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Critique Rampage - Sniper en Liberté

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Prononcer le nom de Uwe Boll peut provoquer nausées et migraines à votre entourage, spécialiste des adaptations de jeux vidéo foireuses – House of The Dead, BloodRayne et Alone in the Dark en tête, le bonhomme est rapidement devenu la risée du public en s’affublant du titre de plus mauvais réalisateur aux côtés de l’indétrônable Ed Wood. Penchant plus du côté du businessman que du cinéaste et avec une fâcheuse tendance à transformer tout ce qui touche en nanar sans le côté plaisant, celui que l’on surnomme Master of Error redresse aujourd’hui la barre et met une grosse claque à ses détracteurs en prouvant que malgré tout ce que l’on dit sur lui, il peut faire preuve de talent et ce Rampage - Sniper en Liberté en est la preuve. Un film choc qui dresse un portrait au vitriol de la société américaine et d’un de ses adolescents au bord de l’explosion.

 

 

Bill est un ado perturbé et foutrement nihiliste très loin d’être en phase avec la société et son entourage. Petit génie de l’électronique et de la mécanique vivant encore chez ses parents, il se construit une sorte d’armure en Kevlar résistant aux balles et s’en va faire un massacre dans sa ville en dégommant tout ce qui bouge. Même si la critique sociale et politique de Rampage reste tout de même survolée dans l’ensemble, le tronçon de vie de son protagoniste respire la violence et la frustration. Dès la lecture du pitch et à la projection des premières images, le spectateur ne peut s’empêcher de penser au drame de Columbine, incident le plus représentatif après avoir été mis en  lumière au monde entier par Michael Moore dans son Bowling for Columbine, mais beaucoup plus poignant à travers le métrage inspiré des mêmes faits de Gus Van Sant, Elephant. Si on devait le comparer, Rampage serait – entre autres – une sorte de mélange entre Chute Libre pour sa révolte d’un homme contre la société et The Lost pour son ado déséquilibré faisant office de véritable bombe à retardement. Son adaptation chaotique mais sympathique de Postal avait déjà titillé les zygomatiques d’une partie de son public – détracteurs ou fans, et il ne faudra pas compter sur notre trublion pour se calmer tant la violence gratuite fait rage, dans un ton cependant beaucoup plus sérieux mais tout aussi fun.

 

 

Bien que le bonhomme ne s’intéresse pas spécialement aux jeux vidéo – cette direction cinématographique est uniquement financière, ce qui explique en partie les adaptations minables portées sur pellicule, Rampage jouit d’une touche run and gun où son protagoniste se balade en ville en prenant un malin plaisir à dézinguer tous ceux qui se trouvent sur son passage. Une mise scène nerveuse au plus près du personnage avec une approche très réaliste et brutale rendant l’action parfois difficilement lisible, faute à une utilisation outrancière de la shaky cam et d’un montage cut. En nous présentant le massacre innommable perpétré par Bill, Uwe Boll n’hésite pas une seule seconde à insuffler à sa bande un certain second degré où l’humour noir se fait volontiers une place, l’auditoire assistant par exemple à la mise à mort d’un barman dont l’exécution ne dépend que de la qualité de son macchiato ou de l’irruption plutôt improbable de notre ado en pleine partie de bingo du quartier. La faiblesse de Rampage – qui relève peut être plus d’un choix de traitement – réside principalement dans son approche sociétale et politique qui fait office d’arrière plan. Bien que cet aspect soit la raison même de la décision radicale prise par le protagoniste, Uwe Boll se limite à balancer quelques extraits de journaux télévisés en fond épaulés par les monologues de comptoir de l’ami de Bill. Le traitement s’en voit ainsi feuilleté préférant se centrer sur son personnage principal. Si le réalisateur tente de mettre en avant une critique sociale un peu légère par moment, les actes du protagoniste paressent assez exagérés mais ce choix probablement volontaire renforce de plus belle la gravité voire l’absurdité d’une telle situation. Rampage ne vous fera certainement pas méditer sur les problèmes de la jeunesse mais regarder notre monstre en pleine action divertit au plus au point.

 

 

La vraie force du métrage demeure incontestablement aussi bien dans l’écriture du personnage de Bill que dans l’interprétation sans faute d’un Brendan Fletcher toujours au top (Freddy contre Jason, Tideland, 88 minutes). Facilement identifiable au personnage de Ray Pye dans The Lost, Brendan Fletcher campe ici un ado paumé, froid et calculateur en marge de la société jouant un rôle de façade pour dissimuler un mal être profond. Tous deux s’imposant comme de vraies bombes à retardement, la seule différence est que l’un d’eux est déjà passé à l’action n’attendant qu’un second dérapage pour déchainer sa folie. A travers une première partie parsemée d’images du futur massacre perpétré par Bill, le spectateur sait immédiatement ce qui va se passer et assiste, impuissant – avec bien évidemment un brin d’impatience – à la préparation de la tuerie sans avoir le moindre doute quant aux intentions du personnage, pourtant relativement paisible en apparence. Il ne faudra pas attendre très longtemps puisque l’action représente environ 80% du métrage. Un ado à la personnalité complexe qui, bien que prônant sa volonté de faire une bonne action et d’aider les gens à sa façon, cache surtout un malaise intérieur et un égocentrisme accru. Si Rampage s’essouffle légèrement sur la longueur et manque d’un peu de profondeur pour être réellement abouti, la réalisation percutante et l’interprétation parfaite de son premier rôle en font un métrage très réussi et incisif.

 

 

Les détracteurs de Uwe Boll auront beau dire ce qu’ils veulent, il faut reconnaître que notre businessman a plu d’un tour dans son sac et Rampage se hisse bien plus haut que certaines pellicules accouchées par les réalisateurs les plus talentueux. Il est temps de laisser vos préjugés de côté et de profiter du spectacle.

Auteur : TIBO

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