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Critique Poursuite Mortelle

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Julian Gibey est un artisan multi-facettes. Artiste de l’ombre, le jeune réalisateur tient à maitriser sa vision cinématographique de bout et bout, et opère en ce sens parallèlement sur les postes de monteur et de scénariste. Absent des écrans depuis près de cinq années, ce dernier parvient enfin avec Poursuite MortelleA Lonely Place to Die dans sa version originale – à s’imposer auprès du secteur indépendant. A l’instar de Christopher Smith – Creep, Triangle ou encore Black Death –, Gibey livre ici une œuvre ultra-personnelle et impressionnante de maitrise. Bien que doté d’un casting international plus prestigieux que par le passé, son projet restera pourtant distribué sous le manteau en ce qui concerne le territoire Anglais, voire plus simplement condamné à une exploitation vidéo à l’export. Ce qui n’empêchera pas le métrage de bénéficier d’un excellent retour de la part des aficionados, dont l’équipe de Mad Movies qui lui décernera trois récompenses à l’occasion de son premier festival dédié au film de genre.

 

 

Dans son strict postulat initial, Poursuite Mortelle fait preuve d’un relatif académisme. Le travail de Julian Gibey présente des contours typiquement Anglais, et se fend d’une ambiance propre à la nouvelle école menée par Christopher Smith et Neil Marshall. A mi-chemin entre The Descent et Eden Lake, le métrage de Julian Gibey s’installe comme un huit-clos viscéral, sans pour autant prendre en compte le critère d’espace confiné. En excursion dans les montagnes écossaises, cinq alpinistes chevronnés trouvent une jeune fille serbe enterrée en pleine nature. Isolés du monde, ces derniers se voient rapidement pris en chasse par les ravisseurs, en attente d’une rançon de la part d’un riche mafieux. Minimaliste et dépouillé, le scénario de Poursuite Mortelle se pose en unique prétexte à distiller un climat nerveux et tendu. Une fois passée l’installation du contexte, efficacement amené via une séquence d’ascension vertigineuse, le travail de Julian Gibey se limite à la définition stricto sensu du survival. Avec tout ce que cela implique d’inévitables poncifs. Séparation temporaire des personnages, sacrifice héroïque, vice ultra-poussé de la part des deux bad-ass des bois, Poursuite Mortelle se fend de moyens parfois usités afin d’alimenter un synopsis en quasi-pilotage automatique, exception faite d’un final plutôt inattendu. Gibey parvient pourtant à outrepasser ce léger manque de fond en installant une tension palpable et sensitive, son morceau de péloche parvenant à maintenir un rythme tétanisant à l’issue d’un climax barbare.

 

 

Capturée dans un silence assez audacieux, la mort du premier alpiniste installe une ambiance captivante. Invisible et fugace, la menace continue installée par les deux ravisseurs confine à Poursuite Mortelle un suspens hypnotisant. Un sentiment renforcé par le contexte extérieur. Entièrement capturé en milieu naturel, le métrage de Julian Gibey cumule les plans de paysages escarpés, falaises vertigineuses et autres plaines sauvages vierges de toute civilisation. Des espaces reculés qui influent inévitablement sur le sentiment de solitude oppressant véhiculé à travers quelques séquences furieuses. Poursuite Mortelle installe très rapidement des enjeux dramatiques prégnants, ces derniers fulminant à l’occasion de séquences d’escalades plutôt burinées. Si l’ensemble ne témoigne que d’une conventionalité passable dans son déroulé, la maitrise du suspens – démultiplié par la présence de l’enfant au sein du groupe – dont témoigne Poursuite Mortelle lui confère une aura unique, le cinéaste parvenant de plus à conserver ce dernier lors d’un changement final de décor total et complet. Sans débordements gores inutiles, Julian Gibey verse dans une violence quasi-douloureuse en installant des protagonistes forts. Un apport non négligeable à l’atmosphère déjà très sombre et sans concessions du métrage.

 

 

Techniquement, Poursuite Mortelle se profile en sans-faute. Capturé dans un scope ébouriffant et pleinement adapté à l’immensité des paysages, le travail de Julian Gibey se fend de cadrages ultra-soignés. Une approche visuelle qui ne sombre jamais dans l’utra-cut ou les effets faciles, mais privilégie en contrepartie les plans contemplatifs. Ce qui n’empêche pas Poursuite Mortelle d’occasionnellement muer vers d’audacieuses séquences en steadycam, Gibey misant sur quelques poursuites à la première personne afin de dynamiter les passades plus rythmées. Loin des rajouts en caméra portée torchés sans prendre en compte le facteur artistique, les choix techniques du cinéaste s’avèrent étonnamment lisibles et confinent un sentiment d’urgence et de danger supplémentaire à un ensemble déjà redoutable en la matière. Même réussite côté casting. Très juste derrière la caméra de Christopher Smith pour les besoins de Triangle, Melissa George dépeint un personnage à la fois solide et sensible. Les seconds couteaux sont à l’avenant, tout comme le bad-guy de rigueur. Relativement discret depuis Creep,  Sean Harris impose une nouvelle fois un méchant froid, sans émotions et relativement terrifiant d’inexpressivité. Efficace.

 

 

Bien que ne possédant à son actif qu’une courte listes d’œuvre inconnues – exception faite du délirant Doghouse, qu’il ne réalise pas –, Julian Gibey transcende un scénario convenu pour accoucher d’une œuvre intense. Exception faite de la traduction assez opportuniste du titre original, Poursuite Mortelle aurait amplement mérité une distribution moins confidentielle. Une pépite brute de décoffrage. 

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Combien font : 89-39

Votre réponse :

gnomos 02-04-2012
j'ai été déçue oar ce film, du moins par la seconde partie. Commençant de façon alléchante, avec les exploits de nos randonneurs alpinistes et la découverte de la gamine, la suite n'est qu'un banal kidnapping, tout ce qu'il y a de plus conventionnel, et des scènes invraisemblables d'héroïsme, les randonneurs sacrifiant leur vie pour une gamine inconnue. La fin est convenue, la star semble être la seule à s'en sortir, dommage, j'attendais une histoire plus originale

 

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