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Critique Resurrection

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Shooté en deux-trois coups de manivelle par l’inconnu Matt Zettel – qui signe là son premier long métrage – Resurrection County s’était fendu d’une sortie DTV discrète sur le continent américain. Exhumé des archives poussiéreuses du bis dispensable, rebaptisé Resurrection – quelle imagination – pour sa distribution Française, le métrage s’habille d’une jaquette chargée de prouver à quel point le travail de Zettel fût apprécié en festivals. Ou plutôt, sélectionné à l’occasion de quelques rassemblements Américains seulement connus d'une petite poignée de geeks acharnés et azimutés du ciboulot. Qu’importe, tant ce petit métrage sans prétentions particulières remplit ses objectifs. En route pour un ride cinématographique aussi fauché qu’agréable.

 

 

Ni bon ni atrocement mauvais, Resurrection se déguste comme un plaisir coupable. Tricoté autour d’un semblant de canevas scénaristique vu et revu, le métrage de Matt Zettel ne s’embarrasse à aucun moment d’un quelconque esprit d’initiative, voire d’un semblant d’originalité. Paumé au fin fond de l’Amérique reculée, un petit groupe de jeunes – beaux, musclés et de surcroit amoureux – en route pour une petite mise au vert subissent les agressions répétées du groupe de bouseux traditionnels, tarés congénitaux aux idées religieuses forcément bien tranchées. Terriblement cliché, le script se profile malgré tout comme un copycat hautement divertissant des plus glorieux Massacre à la Tronçonneuse, Detour Mortel et autres survivals en milieu forestier. Bricolé avec trois bouts de ficelles, le travail de Matt Zettel en reprend les idées au millimètre près : fermes délabrés, paysans cradingues et antipathiques, bois sombres et violence hardcore. Les bourreaux revêtent comme d’ordinaire tous les tics du bad-ass des campagnes, barbes, tatouages et esprit léger en tête de liste. Le cinéaste essaye malgré tout d’insuffler à son synopsis un embryon de critique anti-religion, les mongoliens du coin se voyant embrigadés dans les bondieuseries par un pasteur particulièrement virulent. Poussif et relativement inutile, le message entre par une oreille pour ressortir par l’autre, le sujet des débordements fanatiques s’avérant esquissé sans réelle finesse.

 

 

Le décor posé et les ficelles bien connues, Resurrection déroule de ce fait son script en terrain labouré et s’affère davantage à s’épancher dans l’efficacité plutôt qu’à s’habiller d’un fond ici inutile. Une contrainte dont le réalisateur s’affranchit avec un relatif savoir-faire, voire même une étonnante approche lorsqu’il s’agit de faire tomber les quilles dans un ordre inédit. Unique spécificité du film, l’ordre dans lequel succombent les victimes se montre plutôt surprenant. De quoi partiellement compenser le rythme plan-plan de l’affaire, qui roule en mode automatique une heure trente durant. Ce qui n’empêche nullement Resurrection de dérouler son développement sans baisse de régime, les morts brutales venant émailler les séquences avec une régularité satisfaisante. Dommage que l’ensemble verse à quelques occasions dans une violence un peu trop facile et outrancière, davantage posée là pour choquer que pour faire passer un message coup de poing. Inutile au script, la séquence de viol tente notamment de répliquer la puissance de métrages récents – La Colline à des Yeux ou encore La Dernière Maison sur la Gauche – mais ne fait office d’aucun traitement particulier par la suite, l’aspect Rape & Revenge n’ayant guère d’incidence sur le comportement de protagonistes avant tout motivés par leur survie. Si Zettel effleure à plusieurs reprises le pire, ce dernier sait cependant s’arrêter à temps et éviter de basculer dans le torture porn insoutenable. Un bon point.

 

 

Techniquement, Resurrection tient la route sans jamais témoigner d’une véritable beauté esthétique. Victime de son budget étriqué ainsi que d’une approche plus télévisuelle que véritablement cinématographique, le métrage reste propre mais visuellement pauvre sur tous les aspects. Conscient de son manque de moyens, Zettel adopte de ce fait une réalisation épurée et ne lorgne jamais du côté des effets spéciaux numériques, évitant par la même occasion les CGI foireux et bâclés. Capturé avec simplicité, bénéficiant de maquillages soignés, Resurrection pêche uniquement à quelques reprises par le sur-jeu caractéristiques des acteurs de seconde-zone. Ces derniers ne s’abandonnent néanmoins à aucun moment dans une médiocrité totale, le métrage gagnant à travers sa globalement bonne interprétation une crédibilité supplémentaire. Si le tout n’atteint à aucun moment la qualité de ses modèles, Zettel livre un métrage qui ne se risque jamais à viser plus loin que la simple notion de divertissement.

 

 

Sans prétentions, Resurrection s’impose par son efficacité. Un petit film du dimanche soir, qui malgré sa forme copiée-collée, se laisse ingérer avec un certain enthousiasme. Une honnête série B.

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