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Critique Resident Evil : Afterlife 3D

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Paul W.S. Anderson. Le seul nom du réalisateur Britannique suffit aujourd’hui à susciter la crainte au sein des rangs des aficionados à la saga Resident Evil. Cinéaste autrefois compétent – l’excellent Vaisseau de l’au-delà – et capable de rares soubresauts inspirés – le crétinisant mais jouissif Death Race -, Anderson s’affère pourtant à massacrer depuis quatre épisodes l’un des plus beaux fleurons de l’horreur virtuelle. Né à la fin des années 90, le survival conçu par la firme Japonaise Capcom avait su profiter des progrès naissants de la conception trois dimensions pour insuffler dans son scénario une construction typiquement cinématographique. Angoissant, glauque et sombre, le soft immergeait le joueur dans une ambiance étouffante et tendue, instaurant pour la première fois le concept d’effroi vidéo-ludique. A l’exact inverse de cette approche mesurée et pesante, Anderson s’était pour sa part fendu d’un métrage grossier et sans finesse, proche du blockbuster high-tech calibré pour les foules. Resident Evil : Afterlife ne déroge pas à la règle.

 

 

Délégué au vétéran has-been Russel Mulcahy, Resident Evil : Extinction s’était imposé comme un opus convenable. Ni bon ni véritablement mauvais, le métrage était parvenu à extraire la franchise de la relative médiocrité dans laquelle elle évoluait depuis son calamiteux premier opus. Définitivement ruiné par un second volet doté d’une réalisation hasardeuse, le scénario s’affranchissait pourtant définitivement de la trame générale développée dans les jeux vidéo, ce dernier se contentant de quelques références pour justifier son affiliation au mythe de Capcom. Inscrit dans la logique continuité, Resident Evil : Afterlife impose ses fondations sur un script inédit. Inutile de chercher un quelconque lien avec l’histoire parallèlement développé sur consoles, Anderson prend ici définitivement la tangente en installant sa franchise dans un univers propre et détaché. High-tech clinquant et gun-fights assaisonnées d’effets graphiques en tous genres – ajout de la 3D, inutile – relèguent donc une nouvelle fois la sobriété et la subtilité du jeu originel aux abonnés absents, Anderson livrant un métrage décérébré et avant tout centré sur l’entertainment. Si Resident Evil : Afterlife gagne désormais sa crédibilité en s’alignant sur l’orientation bourrin à souhait prônée par les derniers opus – Resident Evil 4 et 5 – publiés sur les plateformes de jeu de Sony, l’actioner d’Anderson manque pourtant totalement son objectif : divertir.

 

 

Doté d’un scénario purement accessoire, Resident Evil : Afterlife multiplie donc les infidélités déjà chroniques perpétrées à l’encontre de son modèle. Epaulée par l’armée de clones découverte à l’issue du volet précédent, la furibonde et génétiquement modifiée Alice poursuit ici sa vendetta contre Umbrella Corporation, société pharmaceutique à l’origine de l’invasion zombiesque. Une quête qui l’amène à croiser la route de personnages emblématiques, Claire, Chris Redfield ainsi que le gominé Albert Wesker. Visiblement peu inspiré en matière de développement des protagonistes, Paul W.S. brosse le tout avec une étonnante négligence. Inutiles au possible, les comparses d’Alice semblent avoir été positionnés sur l’échiquier dans l’unique objectif de contenter les adeptes du jeu vidéo. Peine perdue, tant le cinéaste s’affère à trahir l’essence même des personnages. Mieux, Resident Evil : Afterlife s’autorise un gloubi-boulga aberrant afin d’amener des éléments du récent Resident Evil 5 dans sa trame narrative. Claire Redfield nait de ce fait d’une fusion entre son personnage initial et celui de Jill Valentine, ne conserve aucun souvenir de son frère – dont l’utilité fleure le néant – et affronte des créatures directement débarquée du dernier jeu en date, bestiaire dont l’origine demeure ici inexpliquée. En résulte un script brouillon et incompréhensible, mais néanmoins nullement indispensable tant Anderson semble privilégier les séquences testostéronées. Quitte à en oublier son méchant emblématique, Wesker, ridicule et cliché sous tous les aspects.

 

 

Abordé sous l’angle du film d’action dans sa forme la plus restrictive, Resident Evil : Afterlife se permet de ce fait de dupliquer à l’exact identique des cinématiques du jeu Resident Evil 5. Des clins d’œil plutôt agréables qui n’empêchent pourtant pas le métrage de glisser sur une platitude abyssale, le tout n’étant à la surprise générale rythmé que de rares sursauts burinés. Si Anderson soigne ses plans 3D, le cinéaste néglige en contrepartie sa construction et érige un film bavard et incroyablement ennuyeux. Emaillé de quelques séquences pétaradantes, Resident Evil : Afterlife se rend presque coupable de publicité mensongère tant les bandes-annonces s’afféraient à vendre la pyrotechnie prétendue du projet. Privé de véritable scénario ainsi que de véritables moments de bravoure, le métrage pédale à vide sur près d’une heure trente. Un sentiment d’autant plus perturbant qu’Anderson capture son œuvre dans une ridicule brochette de décors – une prison, un pétrolier, point – vides, aseptisés et sans intérêts. Reste la maitrise acceptable du cinéaste, qui emballe son œuvre avec un savoir-faire typiquement Hollywoodien, ralentis et effets inutiles à l’appui. Bien réalisé, bien interprété, bien lisse, Resident Evil : Afterlife évite l’écueil de la réalisation bâclée avec la même habilité que celle du gore craspec. Propre et tout public, ce film de pseudo-zombies peine à se profiler sous un autre jour que celui du pur produit de commande teenager. Risible.

 

 

Réalisateur émérite lorsqu’il s’agit de changer l’or en plomb, Paul W.S. s’affranchit une nouvelle fois d’un ratage complet. Une quasi-constante pour la saga, qui bafoue une nouvelle fois l’esprit et l’histoire de ses pairs vidéo-ludiques. D’ores et déjà programmé pour une sortie en 2012, le successeur de Resident Evil : Afterlife aura fort à faire s’il souhaite redorer l’image de cette apocalypse cinématographique.

 

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Votre réponse :

Tonton 04-03-2011
Entièrement d'accord avec la critique. Ce RE est un véritable nanar de qualité. rien à sauver à part la 3D! C'est dire !

 

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