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Critique Pathfinder

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Après avoir osé s’attaquer à l’une des œuvres les plus influentes du cinéma de genre et réussi un vrai tour de force avec son remake percutant de Massacre à la Tronçonneuse, Marcus Nispel revisite ici le thème de l’invasion Vikings à travers un autre remake, celui d’un de Le Passeur (Ofelas), film obscur norvégien de Nils Gaup. Avec un penchant plutôt affirmé pour le brutal, les premières confrontations entre vikings et indiens semblent être un socle taillé sur mesure pour notre réalisateur. Son passé de directeur artistique et de réalisateur de clips déteint irrémédiablement sur l’aspect visuel de cette pellicule, très réussie pour le coup. Il ne faudra cependant pas trop compter sur cette adaptation pour profiter d’un spectacle épique car bien que visuellement travaillé, le métrage s’essouffle très rapidement et ne tient pas la distance.

 

 

Plus de cinq siècles avant que Christophe Colomb ne découvre l’Amérique, Pathfinder retrace l’épopée du fils d’un grand guerrier viking élevé par les indiens natifs. Alors qu’il essaie d’oublier son passé, son peuple va venir massacrer ceux qui l’ont élevés, assoiffé par la vengeance, il va alors défier les envahisseurs avec l’aide d’un puissant shaman, le fameux Pathfinder, et de sa fille. Le thème des vikings a été de nombreuses fois traité sur pellicule avec des films comme La Ruée des Vikings de Bava, Outlander de McCain, plus récemment le mystique Le Guerrier Silencieux de Nicolas Winding Refn ou encore le magnifique 13ème Guerrier de John McTiernan. Connu également pour son approche assez brute et visuelle des choses, Marcus Nispel aborde ici le thème avec une délicatesse digne d’un de ses pillards scandinaves. Le cliché du viking, bien évidemment partiellement véridique, un pilleur brutal et sanguinaire, s’est principalement forgé à travers les différents récits contemporains. Si ce guerrier est également un excellent navigateur, un commerçant avisé et un guerrier sachant faire part de bravoure, d’honneur et d’ingéniosité, le réalisateur a choisi ici de conserver cet image violente et sans pitié en transformant ses envahisseurs en mastodontes suréquipés, bourrins et foutrement stupides. Un choix tout à fait légitime qui plonge malheureusement le métrage dans un affrontement poncif du méchant envahisseur et du gentil natif, une sorte de Pocahontas à la testostérone.

 

 

Pathfinder fait preuve d’une vraie personnalité à travers, d’une part, une photographie bien léchée aux couleurs métal et aux éclairages minutieux, et d’autre part, grâce à un souci du détail dans ses costumes et ses paysages, transformant ainsi l’environnement le plus simpliste en une sorte de bric-à-brac dantesque où chaque élément apporte une pierre importante à l’édifice. Les costumes sont effectivement ultra riches, particulièrement concernant nos vilains Vikings. Leur corps est quasiment imperceptible, noyé sous un flot de métal et d’ornements où seule leur barbe épaisse et rêche semble prendre un peu l’air. Les envahisseurs sont ainsi présentés comme des guerriers sans âme ni essence, furieux et assoiffés de sang. Malgré une ambiance plutôt réussie, le traitement est quant lui au ras des pâquerettes. Largement simplistes, la relation entre les personnages et  l’aspect historique des évènements sont pour ainsi dire totalement mis de côté pour laisser place aux seuls pans bestial et esthétique, uniques intérêts de cette pellicule. Avec une introduction pourtant relativement poignante quant au drame vécu par notre jeune héros, la suite va malheureusement s’avérer beaucoup plus banale. En effet, notre héros s’apparente plus à un Conan ou un Rambo voire un brin de Madmartigan avec une séquence de descente en luge nous replongeant tout droit en enfance en fredonnant gaiement le score de James Horner.

 

 

Là où le métrage de Marcus Nispel échoue, c’est à travers le déroulement de l’histoire et la mise en scène des évènements. Manquant grandement de cohérence, la bande perd le spectateur dans le temps et l’espace. Aucune de ces deux notions n’est perceptible, les protagonistes évoluent sans arrêts à travers de nombreux lieux et l’auditoire assiste à une succession de scènes sans savoir comment ni pourquoi ils sont arrivés là. Autre aspect irritant, l’utilisation intempestive de ralentis à la moindre scène d’action. Affublant par moment certaines scènes d’une réelle beauté, cette pratique devient très rapidement lassante et pataude, annihilant ainsi sur le long terme la férocité pourtant primordiale. Enfin, côté casting, les seconds couteaux sont finalement les plus convaincants à l’instar de Russel Means, le fameux Pathfinder, véritable représentant du peuple des Lakota et pilier essentiel à l’authenticité des natifs, ou encore Clancy Brown (Victor Kruger de Highlander, que l’on retrouve également dans le récent remake de Les Griffes de la Nuit), méconnaissable sous son attirail guerrier. C’est donc Karl Urban (Les Chroniques de Riddick, Doom) qui incarne Ghost, viking abandonné élevé par les indiens. Avec autant de charisme qu’un Christophe Lambert, il n’a malheureusement pas la carrure pour endosser le rôle du héros, livrant une interprétation plate et sans consistance.

 

 

Imparfait, Pathfinder jouit tout de même d’une photographie et d’une ambiance percutante grâce à la complicité de Daniel Pearl et Christopher Shy. Lassant sur la longueur, le deuxième remake de Marcus Nispel aurait mérité un peu plus de fougue et de profondeur. Dommage.

Auteur : TIBO

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