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Critique Renaissances

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La tendance estivale est souvent propice aux remakes, séquelles, spin-off et préquelles  en tous genres. Des investissements rassurants pour les producteurs, bon nombre de projets de blockbusters nouveaux ayant connus les affres d’un public à la curiosité désormais étrangement limitée. Lone Ranger, John Carter, 47 Ronin ou encore A la Poursuite de Demain auront notamment été victimes de bâches retentissantes, et ce malgré une approche pop-corn souvent bien fagotée. Bien que doté d’une enveloppe budgétaire nettement moins conséquente, RenaissancesSelf/less en version originale – aura également connu certaines difficultés à trouver son public. Le film avance pourtant de sévères arguments côté casting – Ryan Reynolds, plutôt populaire – comme sur le fond. Réalisé par Tarsem Singh, cinéaste indien injustement méconnu, le métrage peine malheureusement à transcender son excellente idée de départ afin de s’imposer comme un divertissement haut de gamme.

 

 

La technologie poursuivant son avancée, survivre à la mort du corps pourrait devenir une possibilité. Le sujet semble en tous cas passionner les scénaristes, le transfert de l’âme vers un corps « nouveau », qu’il soit biologique ou mécanique, ayant déjà été abordé cette année par le Transcendance de Wally Pfister et dans une moindre mesure par le sud-africain Neill Blomkamp et son Chappie. Renaissances aborde la question sous un angle plutôt inédit, Singh déroulant ici un postulat initial propice au développement d’un discours passionnant sur le droit à chacun de disposer de son propre corps. Etonnamment, le réalisateur du prodigieux The Cell s’éloigne pourtant de l’anticonformisme qui avait jusqu’ici fait sa marque de fabrique. Renaissances se profile en effet comme un métrage classieux mais désespérément classique, le tout s’inscrivant dans un registre SF minimaliste et sans débordements narratifs ou graphiques. Bien qu’alléchant, le scénario se déroule presque en mode pilotage automatique. Magnat de l’immobilier à la fortune inestimable, Damian Hale est rongé par un cancer généralisé. Ce dernier décide alors de se payer un nouveau corps auprès d’une entreprise secrète, qui lui présente sa nouvelle « enveloppe » comme purement synthétique. Damian ne va malheureusement pas tarder à constater que certains souvenirs de l’ancien propriétaire de ce corps lui reviennent par bribes, et va dès lors se retrouver traqué par les scientifiques responsables de son transfert.

 

 

La présence de Tarsem Singh derrière la caméra aurait pu laisser présager une dimension subversive, une radicalité dans le propos ou le traitement de l’image. Renaissances reste pourtant un thriller fantastique gentillet, simple et tout juste efficace. Le cinéaste passe complètement à côté de la puissance dramatique et philosophique du sujet pour verse dans le produit bis superficiel, impersonnel voire parfois assez crétin. Désireux de dynamiser un scénar’ qui n’a finalement pas grand-chose d’intéressant à dévoiler, Singh greffe de ci et là quelques rebondissements / cliffhangers vraiment capillotractés, en plus d’habiller le tout d’une bonne morale foutrement abusive. Alors que le métrage ouvrait la porte à un mindfuck total dans lequel les esprits peuvent changer de corps en deux-trois séquences, voire se partager la même enveloppe charnelle, Singh accouche d’un produit au manichéisme désepérant. Le méchant est une bonne saloperie de scientifique tordu, alors que le héros bien lisse – incarné par Reynolds et son sourire de premier de la classe – dénonce en quelques semaines richesse et pouvoir en faveur de sa quête de vérité. Difficile de faire plus cliché, d’autant plus lorsque le réalisateur saupoudre cette histoire de « rédemption » d’histoires familiales casse-bonbon et tout le tintouin. Renaissances s’affranchit malgré tout du minimum syndical de pétarades, poursuites et autres explosions diverses. C’est déjà ça.

 

 

La légèreté d’écriture dont témoigne ce pur produit de seconde partie de soirée déteint sans grande surprise sur l’implication de ses acteurs. Ces derniers font leur boulot, point. Capable du pire comme du meilleur, le beau gosse Ryan Reynolds témoigne ici d’un jeu passe-partout, bardé de sourires colgate et de bons sentiments un peu lassant. Passable. La performance de Ben Kingsley est toute aussi désincarnée. Difficile de lui en vouloir au vu du peu de place qui lui est laissé. Singh emballe le métrage avec maitrise et sens du spectacle, mais sans originalité. Sur le plan esthétique, Renaissances est forcément peu satisfaisant lorsque l’on connait les compétences du bonhomme. A défaut de mieux, le film reste cependant bien lisible, agréable et dépourvu de séquences ultra-cut.

 

 

Renaissances est une semi-déception. Si le nouveau bébé de Tarsem Singh s'avère globalement divertissant sur la forme, le tout n’exploite que très partiellement un sujet véritablement prometteur. Dommage. Singh livre un petit film mineur, qui souffre malheureusement de la comparaison avec certains de ses audacieux travaux passés.

 

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