film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique Red State

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Kevin Smith est un nom qui compte dans le cinéma indépendant américain. Devenu star presque malgré lui avec son premier film Clerks en 1993, il s'est depuis affirmé comme un auteur à part entière à l'aise dans son propre univers cinématographique, incluant lieux, personnages, citations et acteurs communs à bon nombre de ses films (au hasard : Jay et Silent Bob, Ben Affleck ou Matt Damon, etc). Mais en 2011, Smith se lance dans un projet autrement plus sérieux que son univers décalé habituel. Avec par contre un sujet qui lui tient à cœur, la religion et ses dérives. Car Red State est un film sur la religion, avant d'être quoi que ce soit d'autre, et Smith tire à boulets rouges sur les dérives sectaires, en s'inspirant du siège de Waco en 1993 qui fit des dizaines de morts.

 

 

Trois jeunes se rendent à un rendez-vous avec une femme mâture afin d'avoir des relations sexuelles. Mais ils vont rapidement se retrouver drogués puis capturés par une secte de fanatiques religieux menée par un pasteur fou furieux, Abin Cooper, pour qui homosexuels, débauchés et pornographes mènent le monde à sa fin. Aussi, pour purifier ce dernier, décide-t-il de s'en débarrasser. Dans le même temps, l'agent de l'ATF Keenan se voit ordonné de prendre d'assaut la propriété de la secte car celle-ci posséderait des armes à feu en quantité. Kevin Smith aborde on ne peut plus sérieusement son sujet. Point de digressions, de clins d’œil ou de références. Ici, seule l'histoire compte et celle-ci est suffisamment tragique et sombre pour mériter un traitement sérieux. Smith le mène de main de maître, en ne voulant pas aborder de genre particulier. Alors qu'on pourrait se croire devant un nouveau torture porn ou un film d'horreur lambda, Smith déroute son récit vers le film de siège, larguant au passage nombre de ses personnages principaux, se focalisant plus sur les actes et leurs conséquences. Ainsi, les trois adolescents du départ deviennent de simples pions de l'intrigue, presque des figurants au fur et à mesure que le pasteur prend place dans le film. Rapidement, on se rend compte qu'il est le cœur même de Red State, le centre de l'histoire, celui par qui tout va se déclencher. Fascinant, écœurant, charmeur et prédicateur fou, cet homme est un cinglé de première, renvoyant d'ailleurs non seulement à des personnes réels – le leader de la secte des Davidiens – mais également à des bad guys de première classe comme Stephen King sait, par exemple, si bien les créer – pour cela, jetez un œil à Dôme, Le fléau, ou bien encore Bazaar et son maire fou à lier –.

 

 

Ancrant son récit au cœur de l'Amérique profonde, Smith joue la carte du réalisme et n'épargne rien au spectateur. Les morts violentes se succèdent – surtout par balles, trous béants dans l’œil, tête, morceau de crâne planté dans une jambe – et chaque coup de feu fait très mal, essentiellement quand il est inattendu, ce qui arrive plus d'une fois quand le film s'installe dans l'église de la secte. La secte d'ailleurs fait froid dans le dos, évoquant les pires horreurs possibles – laissées bien souvent à l'imagination du spectateur – telles l'inceste le viol, la soumission etc. Le film est court et Smith préfère se concentrer sur son histoire, qui se déroule presque en temps réel par moments, pendant le siège notamment. Renvoyant à des images que l'on a tous vus – surtout avec le siège de Waco – Smith colle à l'action avec un style proche du film de guerre ou du documentaire, ce qui fait mouche mais se révèle parfois mal utilisé, surtout via un montage très abrupt. Là ou Smith se mélange un peu les pinceaux, c'est en voulant s'attaquer au gouvernement – critique du Patriot Act et des bureaucrates –. Jouer sur les deux tableaux fait que l'on en viendrait presque à prendre fait et cause pour ces fous de dieux, particulièrement via la jeune femme qui tente de sauver les enfants. Mais heureusement, ce qu'il présente avant ne peut s'oublier et la secte, malgré son abandon de lutte final, a démontrée tant de bêtise crasse et de délires obsessionnels – Le paradis aux vertueux, l'enfer pour les sodomites et les fornicateurs – que jamais on ne pourrait éprouver de l'empathie avec eux ou cautionner leurs actes. A ce titre la mère de famille dévote fait très très peur.

 

 

Les acteurs ont un rôle essentiel dans ce type de film de part les émotions complexes qui y figurent – peur, amour, haine, dévotion, folie ou incompréhension – et ils s'avèrent tous excellents. Citons à titre d'exemple Michael Parks – le pasteur – terrifiant et hypnotique, ou bien encore le toujours excellent John Goodman – qui a fondu – dans le rôle du chef d'équipe de l'ATF chargé du siège. Kevin Smith occupe les postes de réalisateur, scénariste et monteur et fait un très bon travail à partir du moment où l'on considère qu'il a atteint sa cible, à savoir le fanatisme et ses dérives. Dès la première scène montrant les membres de la secte manifestés à l'enterrement d'un jeune gay – on apprendra plus tard qu'ils l'ont eux-même exécuté – avec des pancartes délirantes (anal penetration= eternal damnation) on sait que la charge sera féroce et on ne se trompe pas en découvrant ce pasteur fêlé et son discours de fin du monde.

 

 

Cru, direct et passionnant, Red State nous montre un Kevin Smith qu'on ne connaissait pas. Abordant de front des thèmes sérieux et dramatiques, l'auteur à l'humour habituellement délirant se jette sans détour dans un thème souvent abordé – il existe un excellent épisode d'Esprits criminels sur le même sujet – en apportant avec lui une volonté farouche de coller le plus près possible aux personnages et à leur devenir, au risque de parfois trop en faire. La fin ne se justifiait pas vraiment dans le sens où elle est presque ironique et moqueuse mais on peut y voir le réel fond de pensée d'un auteur unique dans le cinéma actuel. Aussi, il ne reste plus qu'à attendre une sortie –  en salles? – de cet excellent cru de Smith, les films de ce genre étant rares sur nos écrans.

Auteur : TONTON

Critique vue 9662 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 71+1

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction