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Critique Pig

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Diffusé en avant première mondiale sur le net, Pig est le sixième long d’Adam Mason, jeune cinéaste britannique qui a déjà derrière lui un sympathique bagage horrifique comptant notamment Blood River, Broken ou encore The Devil’s Chair. Si ses films n’ont pas fait beaucoup d’éclats, notre british s’attaque ici à quelque chose de différent, un numéro de contorsion plutôt casse-gueule réussit avec brio. Adam Mason utilise cette technique dans le but plonger le spectateur en pleine folie furieuse lui faisant littéralement mordre la poussière. Tourné en cachette en attendant la sortie de son prochain long, Luster, et à travers un plan unique d’environ 80 minutes, Pig est une expérience éprouvante où le mot immersion prend tout son sens.

 

 

Pig nous entraîne au cœur des délires vicieux et cruels d’un monsieur tout le monde, le temps de près d’une heure trente de sa vie. Un socle parfait pour ouvrir les portes à tous les excès et laisser libre court à son imagination.  Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec la notion de plan séquence, il s’agit d’une scène tournée en un seul et unique plan, sans montage ni coupure. Autant vous dire que d’enchaîner près de 80 minutes de tournage en continu n’est pas chose aisée et l’organisation est sans aucun doute le maître mot. On est en droit de se demander si l’intérêt d’un tel procédé est vraiment justifié et si les apports sont bien réels. N’est-ce pas un subterfuge pour tenter de se démarquer et d’attirer les foules ? Certes probablement en partie, mais bien au-delà de ça, quand on peut penser qu’une telle technique bride et impose de nombreuses contraintes à son géniteur et aux interprètes, le résultat n’en est que plus surprenant et d’une efficacité redoutable. Mettant de côté tout effet de style et toutes fioritures, il ne reste que la contenance essentielle, la violence à l’état brut. Littéralement plongé au cœur de la pellicule, le spectateur assiste en temps réel aux évènements, impuissant.

 

 

Il y a de ces films qui tentent de repousser les limites le plus loin possible et ceux qui vont tellement loin que ces limites n’ont plus aucune importance. Pig fait sans aucun doute partie de cette dernière catégorie. Viol, cannibalisme, meurtre, torture et autres perversions, autant d’éléments insufflés au métrage avec un réalisme époustouflant, sans aucun abus inutile. De nombreuses pellicules se tournent vers l’excès dans le but de choquer le spectateur, une démesure tellement recherchée que ça en devient le plus souvent ridicule et totalement dénué de tout intérêt à l’instar de nombreux films underground. Des films qui restent dans l’ombre pas seulement en raison de leurs outrances, mais aussi parce qu’ils n’ont absolument aucun argument, choquer pour choquer. L’intelligence de Pig se trouve dans le dosage minutieux entre réalisme, fun et violence. Un réalisme évident à l’aide d’une caméra qui filme les méfaits brutaux du vilain en temps réel en le suivant à la trace, une violence accrue et inhumaine subit par les victimes, et du fun à travers un antagoniste ne se mettant aucune barrière, s’étonnant lui-même de ses actes en lançant des trucs du genre « This is the most fucked up thing I’ve never done ! Haha !». Sous ses airs foutrement misogynes – le monsieur va jusqu’à uriner sur sa victime en prenant bien soin de se drainer jusqu’à la dernière goutte - Pig va beaucoup plus loin en mettant en scène ses victimes comme de simples morceaux de viande, objets de toutes les aberrations.

 

 

Il faut saluer ici la performance des acteurs, principalement celle de Andrew Howard (The Devil’s Chair, Blood River et le remake de I Spit On Your Grave), qui a également participé à l’écriture du script, terrifiant et dérangeant dans le rôle du bourreau lunatique, un mélange entre Patrick Bateman (American Psycho) et Mick Taylor (Wolf Creek). Une performance impressionnante et un exercice extrême où l’interprète se doit de s’immerger totalement dans la peau et le psychisme du personnage, sans échappatoire possible pendant plus de 80 minutes, allant jusqu’à réellement vomir sur une des actrices. Une expérience sans aucun doute éprouvante où le retour à la réalité a dû être perturbant et d’un grand soulagement. Quant au reste du casting, celui-ci est très bien dirigé sans pour autant transcender la caméra, se retrouvant très vite dans l’ombre d’Howard. Le travail du caméraman est ici parfaitement maîtrisé, présent au bon moment et suggérant très justement certaines scènes en laissant imaginer au spectateur l’atrocité des évènements, accompagnés d’une bande son bien calée couvrant cependant les « dialogues » (très réduits certes) à de trop nombreuses reprises. Malgré ses qualités certaines, Pig souffre tout de même des presque inévitables conséquences de l’utilisation d’un unique plan séquence. La pellicule s’essouffle régulièrement provoquant parfois l’ennui chez le spectateur, des moments de flottement assez nombreux qui nuisent malheureusement au métrage, mais qui en revanche accentuent de plus belle les actes déments qui s’en suivent.

 

 

Pig est un essai audacieux et très bien mené que tout amateur de cinéma extrême se doit de visionner au moins une fois. Une expérience qui peut être perturbante ou radicalement ennuyeuse, mais qui à le mérite de livrer quelque chose de différent, loin des pellicules bridées des grosses productions, ne se fixant aucune barrière grâce à une totale liberté d’expression. A découvrir.

Auteur : TIBO

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