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Critique Repo Men

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La repossession – terme très peu connue en Europe généralement usé pour désigner une institution venant récupérer son bien gagé – est un sujet rarement traité dans le cinéma de genre. Un film d’Alex Cox, La Mort en Prime, a fait son apparition en 1984 dans la science fiction où des repo men sont chargés de récupérer une voiture volante luminescente, mais c’est ces dernières années qu’est apparu un OVNI pour le moins inattendu, Repo! The Genetic Opera. Accouché par Darren Lynn Bousman (Saw 2-3-4), cet opéra rock posait les bases et mettait en scène des repo men missionnés pour recouvrer les organes des personnes ne pouvant plus payer. Pour son premier film, Miguel Sapochnik reprend le même concept. Si Darren Lynn Bousman a montré son mécontentement face aux similarités avec son propre film, Repo Men est avant tout basé sur le livre Repossession Mambo. Fable futuriste légère avec une volonté affirmée de s’écarter du grand public, Repo Men ne s’aventure pas plus loin que le thriller-action classique et offre un spectacle techniquement maîtrisé et plaisant, à condition de passer outre les tentatives maladroites de critiques en tous genres.

 

 

Remy est un repo man travaillant pour le compte d’une grosse société, The Union. Marié, un enfant, il n’a aucun mal à ôter la vie des gens, « a job’s a job » se rassure-t-il, mais sa vie familiale en pâtît sérieusement. Bien décidé à se retirer des affaires, il effectue une dernière mission mais celle-ci tourne mal et à son réveil à l’hôpital, il se retrouve avec un cœur artificiel incrusté dans la cage thoracique. Autant dire que la trame narrative de Repo Men ne réinvente pas le genre, et si Eric Garcia – auteur de Repossession Mambo – et Garrett Lerner auraient voulu faire plus classique, la tâche aurait été ardue. L’histoire du quidam travaillant pour un système corrompu et qui un jour se retrouve de l’autre côté de la barrière après avoir accepté le contrat de trop, traqué par la suite par ses propres employeurs, ne date pas d’hier. A l’instar d’un Jason Bourne ou d’un Minority Report, pour ne citer qu’eux, la pellicule se dirige inévitablement dans le jeu du chat et de la souris avec un fatal « je vais en finir avec tout ça » maintes fois traité. Si cette trame empeste le déjà vu, Miguel Sapochnik aborde le sujet avec un surplus d’ambition qui n’est manifestement pas à sa portée. Un fil conducteur simpliste, certes, mais regorgeant de sujets sous-jacents apportant suffisamment de matière pour mettre sur pied une critique capitaliste et sociétale particulièrement acerbe. Ici, il n’en est rien. Thriller SF en bon uniforme, Repo Men ne fera pas réfléchir le spectateur pour un sou. Globalement maîtrisée, la pellicule traîne en longueur et ne brille que par de rares scènes particulièrement percutantes.

 

 

Vous l’aurez compris, Repo Men fait preuve de maladresse dans son traitement mais ce n’est pas pour autant qu’il ne tente pas de mettre en avant des sujets universels, aussi clichés soient-ils. Crise économique, moralité, violence, capitalisme, amour, amitié, famille et j’en passe. Evidente, la question de la valeur de la vie humaine est abordée de manière frontale. A-t-on le droit de reprendre son dû coûte que coûte aux dépends de la vie d’une personne ? Dressant le portrait d’une multinationale futuriste ultra capitaliste, la pellicule nous propose une galerie de personnages tous aussi insensibles à quelle que notion d’humanité, même les proches semblent plus ou moins accepter cette situation. Il faudra donc attendre que notre protagoniste se retrouve avec un cœur artificiel dans la chair et débiteur de son propre employeur pour se rendre compte que tuer les gens c’est mal et qu’ils ont eux aussi une famille qui les aiment. Si cette prise de conscience – très soudaine malgré des années de dissections à tout va – est tout à fait légitime, cela ne va pas pour autant l’empêcher de massacrer toutes les personnes qui se dressent sur son chemin dans sa quête de survie. Tout ceci n’est que prétexte à construire un homme révolté et suffisamment surentraîné pour offrir des scènes d’action pour le moins efficaces. Si sa durée relativement allongée, proche des 2h, entraîne des flottements à de nombreuses reprises, les scènes de castagne sont chorégraphiées au poil, notamment une – copieusement pompée, il faut le dire,  sur la scène culte du couloir dans Old Boy, les armes en plus – où tranchants en tous genres viennent s’associer à des flots de sang repeignant les murs. Outre ce côté bagarreur assumé, l’humour noir n’hésite pas à se faire une petite place et le métrage nous balance régulièrement quelques petites vannes bien placées.

 

 

Sur le plan purement gore, la suggestion n’est pas au rendez-vous et Repo Men montre tout, quelle que soit la situation. Bouclier humain, égorgement, dissection, arrachage d’organes et autres festivités sont au rendez-vous. A ce titre, il faut saluer une scène finale mélangeant érotisme pur et dissection singulièrement poignante et originale. Ajoutez à l’ensemble une direction photo superbe et une bande son rock & soul, la forme n’a pas grand chose à se reprocher et la pellicule est rondement menée même si l’on note un manque de rythme flagrant. Côté casting, le bel étalon Jude Law, que l’on a l’habitude de retrouver dans la peau de l’anglais charmeur, tient son rôle convenablement et nous épargne le gros tas de muscle auquel le personnage se prêtait divinement. A ses côtés, l’increvable Forest Whitaker, second couteau par excellence, toujours au top. Et enfin, la féminité se voit incarner par Alice Braga, beaucoup plus convaincante qu’en pseudo Michelle Rodriguez du récent Predators, même si elle s’avère être l’un des personnages les plus robustes du métrage. Autre regret, la relation qu’entretient ce trio infernal. Si celle-ci s’installe progressivement pendant une bonne partie du film, l’autre morceau laisse presque totalement de côté le rapport d’amitié entre Remy (Jude Law) et Jake (Forest Whitaker) pour laisser place à une mini gueguerre « je te poursuis mais tu es mon ami quand même ». Quant à la romance amorcée par Remy et Beth (Alice Braga), elle sombre dans l’oubli pour renaître dans une ultime pseudo étreinte sanglante parfaitement dirigée. Si Repo Men ne surprend à aucun moment le spectateur dans sa narration – excepté un dénouement final inattendu et plutôt bien trouvé –, faute notamment à des tentatives de remontrances couplées avec des codes de blockbusters hollywoodiens, le métrage jouit de quelques bonnes surprises qui parviennent à assidûment titiller l’attention de l’auditoire. S’il n’est pas toujours évident de ressentir les influences annoncées par son géniteur – Orange Mécanique, Le Sens de la Vie ou plus justement Robocop et Blade Runner –, la volonté de piocher dans tous les registres pousse inévitablement le réalisateur a tronquer sérieusement le potentiel de la pellicule pour livrer un thriller SF sans surprise mais néanmoins honnête.

 

 

Miguel Sapochnik signe ici une bande bourrine et sanglante dénuée de réflexion qui s’avère être un sympathique divertissement à ranger dans la case « vite vu, vite oublié ». On regrettera un scénario effleurant tous les sujets avancés, heureusement sauvé par une mise en scène décente. Plaisant.

Auteur : TIBO

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Combien font : 55-44

Votre réponse :

korku 06-07-2013
Repo Men pour moi c un film bien foutu.

 

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