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Critique Outpost

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En une petite poignée de métrages, Steve Barker – Bitch Slap – s’est imposé comme un solide artisan du cinéma bis et indépendant. Plus intéressé par la forme que par le fond, le cinéaste livrait avec Outpost son premier véritable « gros » projet. Bien qu’uniquement cantonné à une distribution vidéo, le film aura su profiter d’un pitch aguicheur pour s’imposer à l’étranger. L’ensemble repose pourtant sur des fondations bien connues, et maintes fois exploitées par une série de métrages anecdotiques, si ce n’est nanardesques. Barker profite pourtant à base d’expérimentations nazies et d’occultisme pour emballer un projet résolument premier degré, à mi-chemin entre fantastique et film de siège.

 

 

A l’instar de la blaxploitation, la naziploitation aura engendré au cours des seventies de nombreux délires cinématographiques. Majoritairement inscrits dans une veine Z, ces derniers n’auront que rarement exploités la résurrection du IIIème Reich autrement qu’en usant d’un second degré bien prononcé, voire de dérives sexuelles omniprésentes. Une orientation occasionnellement empruntée par quelques récentes œuvrettes au mieux poilantes – Iron Sky –, souvent ridicules – Bloodrayne : The Third Reich –.  Steve Barker se fend pour sa part d’un métrage anticonformiste, mais sérieux au possible. Engagés par de mystérieux commanditaires, sept mercenaires escortent ici un scientifique vers un ancien bunker allemand au cœur de l’Europe de l’Est. Le commando ne va pas tarder à découvrir un lieu destiné à des expérimentations mystiques, et autour duquel règne encore une présence menaçante. Relativement simple, le traitement de base d’Outpost déroule un synopsis plutôt plan-plan. Barker parvient pourtant à faire de son projet à petit budget un métrage correctement troussé en matière de suspens, notamment en jouant malicieusement ssur les ambiances ainsi que la fascination suscitée par les expériences secrètes de l’Allemagne nazie. 

 

 

Si Outpost reste relativement avare en matière de rebondissements et autres twists retentissants, Barker construit son film en misant efficacement sur l’aspect trouble de son scénario. Le cinéaste impose de ce fait à son métrage un climax oppressant, tension qui amène l’ensemble à s’orienter rapidement vers un siège aux enluminures horrifiques. Barker bricole pourtant l’ensemble avec trois bouts de ficelle. Une petite poignée d’acteurs, un décor unique – le fameux bunker –, quelques effets gores, le cinéaste ne dispose que de rares matériaux pour modeler des idées. Ce dernier parvient malgré tout à insuffler à Outpost un rythme soutenu en usant de ressorts palpitants. C’est notamment le cas des images d’époques retrouvées sur les lieux, documents qui viennent apporter des éléments de réponses sans pour autant laisser sombrer le métrage dans les explications faciles et attendues. Modeste mais subtil, Outpost exfolie toute notion de cinéma grand public. L’ensemble ne vire d'ailleurs à aucun moment dans la violence facile ou le sensationnel pétaradant, mais s’habille d’un chapelet de séquences sanguinolentes particulièrement craspec. Sordide au possible, la brutalité visuelle d’Outpost vient s’accorder avec brio à la noirceur du traitement général.

 

 

Artistiquement, Steve Barker livre un produit impressionnant. Malgré sa jeune expérience en la matière, le cinéaste fait d’Outpost un tableau aussi ténébreux que soigné. Eloigné des carcans hollywoodiens, Barker signe une réalisation limpide et posée, assortie d’un éclairage clair-obscur envoutant. Son travail témoigne en effet d’une colorimétrie limitée, tirant constamment sur un grisâtre brumeux. Parallèlement à ses qualités visuelles, Outpost fait preuve d’une très bonne distribution. Si les profils relativement caricaturaux des bidasses jetés en pâture aux revenants nazis semblent de prime abord plutôt convenus, les rares acteurs restent globalement convaincants et font d’Outpost un huit-clos à la nervosité palpable.

 

 

Outpost n’est clairement pas un grand film. Barker parvient pourtant à transcender ses maigres moyens et ses relatives faiblesses scénaristiques pour en faire une série B intéressante et dénuée de tout temps mort. Un métrage furibond et sans compromis. 

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