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Critique [Rec]²

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A l’instar d’un 28 Jours plus Tard, [Rec] avait su lors de sa sortie astucieusement réinventer le film de zombies. Sous-registre horrifique codifié et plutôt paresseux à se détacher des fondements institués par Georges A. Romero quelques décennies plus tôt, le genre gagnait grâce à l’approche technique de Jaume Balagueró et Paco Plaza un dynamisme et une tension presque inédite. Erigés manu-militari en nouvelles coqueluches du cinéma Espagnol, les deux cinéastes se contentaient pourtant de ré-adapter une formule de cinéma-vérité déjà expérimentée par Le Projet Blair Witch en son temps, mais accompagnée dans le cas présent d’une rythmique parfaitement adaptée à la nervosité des plans. Un emballage plutôt aguicheur qui ne faisait pourtant pas de [Rec] un film indispensable, la faute à un scénario négligé et déjà-vu. Une carence en partie rattrapée par cette première séquelle.

 

 

Rapidement mise en chantier, cette suite pouvait laisser présager d’un résultat bâclé et uniquement posé sur bandes dans l’espoir de surfer le plus tôt possible sur l’effet de mode engendré par le premier opus. En a peine douze mois, les témoignages filmiques capturés en caméra-épaule semblent en effet éclore dans tous les recoins, sans pour autant réellement atteindre l’effet escompté : instituer un suspens de tous les instants. Proches de leur objectif avec [Rec], malheureusement handicapé par quelques longueurs dommageables, Balagueró et Plaza témoignent de la même approche technique mais construisent un métrage nettement plus bourrin et décomplexé. Evitant le changement de cap constaté sur une séquelle comme Blair Witch 2, les deux cinéastes tentent le copié-collé pur et simple : même immeuble, construction des séquences similaire, scènes d’attaques zombiesques en tous points identiques et ultime hommage, conclusion capturée en vision nocturne flippante à souhait. Pourtant, [Rec]² parvient à s’éloigner du vulgaire copycat pour habilement prolonger les lignes scénaristiques établies par son successeur. Alors que le premier film se contentait de s’ériger sur une histoire de contamination bête et méchante, le binôme prend ici le risque de s’orienter vers une voie totalement nouvelle et différente afin de commencer à apporter des éléments de réponse. En greffant à leur métrage des explications radicalement opposées à la notion habituelle du « virus responsable de mutations », Balagueró et Plaza impriment à leur travail une certaine audace ainsi qu’une réelle volonté d’évolution. Un choix à double-tranchant qui, s’il risque de rebuter certains aficionados du premier film, apporte à [Rec]² une personnalité propre et oriente  la franchise vers un registre plus fantastique.

 

 

Si le scénario marque de très bons points d’entrée de jeu, Balagueró et Plaza le laissent pourtant sombrer en fin de course dans un étrange gloubi-boulga irrationnel au possible, ces derniers usant d’un ressort tiré par les cheveux afin d’expliquer la difficulté rencontrée par les protagonistes à mettre la main sur la porteuse souche de l’infection. Décevant, mais malgré tout excusable, les deux réalisateurs parvenant cette fois-ci à passer outre les cassures rythmiques bien ancrées sur le premier volet. Fun et déjanté, [Rec]² dépote sévère. Réduite à peau de chagrin, la séquence introductive laisse rapidement place à une approche cinématographique presque vidéo-ludique qui contribue encore d’avantage à l’explosivité du concept. Exit l’unique caméra du premier opus, les deux cinéastes usent cette fois-ci de toutes les sources vidéos disponibles afin de diversifier les points de vues. Particulièrement efficaces, les optiques montées sur les casques des militaires permettent à [Rec]² de s’habiller d’une ribambelle de scènes proches du first person shooter, moments de bravoures plutôt propices à faire grimper le taux d’adrénaline et à renforcer l’implication du spectateur dans le métrage. La multitude de points de captation offre parallèlement aux cinéastes la possibilité de se lancer dans les splits-screens – rares et de ce fait jamais handicapants concernant la bonne tenue artistique de l’ensemble – et, plus surprenant, d’aborder leur histoire selon deux axes bien distincts. Car si [Rec]² suit dans un premier temps l’entrée dans l’immeuble d’une équipe d’intervention, le métrage repart subitement de zéro passé son premier tiers afin de suivre le cheminement d’une bande de gamins en recherche de sensations fortes. Bien que les deux segments se recoupent sans surprise pour ne former qu’un au moment du final, l’approche s’avère très efficace et originale.

 

 

Techniquement, Balagueró et Plaza témoignent une nouvelle fois d’une impressionnante maitrise. Bien que capturée en caméra-épaule, la franchise demeure pourtant étonnamment peu fatigante. Loin des dérives parkinsoniennes d’un Cloverfield, [Rec]² se montre très lisible et ne cumule que peu de successions de plans propices à coller un sévère mal de mer. Très soignés, les plans séquences s’enquillent sans accrocs, la direction photo sublimant une nouvelle fois le tout en trouvant le juste milieu entre image documentaire et esthétique cinématographique. Moins convaincante, la direction d’acteur déçoit malheureusement légèrement, les nouveaux protagonistes étant loin de rivaliser avec le charisme d’une Manuela Velasco - Angéla Vidal - ici clairement sous-exploitée. Uniquement disposés là en chair à canon, les petits soldats disparaissent pour leur part du tableau sans qu’on ne prenne véritablement le temps de mémoriser leurs patronymes. Le probable retour de bâton au rythme effréné imposé par les deux cinéastes sur leur travail. Mention spéciale côté acteurs à Jonathan Mellor - Le prêtre dr. Owen -, qui livre une prestation véritablement mauvaise et horripilante en forçant systématiquement les traits d’un personnage déjà pétri de clichés. Regrettable. 

 

 

Bien que non exempt de défauts, [Rec]² est un divertissement relativement burné et sympathique. Une bonne suite, qui n’hésite pas à pousser le concept initial là ou ses géniteurs auraient pu se contenter d’un simple duplicata. Plutôt bien trouvé, le twist final ne laisse plus aucun doute possible concernant la pérennité de la franchise. Vivement la suite. 

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