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Critique Piranha 2

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Rapidement annoncée suite à la sortie du métrage du frenchy Alexandre Aja, la suite du fendard Piranha 3D semblait presque inévitable. Remake d’une bonne série B sans prétentions, l’essai d’Aja se fermait sur une conclusion volontairement ouverte mais parallèlement complètement saugrenue. Sans surprises, Piranha 2  –  Piranha 3DD en version originale – s’inscrit dans la même veine que son prédécesseur, sans pour autant prendre en compte son cliffhanger final. Un choix judicieux, qui n’empêche pourtant pas le métrage de John Gullager de patauger dans une médiocrité complète. Visiblement handicapé par un budget nettement inférieur au premier opus, Piranha 2 fleure bon le projet vidéo rapidement ficelé. Emballé par un cinéaste qui a fait ses armes sur du Z assumé, cette séquelle repousse les limites du mauvais goût jusqu’à l’indigestion.

 

 

Sur le papier, Piranha 2 semblait pourtant bénéficier du même soin que son prédécesseur. Mené par les mêmes scénaristes – Patrick Melton et Marcus Dunstan – et bénéficiant du retour d’une petite partie du casting initial, le film semblait vouloir présenter le même second degré gore et déjanté. Si l'attaque du Lake Victoria appartient désormais au passé, les piranhas préhistoriques ont bien survécu dans les canalisations de la ville. Ils trouvent désormais le chemin des piscines et d'un nouveau parc aquatique pour adultes qui vient d'être inauguré. Rien de nouveau sous le soleil, Piranha 2 affiche dès le début ses prétentions et sa volonté d’artificiellement prolonger les événements du premier film. A la différence près qu’Aja – La Colline à des Yeux, Haute Tension – semble avoir clairement été relégué sur la touche par les exécutifs du studio Dimension. Un choix regrettable, tant son successeur confine à Piranha 2 un humour pipi-caca puéril et puant, à l’instar des dérives lassantes et grossières dont témoignait déjà la franchise Feast. Cinéaste à l’esprit dérangé, John Gullager accouche d’un métrage complètement invraisemblable, coincé entre des exigences semi-réalistes propres à la franchise et les idées décérébrées d’un géniteur qui souhaite imprimer sa personnalité à son travail. Désireux de répliquer le côté purement divertissant du film précédent, Gullager tente l’approche « bigger than life » en grossissant vulgairement l’esprit beauf et crétinisant de ce dernier. La frontière est cependant ténue, et Piranha 2 en outrepasse clairement les limites en disséminant sans parcimonie aucune des naïades aux seins démesurées et des poissons qui surgissent dans tous les sens. L’affluence d’humour gras et gratuit fait rapidement sombrer le métrage rapidement vers des séquences de sexe débiles à souhait, de flatulences invraisemblables et autres préoccupations immatures chiantissimes.

 

 

Vendu comme un produit léger et dopé à la testostérone, Piranha 2 déroule un script rédigé sans véritable soin. Complètement vide et déséquilibré, le film de John Gullager enchaine les séquences d’attaques molles et hors-propos avant le carnage attendu. Inintéressantes et inutiles au bon fonctionnement de l’ensemble, ces dernières se contentent d’amener sur le devant de la scène des adolescents anecdotiques et uniquement soucieux de batifoler à poil à proximité des eaux du coin. Le tout entrecoupé à intervalles réguliers d’images publicitaires pour le fameux parc aquatique, spots minables et risibles blindés d’actrices pornographiques affichant des plastiques siliconées. Comble de l’ironie, si Piranha 2 affiche clairement la volonté de renforcer le côté sex’n’gore du premier opus, Gullager manque clairement d’inspiration en matière d’humour macabre. Emballé en une petite quinzaine de minutes, la fameuse séquence de carnage général s’avère complètement foirée, là ou Aja avait su rivaliser d’effets craspecs pour imposer une œuvre politiquement incorrecte et irrévérencieuse. Gullager se limite pour sa part à des raccourcis toujours faciles et gratuits – poisson dans le cul, mutilation du pénis –. Loin de faire dans la subtilité, ce dernier se la joue provoc’ de supermarché en balançant femmes et enfants au cœur du bain bouillonnant. A l’instar des séquences inutiles de Feast, Piranha 2 peine à décrocher le moindre sourire, et ce malgré l’intervention très « grindhouse » d’un Ving Rhames pourtant au meilleur de sa forme.

 

 

John Gulager confère à l’ensemble son habituelle mise en boîte de clodo. Mais si Piranha 2 présente un emballage artistiquement laid, force est de constater que le cinéaste a fait son possible pour coller aux exigences du studio. Ce dernier livre un travail légèrement plus soigné que pour sa trilogie Feast, oubliant au passage son traditionnel montage épileptique et gerbant. Reste malheureusement une flopée de cadrages hasardeux, des poissons numériques plutôt dégueulasses et une direction d’acteurs abordée par-dessus la jambe. Si Danielle Panabaker – The Ward, Vendredi 13 2009, The Crazies – et Katrina Bowden cachetonnent en usant sans vergogne de leurs jolis minois, le délirant Christopher Lloyd livre heureusement une prestation de haute volée dans le rôle du savant fou déluré. Inspiré, John Gulager lui attribue à peine quelques minutes à l’écran. Désespérant. Guest-star sur le retour, David Hasselhoff parvient également à dérider à quelques occasions en revêtant sa propre défroque et en faisant preuve d’une sévère autodérision. L’une des rares bonnes idées de ce Piranha 2

 

 

Torché sur à peine soixante-dix minutes – ! – hors générique, Piranha 2 se profile comme un nanar vulgos et résolument inintéressant. Une séquelle bâclée et inutile, tout juste digne d’une distribution vidéo. Réalisateur de seconde zone, John Gulager signe un film en forme de grosse série Z qui pique les yeux. Le genre de « truc » à visionner avec quatre grammes dans le sang. Et encore.

 

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