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Critique [Rec] 4 : Apocalypse

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Jaume Balagueró prend sa revanche. Complice de Paco Plaza sur la franchise [Rec], dont ils signeront à quatre mains les deux premiers épisodes, ce dernier marque son retour à la réalisation après plus de trois années d’absence. Le concept initial était clairement annoncé dès la pré-production : Plaza assurait un troisième opus en forme de préquelle, Balagueró dirigeant pour sa part le volet final. Les deux films sont de ce fait envisagés comme les deux faces du miroir, et répondent à un cahier des charges commun. [Rec] 3 : Génésis avait su malicieusement réinventer les codes de la franchise en abandonnant une approche found-footage désormais surannée, mais restait plutôt avare côté révélations. Rebelote pour ce [Rec] 4 : Apocalypse. Loin de l’explosion finale attendue, le métrage de Jaume Balagueró ne parvient jamais à s’affranchir véritablement de sa condition de bis efficace mais inutile.

 

 

L’annonce du titre laissait présager un run final démesuré dans les rues de Barcelone. Que nenni. Balagueró privilégie en effet une certaine continuité dans l’ambiance, et libère donc ses zombies dans les couloirs d’un bateau perdu en pleine tempête. [Rec] 4 : Apocalypse recycle donc sans vergogne l’esprit claustro et oppressant des deux premiers volets en opérant à une légère modification de décorum, point barre. Le cinéaste utilise par ailleurs un argument choc afin de légitimer l’affiliation du métrage aux débuts de la franchise : Angela Vidal. Le scénario opère donc une pirouette rapide afin d’expliquer le retour de la journaliste, furieusement mise à mal dans la conclusion du second volet. Seule « survivante » des événements de l’immeuble, cette dernière est placée en quarantaine sur un navire ultra-sécurisé. Alors qu’une équipe de scientifiques travaille à l’élaboration d’un antivirus, un animal contaminé s’échappe et mord l’un des membres de l’équipage. Here we go again. [Rec] 4 : Apocalypse fait dans la matière brute. Si le film se montre certes efficace et sans concessions, la paresse de son scénario lui confère une étiquette de déjà-vu et une impersonnalité dommageable. Difficile à ce titre pour Balagueró de s’affranchir d’une bobine véritablement épique.

 

 

A l’instar de sa préquelle, [Rec] 4 : Apocalypse n’apporte rien de véritablement notable à l’histoire de la franchise. Pire, les semblants de réponses apportés torpillent la part de mystère qui entourait encore l’étrange conclusion du second film. [Rec] 4 : Apocalypse verse en effet rapidement dans des élucubrations pseudo-religieuses pour faire le jour sur l’origine de son virus, « rebondissements » qui orientent illico-presto le métrage vers les tendances actuelles en faisant de l’épidémie la résultante d’un énième cas de possession. Bof. Balaguero essaye bien de brosser un métrage en forme de jeu de masques en troublant les intentions réelles de certains protagonistes, mais la mayonnaise ne prend jamais véritablement. [Rec] 4 : Apocalypse déroule mollement ce qu’il reste restait d’idées au tandem Balagueró / Plaza. Autrement dit pas grand chose. La forme dynamite heureusement l’ensemble de façon relativement correcte, bien que le film demeure imparfait sur bien des points. Le cinéaste impose à son travail une rythmique pétaradante, et livre ici le segment le plus énervé de la franchise. L’action prend dès que possible le pas sur l’histoire et ses personnages, Balagueró capturant une impressionnante ribambelle de séquences de couloirs ultra-burinées et généreuses en matière de gros rouge qui tache. Le réalisateur profite pour ce faire du retour de Manuela Velasco, sexy au possible, qui offre à cette frénétique course-poursuite bourrin un côté bad-ass et un petit grain de folie. Appréciable.

 

 

Si [Rec] 4 : Apocalypse tranche dans le dur et s’habille occasionnellement d’une tension rappelant les meilleurs séquences de l’épisode fondateur, l’approche artistique de Balagueró reste discutable. Assurément moins habile que son comparse à réinventer les contours purement formels de la série, celui-ci s’abadonne à de trop nombreuses reprises dans une technique illisible et fatigante. Certaines séquences virent en effet vers un gloubi-boulga d’images épileptiques qui filent la nausée. [Rec] 4 : Apocalypse traduit certes une certaine volonté de faire dans la nervosité afin de présenter à l’écran toute la dangerosité de la situation, mais le produit final assomme plus qu’il ne terrifie. Dommage. Confinés dans des rôles de guerriers de l’océan, les acteurs n’ont de ce fait aucun contraste à retranscrire. Le casting est tout juste correct, variant du militaire dur à cuire pétri de clichés au geek plutôt sympathique. Manuela Velasco reste néanmoins convaincante, et parvient à livrer quelques belles de démence qui offrent au film une étiquette de bis maousse-costaud propre à la consommation.

 

 

[Rec] 4 : Apocalypse est une semi-déception. Bien qu’assez divertissant de par sa dimension purement pétaradante, le travail de Balagueró ne présente jamais la prétention d’être autre chose qu’une prolongation acceptable aux deux premiers volets. La préparation d’un ultime volet aurait mérité une plus grande finesse d’écriture. En lieu et place du feu d’artifice final, [Rec] 4 : Apocalypse se profile comme une excroissance artificielle partiellement mise à mal par une approche vidéo-ludique pif-paf-poum, mais reste néanmoins habité par le charme de Manuela Velasco. C’est déjà ça.

 

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