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Critique Predator

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1986 : le public découvre enfin la suite du terrifiant Alien, capturé par l’immanquable James Cameron. Virile et burinée, cette séquelle semble ouvrir la voie à une science-fiction nettement plus virulente et riche en hémoglobine, le film tranchant net avec l’ambiance oppressante et la suggestion de son glorieux ainé. Pleinement inscrit du côté de ce registre musclé, Predator présente douze mois plus tard une nouvelle créature extraterrestre et belliqueuse, engagée dans une chasse sauvage à l’espèce humaine. A son service, un John Mc Tiernan  - Die Hard : Piège de Cristal - alors inconnu, secondé par le musculeux Arnold Schwarzenegger, tout juste auréolé du succès de Terminator. Si l’idée originelle aurait pu laisser penser à un simple copycat de la franchise initiée par Ridley Scott, Predator parvient pourtant à inscrire cet affrontement dans un environnement nouveau et original. Le résultat est tout aussi immédiat que pour la saga Alien : le film déclenche un véritable ras de marée en salles.

 

 

Inscrit au rayon des œuvres cultes, Predator se profile pourtant aujourd’hui comme une pure série B. Nantie d’un scénario bas du plafond, le métrage de Mc Tiernan ne s’embarrasse d’aucuns détours. Simple et efficace, le déroulé se présente presque en antithèse parfaite d’un Alien malin et soigné dans la construction de son ambiance. Oubliant toute notion de finesse, le film privilégie son côté actioner grand public, et se range en à peine plus de quelques séquences du côté des métrages testostéronés et partiellement crétinisants des eighties. Bourrin à l’extrême, Predator se complait dans tous les clichés possibles, le tout imposant ses fondations sur un script condensé sur quelques feuilles volantes. Débarqués en pleine jungle d’Amérique Centrale, un commando de choc se voit ici pris pour cible par une créature invisible et redoutable. Point. Un pitch inexistant qui offre à son réalisateur l’occasion de s’épancher dans une multitude de scènes d’action solides et furibondes, à défaut de s’attarder sur un quelconque message ou développement psychologique de ses protagonistes. L’écriture demeure très légère, Predator servant en guise de chair à canon une brochette de militaires ramollis du bulbe plus prompts à dégommer tout ce qui bouge plutôt qu’à philosopher sur l’importance de la vie. Les dialogues témoignent de ce fait d’une pauvreté hilarante, mais demeurent malgré tout en accord avec l’aspect beauf et con du métrage. Les nombreuses répliques de haute volée – « Dylan ! Sale petit enfant de putain ! », « Faites vous les mâchoires avec ça et vous banderez comme des dinosaures ! Ah oui, et colle toi ça au cul et ramone ! » – ne rechignent jamais à présenter le bidasse Américain comme un idiot décérébré, mais s’avèrent particulièrement significatives de l’objectif cultivé par Mc Tiernan : divertir sans arrière pensée.

 

 

Niveau feu d’artifice, Predator assume ses ambitions avec un aplomb certain. Bestial et viscéral, le métrage se positionne même comme l’un des blockbusters les plus osés et violent de sa génération. Mises à morts déjantées et affrontements assourdissants pullulent, Mc Tiernan insufflant à son travail un rythme effréné sans pour autant sombrer dans l’illisibilité saccadée des œuvres modernes. Maitrisé de bout en bout, Predator prend le spectateur en otage dans un grand huit décoiffant, alimenté au plomb fumant et à l’hémoglobine généreuse. Macho à l’extrême – l’unique Femme de l’histoire est uniquement posée là en inutile accessoire cinématographique –, Predator instaure le règne des muscles suintants sur l’esprit, exception faîte d’une séquence finale pour laquelle le massif Schwarzenegger laisse parler l’intellect le temps de quelques pièges primitifs. La finalité reste néanmoins inchangée : se foutre sur la gueule dans un fracas de déclarations – « T’as pas une gueule de porte-bonheur » – aussi chocs que cultes. Jouissif à souhait, Predator tient d’avantage son succès par son contexte original et peu conforme aux codes de la science-fiction de l’époque. En installant la chasse à l’homme dans la moiteur de la forêt, Mc Tiernan délocalise ainsi l’action des couloirs labyrinthiques métallisés vus et revus chez la concurrence, et parvient ainsi à doter son œuvre d’un suspens inédit. Une tension d’autant plus renforcée par les spécificités étonnantes de sa bestiole, capable de se fondre dans la profusion végétale à l’image d’un caméléon. Invisible au cours de la majeure partie du film, le monstre est en effet jalousement gardé au secret jusque au dernier tiers de l’œuvre. En créant l’attente, le cinéaste greffe ainsi à son actioner simple d’esprit un côté étonnamment addictif.

 

 

C’est pourtant sur ce point que Predator s’attache à singer l’impressionnante montée en puissance d’Alien. Très similaire dans sa volonté de conserver l’effet de surprise pour son final, le film s’avère moins doué que son modèle à générer la terreur – quasi inexistante –, malgré quelques inventions plutôt originales. En adoptant le point de vue de l’extraterrestre, Mc Tiernan amène néanmoins une idée relativement habile à renforcer l’intrigue sur les spécificités de ce dernier : la vision thermique. Redoutable d’ingéniosité, ce placement de caméra offrant l’opportunité de découvrir la bête de l’intérieur, sans pour autant connaître son aspect physique. Bien que tardivement dévoilé, l’apparence du Predator est tout aussi intéressante. Conçu par le célèbre Stan Winston, le monstre impose une carrure exceptionnelle et parvient à fusionner technologie à la pointe et physionomie animale, plus particulièrement lorsque le réalisateur dévoile le vrai visage de son chasseur. Un look qui compense la pitoyable direction d’acteur, les militaires se fendant de discussions ridicules à grand renforts d’expression figées et de faciès de bulldogs contrariés. Comique.

 

 

Bien que non avare en défauts flagrants, Predator témoigne d’une efficacité sans failles. Probable que le projet serait passé à mille lieux de l’aura culte dont il bénéficie aujourd’hui sans son budget conséquent. Mis en scène par une ribambelle de techniciens doués – Mc Tiernan, Winston ou Schwarzenegger, relativement mauvais mais convaincant dans le rôle de la brute de service –, Predator est un divertissement trépidant. A condition de mettre en veille ses neurones avant visionnage. 

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BEN 17-08-2016
Myk : il faut lire la chronique en intégralité plutôt que se concentrer sur une unique phrase. Je n'ai d'ailleurs jamais dit que c'était un mauvais film, bien au contraire.
myk 19-11-2011
Ce film est le (l'un des) reflet de l'ère Reagan, il faut lire entre les lignes et voir d'autres films de la même époque(cf Rocky, Rambo...) qui eux aussi parlent de la la vision du "héros" Reagannien, avant de dire qu'il faut "mettre en veille ses neurones avant visionnage", certes ce n'est pas du Hitchcock mais cela reste un très bon film...

 

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