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Critique 31

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Étrange parcours que celui de Rob Zombie. Musicien talentueux, ce dernier s'était lancé dans le cinéma horrifique en livrant avec La Maison des 1000 Morts une petite pépite indé. Brutal et inspiré, le métrage renvoyait à tout un pan de la culture bis, explosant au passage les codes du cinoche horrifique de l'époque pour s'imposer en œuvre trash presque hors du temps. Une claque certes imparfaite mais hautement personnelle qui lui ouvrira grand les portes des studios spécialisés, Dimension Films lui confiant dans la foulée la destinée de la franchise Halloween, saga  culte que le cinéaste réinventera en profondeur à l'occasion d'une séquelle – Halloween 2, 2009 – contestée mais hallucinée. Adoubé par les puristes de gore mais incompris du grand public, Zombie retournera de ce fait rapidement aux petites prods, non sans trébucher en shootant un The Lords of Salem tellement space qu'il en devenait presque rebutant. Avec 31, le « métalisateur » pousse de nouveau le bouchon le plus loin possible. Craspec et féroce, ce sixième long-métrage souffre malheureusement des mêmes tares que son prédécesseur. A trop vouloir en faire, Zombie sombre en effet dans un gloubi-boulga relativement foutraque.

 

 

Zombie est un transfuge de l'horreur des seventies. Héritier de la série B à l'ancienne et de l’obscurantisme cinématographique, l'homme fait dans le cinéma sans concessions. 31 n'échappe pas à la règle. Le film s'articule en ce sens comme une pure bobine d'exploitation bardée de personnages détestables, peinturlurée de vulgarité et de gros rouge qui tache. Zombie envoie ici valdinguer toute notion de politiquement correct pour imposer une vision noire, crade et malsaine de l’Amérique profonde. Un enfer dans lequel se paument une bande de rednecks dégueux et parfaitement inadaptés à la société, pris pour cible par une organisation de décérébrés qui ont hissé le meurtre en véritable art de vivre. Plongés dans un labyrinthe inextricable à base de bâtiments sales et décharnés, les cinq compagnons d'infortune sont conviés à participer à une session de « 31 », un jeu sadique au cours duquel ils se voient confrontés aux pires psychokillers du coin. En coulisses, les nantis tirent les ficelles. Dans le fond, 31 évoque donc inévitablement le travail d'Eli Roth sur la franchise Hostel, concept que le cinéaste exacerbe à l'extrême en dressant un jeu de chat et de la souris particulièrement glauque. Presque trop. Si l'on apprécie l'aspect ultra-poisseux et nihiliste du cinéma de Zombie, celui dresse avec ce nouveau long un tableau si sombre qu'il en devient imbuvable. 31 floute en effet d'entrée de jeu toute notion de bien ou de mal pour se concentrer exclusivement sur les pires facettes et déviances du comportement humain, le métrage brossant absolument tous ses protagonistes – victimes comme bourreaux – en parfaites raclures de bidet. Un manque de contraste dans l'écriture qui rend le film particulièrement hermétique.

 

 

La violence, qu'elle soit psychologique ou visuelle, se doit d'afficher un message fort afin de véritablement marquer les esprits. Où à minima, d'être accompagnée d'une certaine forme de maîtrise des émotions, le cinéaste se devant de créer de l'attachement pour ses personnages afin de rendre leurs tourments douloureux pour le spectateur. Ceux de Zombie sont si horribles et vicieux qu'il exfolie malheureusement toute possibilité d'empathie à leur égard. Difficile dès lors de « plonger » pleinement dans ce survival allumé, qui cumule certes deux-trois séquences absolument sidérantes mais peine globalement à imposer une tension notable sur la durée. L'ensemble se montre par ailleurs si grand-guignol que l'on peine encore davantage à adhérer à l'entreprise. D'autant plus que Zombie accompagne ce métrage théâtral et désespéré d'un telle propension à verser dans la vulgarité gratuite qu'il en devient rapidement exaspérant. Le moindre dialogue est sujet à caser des insanités à base de « baise », « bite » et autres réjouissances sexuelles. Rien de bien étonnant par conséquent à voir le tout sombrer dans un mauvais goût particulièrement déplacé à plus d'une reprise – le nain tueur grimé en nazi, il fallait oser –. 31 tend certes à prouver que Rob Zombie est l'un des réals les plus dérangés du circuit,  mais ne parvient jamais à justifier son overdose d'images zarbes et dérangeantes.

 

 

Si Zombie avance avec l'idée de choquer pour choquer, ce dernier conserve son talent de metteur en scène et imprime sur pellicule un métrage visuellement très poussé. Ce dernier transcende littéralement ses maigres moyens pour proposer un produit qui a de la gueule. Audacieux dans ses choix esthétiques, le bonhomme joue constamment sur les couleurs baveuses, soigne jusque dans les moindres détails sa lumière, ses décors ainsi que ses costumes. Du très bon boulot, bien que 31 ne se dédouane pas des tics qui font désormais partie intégrante de l'approche technique de son géniteur. Le film est parfois étrangement cadré, légèrement bordélique dans ses mouvements. Mais le tout tient parfaitement la route et affiche une belle patine indé. Le métrage repose par ailleurs sur un casting constitué de fidèles. Sheri Moon Zombie – compagne du réal' –, Malcolm McDowell, Meg Foster et Jeffrey Daniel Phillips connaissent l'approche Zombie et se fondent dans le décor avec facilité. Richard Brake, qui tenait un petit rôle dans Halloween 2, fait pour sa part des merveilles dans la peau du timbré en chef.

 

 

31 n'est pas un ratage complet. Tout adepte de cinéma tordu et différent ne pourra qu'en apprécier l'audace et la maîtrise artistique, Zombie déroulant ici un jusqu'en boutisme qui fait plaisir à voir en ces temps de produits calibrés, de séquelles et de remakes. Pour autant, celui-ci en oublie au passage toute sensibilité – chose qu'il insufflait très bien via le personnage de Laurie Strode, aussi punk soit-elle, dans son Halloween 2 –. Torpillé par un script négligé, le métrage se montre funèbre et immonde, mais y abandonne au passage toute puissance émotionnelle. Dommage.

 

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