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Critique Ouvert 24/7

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Comme on l’a vu ces dernières années et sans rentrer dans les détails, le cinéma de genre français n’est pas des plus fameux et compte plus de ratages que de réussites. Même si on garde toujours un espoir, on se retrouve le plus souvent déçu des différents produits. Quoiqu’il en soit, il faut soutenir ce cinéma, ce que fait Le Chat Qui Fume à travers une nouvelle collection : Les nouveaux talents de l’horreur. Dans cette collection, Ouvert 24/7. Réalisé par Thierry Paya et écrit par Colin Vettier (du site Horreur.com), la pellicule est divisée en trois nouvelles racontant chacune une histoire différente. On retrouve ici une certaine nostalgie voire un hommage aux films à sketchs des années 80 comme le Creepshow de Romero, ou plus tard Darkside, les contes de la nuit noire ou encore Sacs à Cadavres de John Carpenter et Tobe Hooper. Ouvert 24/7 est un concept original qui se détache de ce qu’on a l’habitude de voir en France. Malgré toutes ses qualités et la passion évidente de l’équipe, le film laisse un sentiment mitigé. Sympathique mais loin d’être transcendant, Ouvert 24/7 est divertissement honnête qui ose et propose. Trois histoires mais un fil conducteur, celui d’un chauffer routier s’arrêtant dans un bar-restaurant perdu au milieu de nulle part, va s’en suivre des histoires pour le moins étranges racontées par la serveuse et ses clients.

 

 

Le premier segment s’intitule Question de Goût et met en scène un couple de lesbiennes cannibales et castratrices sur lesquelles enquêtent un inspecteur de police et son associé. Nous avons donc d’un côté ce couple peu commun dévorant les hommes quotidiennement – au sens propre –, sorte de métaphore d’une féminité affirmée et d’un rejet total du sexe opposé. De l’autre côté, un inspecteur qui a de bonnes raisons de leur en vouloir cherchant à récupérer sa virilité. Bien que jouissant d’effets gores des plus réussis qui ont de quoi rassasier les plus gourmands, le segment est avant tout un drame subit par un couple au bord de la crise, le tout imbibé d’humour noir grinçant. De son côté, l’inspecteur semble un peu délaissé et son aventure n’attire que très peu l’intérêt. Quelques apparitions par ci par là mais un charisme et une profondeur qui laisse à désirer. Le jeu d’acteur n’y est pas étranger puisque celui-ci reste très inégal dans l’ensemble, seule Maude Galet-Lalande parvient réellement à tirer son épingle du jeu, notamment lors d’une scène de découpage particulièrement réussie. Question de Goût manque d’entrain pour divertir pleinement. Le déroulement est un peu mou, les enchaînements un peu bancals, mais la passion y est, et c’est le principal.

 

 

En choisissant le concept du film sketchs, Thierry Paya et Colin Vettier ont du coup la possibilité de traiter plusieurs histoires, plusieurs styles sans pour autant donner une impression de fourre tout. Le second segment, Règlement de Contes, s’autorise un virage radical pour s’engouffrer dans un conte macabre à l’introduction parfaitement maîtrisée, glauque et onirique. Après ce changement de direction pour le moins plaisant, les deux compères ne s’arrêtent pas là et changent une nouvelle fois leur fusil d’épaule. La suite du segment s’engouffre sans complexe dans un monde très Tex Averesque qui perd malheureusement de son mordant au fur et à mesure. Ca part un peu dans tous les sens et la cohésion est très discutable malgré, ou plutôt à cause d’une foultitude d’idées plus abracadabrantesques les unes que les autres. Mais dans tout se fouillis, on retrouve de nombreuses scènes totalement absurdes et hilarantes, notamment celle où un soi-disant flic rend visite à l’Ogresse. Règlement de Contes s’autorise tous les délires, certains perdront pied, d’autres s’y plongeront volontiers, mais il a au moins le mérite de proposer quelque chose de différent.

 

 

Pour clore le triptyque avec Wenn's in'd stadt komme, Thierry Paya et Colin Vettier nous amènent au sein d’une famille chrétienne un peu spéciale aux côtés d’un père zoophile abusant de ses filles. Un jour, ces dernières se débarrassent de leur bourreau et s’en vont en ville pour réaliser leur rêve, voir le spectacle de Marina Moon, une chanteuse populaire. On fait face ici au segment le plus dramatique mais aussi le moins gore des trois. Beaucoup plus sérieux que ses ainés, il dresse le portrait touchant de deux sœurs prêtent à tout pour atteindre leur rêve après des années de souffrance et d’abus, y compris vendre leur corps. Surtout réussit pour son final poignant, Wenn's in'd stadt komme tient la route grâce à l’interprétation de Morgane Housset dans le rôle d’une jeune autiste, qui a d’ailleurs reçue le prix de meilleure actrice au Killer Film Fest. Le sketch ne se gêne pas non plus pour se payer la tête de la religion qui apparaît ici comme le pire des vices.

 

 

Mais Ouvert 24/7, c’est aussi des effets spéciaux réussis de bout en bout grâce au travail remarquable du petit génie David Scherer, une apparition génialissime du mythique Lloyd Kaufman, fondateur de Troma Entertainment, ou encore des clins d’œil en pagaille à différents métrages. Inutile de trop en dire, l’expérience vaut le coup d’être tentée et Ouvert 24/7 est une œuvre encore fragile mais réalisée avec passion.

Auteur : TIBO

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