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Critique P-51 Dragon Fighter

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Le temps avance inexorablement et permet désormais au cinéma de s'inspirer de certains sujets sensibles ancrés dans la mémoire collective. Par exemple, il n'est pas rare de démarrer une histoire au cinéma sur un fait historique réel et de l'extrapoler jusqu'à la fiction grâce à un second degré décapant. N'avons-nous pas vu Abrahamn Lincoln chasseur de Vampires en 2012, et Abraham Lincoln vs Zombies la même année? Aurons-nous la chance de visionner un jour en France l'adaptation cinématographique du « Général de Gaulle contre les loups-garous » ? Quoi qu’il en soit, celui qui a le plus excité l'imagination des scénaristes de par sa cruauté sans limites et sa part d'ombre méconnue demeure Adolf Hitler. On sait maintenant qu'il avait créé une agence spécialisée dans le paranormal pendant la Seconde Guerre mondiale et était lui même un grand passionné des sciences occultes. Au cinéma, il a combattu Indiana Jones dans chacun des chapitres portés à l'écran par Georges Lucas. Il a aussi dirigé de nombreux bataillons de militaires qui sont revenus à la vie soixante ans plus tard pour se venger de la race humaine et communiste, comme on peut le voir dans les deux Dead Snow. Certains nazis se sont enfuis lors de la débâcle de 1945 pour aller s'installer sur la lune et fonder une société utopiste dans Iron Sky. Il restait également des soldats fidèles à Hitler pour Outpost. Cette vague cinématographique à certainement été lancée par le cultisme Shock Waves en 1979, et a permis l'entrée d’Adolf Hitler au panthéon des monstres classiques du cinéma d'horreur. À vrai dire la liste serait tellement longue qu'elle mériterait un dossier complet sur Strange-Movies. P-51 Dragon Fighter surfe donc sans vergogne sur la vague.

 

 

Suivant discrètement tel un poisson-pilote la sortie du dernier Hobbit et son timide Smaug - sacrément pudique d'ailleurs vu qu'il lui aura fallu neuf heures de films sur trois ans pour montrer le bout de sa queue -, le réalisateur Mark Atkins fait le choix malheureux d'exposer ses dragons numériques sans parcimonie. Mais rejoignons maintenant notre groupe d'aviateurs chevronnés pendant la seconde guerre mondiale en Afrique du Nord, tous réunis autour d'une même cause, à savoir déjouer les plans du 3ème Reich. Le Fuhrer a ici réussi à mettre la main sur des œufs de dragons légendaires et les utilise - après éclosion forcement - comme une arme, en constituant une troupe de bestioles en CGI dégueulasses qui détruira les P-51 alliés. Un groupe d’aviateurs bras cassés est donc constitué, avec à sa tête un mauvais sosie du Tom Cruise de Top Gun. L’intéressé est d’ailleurs tellement mauvais garçon qu'il lui est interdit de voler depuis belle lurette. Nous apprendrons aussi rapidement que les bébêtes mythiques sont contrôlées via télépathie par sept bombasses jouant les rôles des sorcières. Un choix d'actrices proche des projections tardives du premier samedi du mois sur Canal +. P-51 Dragon Fighter n’oublie également jamais les grandes scènes d'actions qui consistent à filmer des avions qui font des démonstrations aériennes proches de la patrouille de France chorégraphiées avec des dragons incrustés à la truelle. Ces scènes alternent avec des plans fixes de nos bad boys coincés dans une cabine téléphonique en bois. Les mouvements des acteurs sont là pour expliquer la situation aux spectateurs abasourdis par tant de connerie. Lorsque Raymond penche la tête à droite, c'est que l'avion vire à droite. Et ça marche aussi dans l'autre sens... C'est quand même bien fait. Les dragons majestueux et épiques à la fois explosent par ailleurs en plein vol lorsque l'on vise la gorge. Nous apprenons aussi des choses grâce à Mark Atkins, notamment sur cet animal mythique qui possède une bouteille de butane dans le gosier et est aussi affublé d'un Q.I. de poule qui le pousse à suivre les aviateurs dans la stratosphère de notre planète et ainsi s'étouffer connement par absence d'oxygène.

 

 

P-51 Dragon Fighter tourne autour des scènes de combats qui  ne montrent rien d'autre que des acteurs coincés dans des cockpits d'avion plus proches de la boîte en carton que de l'habitacle d'un chasseur de l'air pendant la Seconde Guerre Mondiale. Les dragons sont pour leur part constitués de magnifiques images de synthèses à peine au niveau technique de l'introduction de Final Fantasy, mais malheureusement de l'épisode 4 sorti en 1991. Mention spéciale au « tank-bois » - matériel très utilisé sur ce projet - qui, budget oblige, à été confectionné avec des rondins et des palettes volées au supermarché d'à côté. En dehors de ces derniers,  les autres blindés sont extraits d'images de documentaires et autres vidéos de propagande d'antan. Comme Mark Atkins ne sait de plus pas tenir une caméra - ou alors c'est son Quatermain « low cost » qui le fait pour lui, celui qu'il a dirigé dans Allan Quatermain et le Temple des Crânes sorti en 2008 -, on se demande vite si l’on ne ferait pas mieux avec son iPhone et ses potes. Ce qui est quasiment certain.

 

 

Rien d'intéressant ne viendra scotcher le spectateur, et cela même s’il est adepte de téléfilm fantastique sur petit écran. Car là ou Tornado Sharks remplit ses objectifs en traitant son sujet comme une comédie gore ou bien encore le légendaire Uwe Boyle qui assume ses nanars débilitants, P-51 Dragon Fighter se la joue sérieux et essaye de faire référence à des chefs d’œuvres tels que Inglorious Basterds, bien inaccessibles pour un réalisateur aussi médiocre. Ce n'est pas non plus son casting basé sur des acteurs cantonnés dans des seconds rôles de production pornographiques qui rajoutera de la saveur aux dialogues insipides et autres gimmicks qui tombent à plat. Pourtant, l'équipe à été constituée pour ressembler à celle des Expendables, mais le rendu final s'approche encore et toujours du remake classe X. Ce film aurait en effet pu s'appeler les « Ex-Bandables ». Rajoutons à cela des découpages de scènes aléatoires, des plans montés n'importe comment, des expositions en pleine lumière et des cadrages mal-branlés. La croise d'épilepsie guette.

 

 

Il est rare de pouvoir traiter un vide abyssal d'une telle profondeur. Cette catégorie est faite pour la télévision, et souvent avec des budgets proches de la tirelire d'un enfant du Bangladesh. Mais pourquoi choisir ce qui se fait de pire à la réalisation ? Le cinéma d'auteur a pourtant révélé une nouvelle génération prodigieuse d'artistes doués, déjà habitués à travailler sur des métrages coûtants le prix d'un ticket de métro. Ils sont toujours oubliés au profit de concepteurs inexpérimentés de clips musicaux et autres créateurs publicitaires bien plus compétents en marketing qu'en création artistique. P-51 Dragon Fighter est un produit commercial de plus qui s'ajoute au lot de matière fécale caractérisant certaines chaînes du câble.

 

Auteur : MARC D'OC

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