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Critique Plague Town

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Des DTV, les rayons en sont plein à craquer, certains sont de vraies petites perles, d’autres sont posés sur pellicule avec un je m’enfoutisme aigu quand le reste daigne faire au moins un minimum d’efforts. Plague Town, première réalisation de David Gregory, fait partie de cette dernière catégorie. Sorte de survival gothique en terre irlandaise, le réalisateur nous propose ici un métrage avec une vraie personnalité. Suffisamment travaillé dans la forme pour mériter un visionnage, Plague Town sombre malheureusement très rapidement dans la surenchère faute à une mise en scène parfois chaotique et un scénario tenant en une feuille de papier où les clichés s’accumulent sans cesse.

 

 

 

Une femme sur le point d’accoucher semble terrorisée par la progéniture qu’elle s’apprête à mettre bas. En présence d’un prêtre et de son mari, la situation tourne mal alors que le prêtre décide de supprimer le nouveau né à l’aide d’un revolver. Quelques années plus tard, une famille en quête de réconciliation atterrit dans le village où des enfants difformes pullulent et où les habitants sont bien décidés à défendre leur secret. Il faut le dire tout de suite, le pitch livré par notre réalisateur – qui en est aussi le coscénariste – ne respire pas la nouveauté. Le coup de la famille qui souhaite renouer des liens  – ou tout autres types de groupes diverses et variés – mais qui se retrouve malencontreusement au sein d’une flopée de dégénérés ne date pas d’hier. En ce sens, Plague Town est un film hommage, on peut penser à des métrages tels que Les Enfants du Maïs, La Colline a des Yeux ou encore Massacre à la Tronçonneuse mais dans une forme beaucoup plus stylisée. Entre le survival et le slasher, la pellicule joue avec les références et mélange les genres tout en proposant une ambiance très particulière, gothique et cauchemardesque. Là est le vrai problème de ce métrage, à vouloir en faire des caisses, Plague Town saoule le spectateur et celui-ci assiste à un enchaînement de scènes oscillants entre le bon et le très mauvais, le tout parsemé d’une gaucherie ambiante. Si on peut reconnaître une patte à la fois glauque et élégante, les arguments avancés par cette bande se fondent bien trop souvent dans une mise en scène paresseuse pour ne briller qu’en de rares occasions.

 

 

Le point fort de la pellicule se situe incontestablement dans l’univers que toute l’équipe a réussi mettre en place. Si le village situé au milieu de nulle part entouré de champs à perte de vue n’est pas tout récent, celui-ci semble totalement détaché du reste du monde et il y plane un sentiment vacillant entre l’onirisme et le cauchemar, comme si nos protagonistes vivaient un rêve éveillé. Des habitants à la fois apeurés et déterminés dans la survie de leur village, des progénitures difformes rappelant vaguement les gnomes de Chromosome 3, sans pitié et dépourvus de tout sentiment, une menace omniprésente face à laquelle notre malheureuse famille n’a aucun poids. Les différentes « créatures » sont d’un réalisme tout à fait crédible et leurs apparitions marquent radicalement le changement de ton. Si l’on peut émettre des doutes quant aux intentions de nos autochtones, Plague Town parvient à garder le secret jusqu’aux derniers instants. Mais voilà, on s’en fout totalement. Même si le mystère plane constamment au-dessus des évènements, David Gregory ne nous donne aucunement l’envie d’aller plus loin et de découvrir ce qui se trame derrière toute cette haine. Aspect d’autant plus triste que la « révélation » s’avère être d’une banalité ahurissante. La seule raison pour laquelle le spectateur est heureux de lever le voile, c’est que cela signifie que le film touche enfin à sa fin. A mesure que la pellicule se déroule, le métrage tombe dans la surenchère et la maladresse où les plans inutiles s’amassent peu à peu.

 

 

Autre faiblesse du scénario, les personnages. David Gregory a mis sur pieds une famille en tentative de réconciliation accompagnée du petit copain – récent – d’une des deux sœurs. Si la place de ce dernier se fait comprendre par la suite, les liens familiaux et la profondeur des personnages ne s’aventurent pas bien loin entraînant le désintéressement total du spectateur quant à leur sort. Excepté pour un des protagonistes – massacré à coup d’enjoliveur avec une froideur poignante –, ceux-ci tombent les uns après les autres dans l’indifférence la plus totale. S’ils trépassent face à la désaffection du spectateur, les meurtres proposés sont quant à eux très esthétiques et le gore s’impose abondamment. Les effets sont pour plupart réussis, de la tête coupée en deux par une corde en nylon en passant par une pendaison par l’os nasal, la suggestion n’est pas au rendez-vous et les amateurs de gore seront comblés. Du glauque et du gore, voilà ce que propose Plague Town. Bourrée d’idées, la pellicule aurait pu aboutir à quelque chose de très intéressant mais l’inexpérience de son géniteur en fait un métrage manquant grandement de rythme. On s’ennui ferme.

 

 

Beaucoup trop maladroit pour accrocher le spectateur, Plague Town se voit atrophié par un manque de maîtrise flagrant. Les amoureux d’univers gothique et stylisé y trouveront peut-être leur compte mais il faudra une bonne dose d’indulgence pour se laisser embarquer dans cette fiction. Si David Gregory a été capable d’imposer un tel univers, il pourrait très probablement nous surprendre par la suite.

Auteur : TIBO

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