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Critique [Rec]³ Génesis

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Le succès de la franchise [Rec] aidant, Jaumé Balaguero et Paco Plaza semblent aujourd'hui constituer un binôme indissociable. C'est pourtant oublier le passé respectif de chacun des deux réalisateurs. Auteurs d'œuvres indépendantes remarquées, les deux compères ont décidé de laisser libre cours à leur créativité en intervenant seuls sur les prochains segments. Si Plaza ouvre le bal avec [Rec]³ Génesis, son partenaire conserve cependant un œil sur le projet en co-signant le scénario. La tendance s'inversera dans quelques mois à l'occasion de la sortie de [Rec] : Apocalypse. Les deux réalisateurs abordent à l'occasion de ce double-projet l'histoire en usant d'un effet miroir amusant, l'épisode de Plaza se profilant en préquelle là ou celui de Balaguero se chargera de conclure les événements relatés sur les premiers opus. Reste à savoir si les cinéastes articuleront leurs travaux sous la forme d'une thèse / anti-thèse chargée d'imposer une rupture par rapport au cadre jusqu'ici imposé par la saga, Paco Plaza livrant de son côté une copie assez déroutante sur le fond comme sur la forme.

 

 

Rapidement emballé suite au ras de marée provoqué par le premier épisode, [Rec]² avait su apporter des éclaircissements nouveaux. Ultra-dynamique et émaillé de jump-scares particulièrement bien ficelés, le métrage laissait malgré tout quelques questions en suspens. Une quasi-nécessité justifiée par la volonté de prolonger la franchise dans le temps. Loin des standards Américains, [Rec]³ Génesis ne joue pourtant pas la carte de la sécurité en s'imposant comme un vulgaire duplicata. Plaza délocalise son histoire, annonce une approche artistique bien différente et livre un produit final qui dénote férocement avec les deux précédents opus. Exit l'immeuble du centre ville, les ténèbres omniprésents et les déambulations de couloirs, le pitch annonce clairement le changement. Le virus fait cette fois apparition lors de la cérémonie de mariage de Koldo et Clara. Durant la soirée, Tonton Victor, vétérinaire mordu par un chien qu'on croyait mort dans l'après midi, développe un comportement anormal jusqu'à devenir soudainement agressif. En quelques instants, une incontrôlable vague de violence s'abat sur la fête et le rêve vire au cauchemar. Séparés au milieu de ce chaos, les mariés se lancent alors dans une quête désespérée pour leur survie. En s'engageant sur la voie du préquel, Paco Plaza semble céder à une tendance particulièrement actuelle. Si l'optique de revenir aux origines du mal avait de quoi séduire, le cinéaste n'en use pourtant à aucun moment. Les événements relatés par [Rec]³ Génesis se déroulent légèrement en amont des deux précédents films, mais le métrage n'amène aucun véritable élément nouveau dans l'équation. La « Génèse » mentionné ici fait davantage mention aux écrits bibliques, références offrant à Plaza l'occasion d'insérer le rapport à la religion de manière plus prégnantes. Si le renforcement des séquences de bondieuseries restent cohérentes par rapports à la conclusion avancée par [Rec]², le choix n'offre rien de particulièrement intéressant à une pellicule qui s'impose uniquement par son approche gore et fun.

 

 

Contrairement à ses prédécesseurs, [Rec]³ Génesis reste une œuvre mineure et dispensable. Paco Plaza prend le risque d'aborder son travail sous la forme de la série B, et témoigne de ce fait d'une approche totalement décomplexée. [Rec]³ Génesis se détache ainsi quasi-intégralement du carcan imposé par la franchise. Le cinéaste abandonne d'ailleurs très rapidement la mise en boite caméra-vérité pour emballer une péloche d'enternaiment dans les règles de l'art. A contre-courant, Plaza s'amuse même de la tendance actuelle en installant son climax via des images found-footage chargées d'opérer le lien avec le style des deux précédents volets. Passé ce prélude volontairement chiantissime, le métrage déroule un chapelet de séquences burinées, sans véritable objectif que celui de verser dans le délire le plus total. Très proche d'un Grindhouse sauce Rodriguez dans sa composition intrinsèque, [Rec]³ Génesis offre les images les plus sanguinolentes de la saga. Si l'œuvre de Paco Plaza frôle d'ailleurs le nanardesque à l'occasion de quelques dialogues faisandés, l'ensemble se rattrape parallèlement en se jouant avec une certaine malice des poncifs du genre. Marié en armure déglinguant du zombie à la masse d'armes, Bob l'éponge pédophile ou encore prêtre dévôt à l'instinct de survie particulièrement affuté, le métrage de Plaza accumule les personnages délirants à la durée de vie forcément limitée. Cerise sur le gâteau, [Rec]³ Génesis glisse au premier plan une marié sexy en diable armée d'une tronçonneuse, option robe fendue en sus. Dopé à la testostérone et complètement allumé, le métrage déboule à cent à l'heure et fulmine dans un final saignant à la fois sombre et terriblement romantique. Furieux. [Rec]³ Génesis ne verse pourtant pas intégralement dans le comique horrifique, et peine parfois à trouver une orientation clairement déterminée. Plaza insère en effet de ci et là quelques passades au suspens tendu - les retrouvailles des fiancés - qui dénotent férocement avec l'aspect très buddy-movie de la bobine. Si l'association n'est pas foncièrement incompatible, Paco Plaza laisse parfois le sentiment de ne pas savoir sur quel pied danser.

 

 

Bien que [Rec]³ Génesis nécessite d'être visionné avec un regard neuf, le réalisateur livre malgré tout un film particulièrement soigné sur le plan esthétique. Emancipé de la réalisation caméra-épaule, Plaza prend davantage le temps de s'attarder sur ses cadrages. En résulte quelques passades particulièrement bien troussées, à commencer par une séquence crépusculaire de retrouvailles entre la mariée et une parente zombifiée, capturée sous une pluie battante. Un enchevêtrement de plans à couper le souffle, qui offre enfin l'opportunité à Paco Plaza de laisser s'exprimer son penchant artistique. Forcément plus travaillée que sur les précédents segments, la réalisation de Paco Plaza n'en oublie pas l'urgence propre à la série. Nerveux et dynamique, son travail ne sombre pourtant jamais dans l'illisibilité. L'habillage quatre étoiles dont bénéficie [Rec]³ Génesis lui confère un cachet certain, là ou le contenu reste pour sa part relativement léger. Le contraste s'avère plutôt intéressant. Sans briller, la distribution se montre également convaincante. Leticia Dolera campe une mariée explosive, et parvient à retranscrire avec brio l'évolution progressive de la sensibilité à la barbarie la plus totale. Une transformation du personnage qui contrebalance à merveille avec le physique délicat de l'actrice. Amusant.

 

 

Avec [Rec]³ Génesis, Paco Plaza témoigne d'une approche plutôt risquée. Si l'ensemble s'avère fendard par son second degré, le métrage se place indiscutablement en marge de la franchise et ne se profile que comme un agréable bonus. L'orientation dont fait preuve ce troisième volet laisse de plus inévitablement planer un certain suspens autour de l'approche adoptée par Balaguero pour [Rec] : Apocalypse, forcément très attendu.

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