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Critique Prisoners of Power : Battlestar Rebellion

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Arcadi et Boris Strougatski se profilent aujourd’hui comme les fleurons de la science-fiction soviétique. Longtemps condamnés à produire leurs romans dans une totale clandestinité, les deux auteurs auront contribués à imposer une littérature nouvelle et moderne à un pays sclérosé par la censure. Reconnus chefs de files d’une certaine forme de contre-culture, les Strougatski restent pourtant relativement méconnus au-delà de leurs frontières, et ce malgré diverses débuts d’adaptations en matière de divertissements vidéo-ludiques ou cinématographiques. Récompensé au festival de Cannes, Stalker s’était profilé comme une parfaite transposition imagée des écrits dont il s’inspirait. Mis en boîte trente ans après ce premier essai, le blockbuster Prisoners of Power : Battlestar Rebellion puise aujourd’hui sa moelle épinière au sein du roman L'île habitée. Et tente le space opera maousse-costaud qui déménage. 

 

 

Sur le papier, Prisoners of Power : Battlestar Rebellion n’est pas sans rappeler quelques monuments cultes du cinéma de science-fiction. Un registre fleurissant au cours des seventies / eighties, ce dernier offrant aux cinéastes des terrains de jeux illimités et propices au développement d’idées novatrices et délirantes. Voyages spatiaux grandiloquents, batailles spatiales explosives ou encore univers à l’architecture démesurée, la science-fiction aura longtemps été l’apanage de geeks en rupture totale avec toute notion de réalisme. Si le genre s’est par la suite grandement diversifié, celui-ci restait à l’origine synonyme de conquêtes et de découvertes de mondes inconnus – La Planète des Singes, Star Wars ou encore Star Trek –. La notion d’avenir indéterminé et sans lien particulier avec notre présent restait à ce titre l’une des composantes essentielles à la construction narrative des œuvres fantastiques de la première vague. C’est à cette vision pionnière du genre que se rattache aujourd’hui Prisoners of Power : Battlestar Rebellion. Rien d’étonnant au vu de l’antériorité du roman, initialement publié en 1969. Le récit installe ici ses fondations en 2157. Maxim Kamerrer, 22 ans, s'écrase sur Saraksh, une lointaine planète habitée confrontée pendant plusieurs décennies à une guerre nucléaire. Le vaillant cosmonaute va découvrir une mystérieuse terre régie par les Pères Inconnus, cinq gouverneurs anonymes manipulant la conscience des habitants par le biais d'émetteurs spéciaux. Ce dernier va rapidement être amené à prendre la tête d'un mouvement rebelle visant à défier les dirigeants de ce monde à la paix fragile. 

 

 

Lien de cause à effet quasi-inévitable, Prisoners of Power : Battlestar Rebellion se profile comme un parfait produit de l’âge d’or de la science-fiction américaine. Difficile de ne pas voir dans ce blockbuster soviétique les réminiscences de La Guerre des Etoiles, voire même du travail de Franklin J. Schaffner sur La Planète des Singes. Le métrage de Fyodor Bondarchuk se rattache à cette orientation désormais un peu naïve de la science-fiction et à son approche ultra-colorée. Complètement débridé, l’univers de Prisoners of Power : Battlestar Rebellion présente un futur un peu rétro, voire parfois plutôt kitsch. Si l’effet n’est pas foncièrement désagréable, le travail de Bondarchuk s’avère de ce fait un brin dépassé, d’autant plus que le scénario du métrage présente une fâcheuse tendance à partir dans tous les sens. Une étonnante spécificité du fantastique russe de ces dernières années. A l’instar de Night Watch / Day Watch, Prisoners of Power : Battlestar Rebellion se montre joyeusement foutraque, à tel point qu’il s’avère parfois difficile de cerner les tenants et les aboutissants du métrage. Les frontières entre les bons et les méchants restent relativement tenues, les alliances se construisant de manière parfois relativement floues. Malgré un synopsis des plus classiques, cette construction narrative chaotique plombe les enjeux dramatiques du film. Reste à  Prisoners of Power : Battlestar Rebellion un côté divertissant bien troussé, le travail de Fyodor Bondarchuk ayant bénéficié d’une enveloppe budgétaire plus que correcte.

 

 

Si le travail visuel opéré sur ce Prisoners of Power : Battlestar Rebellion ne viendra pas concurrencer les derniers travaux américains en date, les effets spéciaux se montrent relativement corrects. A condition de laisser vibrer la corde nostalgique, le métrage de Bondarchuk risquant de se voir attribuer une étiquette ringarde auprès des plus jeunes générations. Le cinéaste y a cependant mis les formes. Les bagarres et autres explosions numériques rythment correctement le métrage, ce dernier se voyant de plus emballé avec une certaine maitrise. Bien que Prisoners of Power : Battlestar Rebellion se présente comme une grosse série B bien musclée, Fyodor Bondarchuk apporte un soin appréciable à son approche artistique. Un bon point, qui compense en partie un casting de bras cassés sombrant dans le sur-jeu permanent. Vasiliy Stepanov est incontestablement le gros point noir du projet. Visiblement engagé pour son physique de jeune premier, l’acteur livre une piètre prestation de bellâtre au sourire colgate et à la permanente nickel-chrome. Constamment bloqué sur la touche « sourire niais », Stepanov n’est absolument jamais crédible dans la peau du sauveur de la galaxie. Les limites de son jeu fulminent d’ailleurs à l’occasion d’un final grotesque, au cours duquel héros de supérette et méchant très méchant se hurlent dessus à gorges déployées. Dommage.

 

 

Malgré de très nettes carences, Prisoners of Power : Battlestar Rebellion est une curiosité qui se laisse regarder. Construit sur un script intéressant, si ce n’est culte, cette adaptation « souffre » probablement d’une approche du cinéma et d’une culture parfois éloignées des normes américaines. L’expérience reste cependant intéressante, ne serait-ce qu’afin d’établir un premier contact avec l’univers des frères Strougatski.

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Manolovitch 09-08-2012
A noter qu'en Russie l'histoire à fait l'objet de deux films, un sorti en 2008 et sa suite sortie en 2009.
Il est fort probable que la version qui nous est arrivée soit un remontage des deux, d'où une certaine incohérence et des maladresses de montage.

 

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