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Fiche Critique

Énorme succès surprise de l’année dernière, essentiellement basé sur un buzz savamment orchestré –merci le Web-, Paranormal Activity se devait d’avoir une suite, ne serait-ce que d’un point de vue financier, même si sa conclusion ne le prédisait pas. Moins d’un an plus tard, déboule donc Paranormal Activity 2 – original le titre- cette fois-ci réalisé par l’inconnu Tod Williams qui prend ainsi la relève d’Oren Peli parti tourné son film d’aliens Area 51. On prend les mêmes et on recommence ? Presque. Sauf que là, curieusement, le film est meilleur, ce qui en soit n’était, il est vrai, pas compliqué.

Kristi –sœur de Katie, personnage principal du premier épisode – vit avec son mari Daniel, leur fils Hunter et la fille de Daniel, Ali. Alors qu’ils rentrent de vacances, ils trouvent leur nouvelle maison sans dessus dessous, si ce n’est la chambre d’Hunter et la cave. Daniel fait donc installer des caméras dans des endroits stratégiques. Mais peu à peu d’étranges évènements se produisent dans la maison, principalement dans la chambre du bambin et, les mois passant, prennent de plus en plus d’ampleur et se trouvent liés à l’enfance de Kristi et Katie. Prenant place avant les évènements décrits dans Paranormal Activity, ce deuxième volet est inextricablement lié à ceux-ci, déjà par la présence de Katie et aussi par son final, qui prend place le même soir que le final du premier, sans en dévoiler la teneur. Beaucoup plus intéressant à suivre –déjà probablement car mettant en scène plus de personnages- et plus tendu, ce second Paranormal Activity reprend pourtant le même modus operandi, aussi bien visuel que scénaristique. Roublard ? Oui mais pour un résultat agréable à suivre malgré sa prévisibilité et la longueur de certains passages, ce qui était déjà le cas dans le premier mais qui ici se révèle bien mieux traité et réserve quelques scènes chocs gentillettes, certes, mais efficaces. Ainsi, le bambin de la famille tient un rôle primordial car l’esprit s’en prend la majeure partie du temps à lui, l’obligeant nuit après nuit à se réveiller et à être spectateur d’un show spectral que lui seul semble voir. De plus, cette famille recomposée se révèle crédible et touchante parfois, et le voyeurisme latent de chacun est ainsi exploité, nous renvoyant à nos vices les plus secrets. Dans Paranormal Activity 2, les scènes les plus banales se répètent mais prennent un sens étrange du fait de les visualiser par le biais de caméra quasi fixes. Le peu de mouvement est apporté par l’emploi d’une caméra HD que la famille utilise dès le départ et qui se révèlera indispensable lors d’un final mêlant Rec et certains films mettant en scène des possessions démoniaques.

Le souci principal de Paranormal Activity est ce qui fait également sa force. La visualisation via des caméras de sécurité enlève tout suspense créé habituellement de manière artificiel par une mise en scène habile et un montage serré, sans oublier la musique qui permet une tension généralement utile. Ici l’immobilité du support empêche toute surprise de ce type – la musique est absente- mais réserve grâce essentiellement au montage et à quelques trucages basiques, son lot de terreur pour peu que l’on se laisse prendre au jeu. En effet, difficile de juger Paranormal Activity et sa suite donc, en comparaison avec d’autres films de terreur, si ce n’est peut-être Le projet Blair Witch, et encore, ce dernier étant plus mouvementé et serré dans le temps, tout en étant moins disert sur les évènements s’y déroulant. Fans de télé réalité, vous allez adorer ce film qui malheureusement se perd parfois dans des répétitions lourdes mais qui sont, on s’en doute, nécessaires pour mieux nous surprendre avec des effets qui peuvent paraitre ridicules, tant ils sont minimes – chutes de casseroles ou portes qui se ferment toutes seules au programme- mais qui sont censés démontrer la puissance d’un esprit qu’on imagine surtout joueur et farceur.

Parler de mise en scène pour Paranormal Activity 2 serait susceptible de vexer bon nombre de réalisateurs, à juste titre, tant celle-ci ici s’approche plus du théâtre, voire du soap opéra, par son immobilisme justifié, ne se révélant que par le montage ou lors des rares séquences filmées caméra au poing. Là n’est pas l’essentiel d’ailleurs, le suspense arrivant par petites touches, forçant le spectateur à scruter l’image, jouant avec lui pour trouver ce qui pourrait prouver la présence d’un quelconque esprit, et c’est la grande force du film que d’y arriver, surtout dans sas seconde partie, quand les évènements se précipitent. Tout est là pour nous montrer que l’on est face au paranormal : Coups dans les murs, objets qui se déplacent, chien et enfant sentant une présence, portes qui claquent et autres planches Oui-ja. A vous de vous y laisser prendre, aidé en cela par des acteurs plus crédibles que ceux de premier et qui interagissent de manière intéressante et réaliste.

Plus effrayant et moins lent que le premier Paranormal Activity, cette suite ravira tous ceux qui ont aimé ce premier volet et réconciliera peut-être les réfractaires –j’en fais partie- avec ce genre plus proche du documentaire style Confessions intimes que du film d’horreur traditionnel. Si l’on perd en beauté et que la forme se révèle inattaquable car anecdotique, Paranormal Activity 2 renvoie surtout à des peurs terre à terre, comme la peur de perdre son enfant, et développe un échange avec le spectateur assez inédit – par le biais des caméras- renvoyant à certains jeux vidéos comme Resident Evil ou Silent Hill. Alors, ne vous attendez pas à un grand film, laissez vos préjugés –et cerveau – au placard et jouez le jeu : la peur n’en sera que plus grande.
Auteur : TONTON
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