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Critique +1 (Plus One)

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Le grec Dennis Iliadis n’a pas eu la chance d’un Alexandre Aja. Bien qu’également auteur d’une très bonne relecture d’un classique de Wes Craven – La Dernière Maison sur la Gauche –, le cinéaste est quasi-aussitôt retourné aux productions indépendantes. Un mal pour un bien. Préparé dans une certaine discrétion, distribué en catimini sur le sol américain et absent des programmes en ce qui concerne les sorties françaises, son nouveau long-métrage se profile pourtant comme une précieuse pépite. Complexe, extrêmement travaillé, +1 (Plus One) fait dans l’anticonformisme assumé et installe Iliadis comme un artiste complet.

 

 

La Dernière Maison sur la Gauche était un pur film de commande. Iliadis en a pourtant clairement transcendé le cahier des charges en livrant à l’époque une charge hardcore aux images sensorielles et à la tension frénétique. +1 s’éloigne pour sa part radicalement de ce précédent essai. Bien que doté d’une enveloppe budgétaire plus limitée, le projet offre enfin à son géniteur une totale liberté. Et ce dernier en profite pour coucher sur papier un synopsis ambitieux et labyrinthique. A l’origine, +1 démarrerait pourtant presque comme un vulgaire teen-movie. Libérés de leurs engagements estudiantins, un groupe d’adolescents amorce l’été en organisant une soirée alcoolisée. Une « faille temporelle » ouverte par l’arrivée d’un météore dans les environs duplique au cours de la nuit chaque individu, mais avec quinze minutes de retard. Alors que la majeure partie du groupe vient de migrer au fond de l’immense terrain de la propriété, leurs doubles apparaissent dans la maison. Les deux clans s’ignorent donc, mais divers sauts de l’espace temps vont peu à peu réduire l’écart, jusqu’à ce que chaque jeune et son double se trouve quasiment dans la même réalité temporelle. Avec +1, Iliadis couche sur bandes un métrage d’une redoutable originalité, bardé de rebondissements intelligents. Difficile d’imaginer un seul instant ou ce dernier va mener son récit, tant les rencontres entre les ados du passé et ceux du présent ouvrent le champ des possibles.

 

 

Denis Iliadis mène l’ensemble avec une impressionnante justesse. La principale richesse de +1 tient dans ses personnages, qui vont sans surprise réagir de diverses manières lorsqu'ils prennent conscience de la situation. Doubles et originaux sont en effet dotés de la même conscience, mais évoluent ici différemment selon leurs interactions avec certains protagonistes. La finalité du métrage est assurément passionnante, la plupart des cobayes de cette expérience forcée convergeant inexorablement vers la même idée : être un exemplaire unique. Iliadis couche de ce fait un métrage résolument étrange, furieusement bien mené, à mi-chemin entre thriller fantastique et film de survie. Non content de brosser avec une relative maestria une bonne série d’adolescents pétris de doutes et de questionnements, le cinéaste incorpore par ailleurs à son furibond développement une histoire d’amour alambiquée dont le dénouement restera tout aussi incertain que le twist final. L’ultime cliffhanger est pourtant étonnamment décevant, +1 lorgnant quelques secondes après l’exposition d’un climax redoutable dans une conclusion d’une triste banalité. Dommage, Iliadis livrant par ailleurs un film parfaitement mené malgré quelques scories excusables – la fête bigger than life notamment, plutôt improbable –.

 

 

Bien qu’à l’époque inexpérimenté, Iliadis livrait avec La Dernière Maison sur la Gauche un long techniquement sans failles. +1 est sans surprise tout aussi soigné. Emballé dans un scope impeccable, riche en cadrages sublimes et shooté avec une limpidité exemplaire, le film brille par ailleurs par sa colorimétrie parfaitement calibrée. Le cinéaste joue avec malice des couleurs flashy, et parvient à poser sur pellicules les troubles amenés par l’apparition de failles en usant d’effets visuels simples mais extrêmement efficaces. Du tout bon, à l’instar de la direction d’acteurs. Le cinéaste privilégie ici les inconnus et les physiques plus passe-partout que d’ordinaire et installe donc au premier plan une bande de jeunes crédibles. Un très bon point.

 

 

+1 est l’une des plus belles surprises de ces derniers mois. Bien que légèrement moins virtuose que Christopher Smith sur son mémorable Triangle, Denis Iliadis se fend d’une péloche osée et ultra-surprenante. Une passionnante vision des complications engendrées par les distorsions du temps, tout juste entachée par une conclusion mi-figue mi-raisin.

 

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