche sur pellicule un bis au budget modeste mais à la générosité débordante. Doté d’une enveloppe restreinte – à peine un tiers de celle allouée pour La Momie –, le cinéaste laisse de côté la pression commerciale pour se concentrer pleinement sur son œuvre, qu’il construit de manière bien personnelle. Le postulat est certes simpliste et pour le moins usité. Odd est un post-ado anticonformiste qui a hérité à sa naissance d’un « don » tout aussi atypique que son patronyme, celui de voir les morts sans pouvoir les entendre. Des visions qu’il essaie tant bien que mal de mettre à profit afin d’aider la police à résoudre de sordides affaires de meurtres. L’arrivée en ville d’un étrange individu va lancer le jeune homme sur une nouvelle enquête. Confronté à des visions floues du futur, Odd prend conscience qu’un drame de grande envergure se prépare dans les jours à venir. Bien qu'avancant un scénario purement fantastique, Odd Thomas évite soigneusement tous les poncifs du divertissement familial facile pour miser sur une structure originale. Le métrage jongle ici habilement entre différents registres, du polar horrifique à la comédie légère, tout en s’épaulant d’un suspense parfaitement calibré.

 

 

Odd Thomas contre les créatures de l'ombre ne fait jamais dans la démesure. Au vu de son passif, Stephen Sommers livre presque un « petit » film, à l’intrigue resserrée autour d’une petite poignée de personnages et aux décors limités. Le métrage prend pourtant le temps de les installer et d’en développer les caractères avec une pétillante bonhomie. Qu’il s’agisse d’Odd, de son amusante compagne Stormy, du flic sympa ou encore des vilains délicieusement caricaturaux, l'ensemble s’appuie sur une galerie de protagonistes hauts en couleurs, presque cartoonesques. Le film y gagne indiscutablement en fun, sans jamais sombrer dans le divertissement crétinisant. Le travail de Sommers reste certes un pur produit bis aux prétentions pop-corn, mais Sommers accorde sa science du spectacle à un canevas scénaristique extrêmement bien construit, ultra-riche en rebondissements efficaces. Odd Thomas contre les créatures de l'ombre carbure donc avec une fantaisie, laissant sur le banc de touche les dérives horrifiques trop marquées pour une bonne série de séquences d’action qui déménagent sans buriner trop dur. Le final affiche pour sa part un twist redoutablement bien articulé, ce dernier insufflant au métrage une grosse louche d’émotion tout en ouvrant astucieusement sur une potentielle séquelle.

 

 

Odd Thomas contre les créatures de l'ombre bénéficie de tout le savoir faire de son géniteur. Artisan multi-casquettes sur le projet, Stephen Sommers adapte son scénario de manière exemplaire, notamment en positionnant on personnage principal en narrateur externe. Une excellente idée, qui permet au cinéaste d’injecter une sévère dose d’humour à son histoire. Sa réalisation est à l’avenant. Fluide, regorgeant de plans virtuoses, la mise en scène de Sommers use par ailleurs des ralentis à bon escient afin d’imprimer à certains moments de bravoure un pur esprit comics. L’ultime atout de l’entreprise réside dans le binôme Anton Yelchin / Addison Timlin, qui turbine du feu de dieu. Les deux acteurs semblent se connaitre sur le bout des doigts, tant leurs jeux s’avèrent justes, inspirés et fusionnels. Impressionnant.

 

 

Drôle, doté d’une structure narrative originale, prenant et bien rythmé, Odd Thomas contre les créatures de l'ombre est un superbe divertissement fantastique. Stephen Sommers signe ici un long-métrage personnel et travaillé, à classer dans le trio de tête de ses meilleures œuvres. La cool-attitude à l’américaine.

 

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