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Critique Predators

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Tuée dans l’œuf par un second opus lamentable, la saga Predator est pourtant étrangement ancrée dans la culture cinématographique américaine. Partiellement et régulièrement amenée sous les projecteurs par ses nombreux croisements avec la série des Aliens – films, comics ou encore jeux vidéo –, la franchise avait manquée de peu sa résurrection au milieu des nineties. Encore méconnu, le mexicain Robert Rodriguez proposait alors un nouveau script visant à catapulter une armada de gros bras surarmés sur la planète des extraterrestres dreadlockés. Refusé manu-militari en raison d’un budget trop élevé, le scénario est aujourd’hui déterré pour un troisième opus quasi-inespéré et probablement remis sur le tapis par ses producteurs suite aux succès conséquents des minables Alien vs. Predator. Simplement nommée Predators, cette séquelle tardive ne sombre heureusement à aucun moment dans les mêmes travers que les deux crossovers de ces dernières années.

 

 

Bien que remanié par son auteur originel – le personnage de Dutch / Swarzenegger disparait logiquement de l’équation –, le pitch de Predators n’a pas changé d’un iota. A l’instar du premier volet, les fondations se posent ici en unique prétexte à accoucher d’un actioner buriné et purement divertissant : parachutés en milieu hostile, une escouade de durs à cuire se retrouve rapidement confrontée à une petite ribambelle de créatures invisibles et redoutables. Point à la ligne. Aficionados du métrage originel, Rodriguez évite ici les prises de risques qui avaient éloigné Predator 2 de l’esprit de son prédécesseur, et plonge de nouveau ses protagonistes au sein d’un enfer vert et moite particulièrement propice au jeu de cache-cache meurtrier. L’unique véritable nouveauté tiendra dans les lieux de l’affrontement, l’histoire se déroulant dans ce troisième opus sur une planète inconnue. Ce qui ne change dans tous les cas absolument rien en matière d’esthétique, Predators exploitant pleinement son aspect jungle volontairement copiée-collée. Revendiquant fièrement sa dimension « film de fan tourné pour les adorateurs de la bestiole de Stan Winston », l’œuvre posée sur bobines par Nimrod Antal se positionne en un pur produit des eighties. Classique, bourrin, décérébré, Predators s’impose en heureuse déclinaison du mythe et botte en touche toute notion d’originalité : le cinéaste se limite à matérialiser un affrontement pétaradant de près d’une heure quarante, sans jamais chercher à lorgner vers le pourquoi du comment. Ultra-rythmé, Predators se targue d’un volontaire manque de consistance scénaristique mais cumule parallèlement les séquences musclée tartinée à l’hémoglobine généreuse. Sans prendre le temps de véritablement présenter ses personnages – quelle importance ? –, Antal matérialise une mêlée tonitruante avec un appétit carnassier.

 

 

Déroulé sur le même schéma que l’opus fondateur, Predators s’autorise malgré tout quelques séquences d’exploration avant de laisser la ribambelle de fous de la gâchette vider les chargeurs sur tout ce qui bouge. Si la tension n’est pas véritablement le fort du métrage, la mise en place des éléments se limitant à de sommaires présentations avant de rentrer dans le vif du sujet, le tout se montre suffisamment viscéral pour tenir en haleine. Partiellement re-designées, les créatures présentent un look plus barbare et animal que sur les précédents volets, Rodriguez et Antal ayant opéré à une fusion d’éléments organiques et métallisés en lieu et place de l’armure high-tech d’antan. Efficace, à l’instar des très nombreuses bastons qui émaillent le métrage. Antal parvient en effet à contourner la prévisibilité de son script par une brutalité de tous les instants, ainsi que via un petit chapelet d’agréables surprises. Au-delà des inévitables trahisons / alliances /  revirements de situations, le cinéaste s’éloigne notamment le temps de quelques scènes de la végétation foisonnante pour se perdre dans les couloirs étroits d’un engin abandonné. Bien qu’anecdotique, le changement de décor insuffle une légère variété aux images, qui s’inscrivent le temps de quelques minutes dans un registre de science-fiction plus conventionnelle. Un probable clin d’œil à Alien et ses couloirs sombres et inquiétants, référence perdue au milieu des très nombreuses marques de respect au Predator de John McTiernan. Antal s’approprie pêle-mêle la chute dans la cascade, la confection de pièges à destination des extra-terrestres, le militaire et sa gatling fumante ou encore le cultissime affrontement final barbouillé de boue et de testostérone. Hommage maousse costaud au film d’action qui ne prend pas le temps de respirer, Predators se montre de plus fabuleusement capturé par un Nimrod Antal très à l’aise avec une réalisation classique et sans fioritures inutiles.

 

 

Dévoilé par son Motel, habile résurgence moderne du Psychose d’Alfred Hitchcock, Antal emballe ce Predators d’une réalisation presque datée et parfaitement adaptée au projet. Si le choix pourra rebuter les jeunes générations, il se rapproche néanmoins au plus près du travail de McTiernan, le réalisateur évitant ici de lorgner vers une quelconque épilepsie visuelle. Lisibles, claires et dénuées d’effets fatiguant, les images se veulent brutes et en accord avec la violence exacerbée voulue par le tandem Antal / Rodriguez. Exit les ajouts numériques, Predators ne fait que rarement appel aux CGI afin de privilégier cascades et  maquillage. Un choix judicieux qui confère au métrage une véritable authenticité, les modélisations par ordinateurs – les attaques de cerbères aliens – s’avérant plus que décevantes. Côté casting, Predators trouve également parfaite vitrine à son jouissif manque de finesse à travers une galerie de gueules particulièrement savoureuse. Aidé par une succession de lignes de dialogues bien lourdaudes – « Comment on les tue ? Comme on peut ! », « Qui es-tu ? Je suis en vie » –, les acteurs cabotinent à merveille dans leurs rôles d’abrutis à la gâchette facile. Radicalement éloigné de son registre de prédilection, Adrien Brody est étonnamment convaincant en chef de meute. Dommage cependant de n’avoir exploité le massif Danny Trejo que le temps d’une petite dizaine de minutes, tant ce dernier répondait aux critères physiques nécessaires au projet.

 

 

Sans risquer de quelconque révolution, Predators débarque dans les salles obscures avec la simple volonté de régaler les fidèles de l’extraterrestre belliqueux. Sans temps mort, Nimrod Antal livre le strict nécessaire : une bonne et furieuse rasade d’adrénaline rouge sang. Inutile de chercher plus loin.

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