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Critique Prince des Ténèbres

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John Carpenter n’a pas acquis sa réputation par hasard. Auteur de nombreux films encore cultes aujourd’hui, il a apporté au genre horrifique ses lettres de noblesse, à l’instar entre autres de ses compatriotes Romero et Hooper, pour citer deux réalisateurs également mémorables. Dans les années 80, on lui doit New-York 1997, Christine et The Thing, rien que ça. Mais le film qui peut être considéré comme son chef d’œuvre est  sans nul doute celui où il s’est lâché totalement pour donner libre cours à ses pensées les plus noires : Prince des Ténèbres.

 

 

 

 

Un prêtre de Los Angeles apprend l’existence d’un étrange container gardé secret par l’église. Alors qu’un changement dans l’air est perceptible, il fait appel au professeur Birack, aidé  de ses meilleurs élèves, afin d’analyser le liquide contenu dans ce dernier. Une substance qui serait la preuve de l’existence du diable, quel que soit son origine ou sa forme. Birack et ses étudiants prennent leurs quartiers dans l’église désaffectée où est gardé le container. Dès lors, les évènements vont se précipiter et l’horreur se réveiller. Carpenter s’est affirmé dès ses premiers films comme un expert dans un domaine tout particulier : le film de siège. Assaut, The Thing dans une moindre mesure, montrent à quel point Carpenter se montre à l’aise dès lors qu’il s’agit de faire monter la tension dans un lieu fermé, défini. Prince des Ténèbres est l’archétype même du film de siège. Un lieu clos – ici une église – et des assaillants – des clochards, en l'occurence –. Mais le principal changement tient dans le fait que l'ennemi est à l’intérieur, décimant les occupants un à un, ces derniers se voyant massacrés dès lors qu’ils mettent un pied dehors, comme le constateront deux membres de l’équipe scientifique. Le danger venant de toute part, le spectateur assiste alors à un déroulement de l’intrigue, certes classique, mais surtout on ne peut plus tendu jusqu'à un final que l’on devine forcément sombre. Le film s’affirme comme sans espoir pour l’humanité, balayant les velléités de tous, scientifiques comme hommes de foi. Et c’est là, la plus grande force de Carpenter. Il conduit  son récit de main de maître, ne laissant rien au hasard – le coup au coude qui devient marque du Prince des Ténèbres –  et embarque ses personnages vers un voyage qui ne laisse aucune place à une fin heureuse.

 

 

Carpenter offre avec Prince des ténèbres sa vision personnelle de l’apocalypse, en abordant cette fois-ci – après les aliens, les psychopathes  et une voiture maléfique, entre autres – le duel Dieu / Diable mais sous l’angle de la science. Et c’est là l’une des forces du métrage. Abordé d’un point de vue scientifique – le seul religieux de l’histoire apparait faible et peureux –, la naissance de l’Antéchrist se révèle totalement différente de celles des  autres films – La malédiction pour citer l’un des meilleurs –. Le récit avance un aspect claustrophobe prononcé, où visions futuristes et possessions démoniaques pullulent, ne laissant que terreur et cauchemars aux pauvres hères  cloitrés dans l’église, désemparés devant l’impuissance de leurs certitudes scientifiques. A défaut de les rassurer et les aider, ces dernières ne feront que les pousser encore plus vers la folie. Et là où Carpenter surprend encore, c’est  par le lieu choisi. L’église n’a plus son rôle de refuge mais devient au contraire le lieu d’accueil d’un être inhumain, antithèse de Dieu, dont on ignorera jusqu’au bout la provenance exacte. Le film regorge de séquences proprement terrifiantes et on se prend souvent à être au minimum tendu, au plus effrayé par les évènements qui se déroulent sous nos yeux. On peut citer à titre d’exemple la possession de la radiologiste ou bien encore le black possédé qui chante l’hymne américain. Mais ce n’est rien comparé à Ze séquence, la tentative – réussie ou pas, faudra voir le film pour le savoir – de faire venir l’Antéchrist au travers d’un miroir, scène hallucinante de par sa teneur réaliste malgré ce qu’elle montre. Un bras de cet être vaut toutes les créatures démoniaques des autres films et on ne peut que frissonner devant l’aspect impressionnant de cet anti-Dieu.

 

 

Carpenter sait s’entourer d’acteurs qui, à défaut d’être célèbres – si l’on excepte Kurt Russel – sont souvent justes, et ce malgré leur inexpérience. Roddy Pipper et Jamie Lee Curtis peuvent en témoigner. Dans Prince des Ténèbres, John Carpenter fait appel à des acteurs inconnus pour la plupart. Jameson Parker et Lisa Blount, les deux héros, parviennent ici à nous faire croire en leurs aventures malgré un charisme d’huitre – cela semble contradictoire mais c’est justement une des forces de Carpenter –, le talent de faire toujours sonner juste ses images et ses idées, en dépit de l’incrédulité que l’on peut avoir a priori. Sans cela, impossible de s’impliquer émotionnellement et il le faut pour nous terroriser juste en un plan montrant une main s’approcher  d’un miroir. On peut également citer la présence du toujours impeccable Donald Pleasance qui,  après Halloween,  retrouve Carpenter dans le rôle d’un prêtre dépassé par les évènements. Carpenter avait un faible budget pour donner vie à ses idées, aussi n’est-il pas surprenant de le retrouver sur différents postes tels que compositeur et scénariste  – sous un nom d’emprunt –.  La musique de Prince des Ténèbres est parvenue à s’imposer comme l’une des plus terrifiantes de l’histoire du cinéma et Carpenter prouve encore une fois son talent dans le domaine après ses superbes thèmes pour Halloween ou New-York 1997, pour ne citer que ceux-là. La basse est un instrument régulièrement utilisé par Carpenter et il parvient en quelques notes à instaurer un climat pesant et terrifiant.

 

 

John Carpenter atteint l '’excellence avec Prince des Ténèbres et démontre que le talent ne se mesure pas au nombre de billets mis sur la table. Revanchard après l’échec injustifié de Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, il se permet une récréation mineure qui finira par s’imposer comme l’un des films les plus terrifiants du cinéma grâce à une réalisation maitrisée et un sujet traité de manière originale. On se laisse à penser de ce qu’il aurait pu faire si on lui avait accordé des budgets confortables. A l’heure où le fantastique se morfond et tourne en rond plus qu’il ne se régénère, cela laisse augurer du meilleur pour son prochain film – enfin ! –, The Ward, prévu avant la fin de l’année.

Auteur : TONTON

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Votre réponse :

Chris 04-06-2013
Très bien écrit!

 

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