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Critique RoboCop 2

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Après le succès monumental du premier épisode, ce n'était qu'une question de temps avant que la franchise RoboCop ne soit officiellement lancée – pour le meilleur et pour le pire – avec un deuxième épisode sobrement intitulé RoboCop 2. Un film qui ne réinvente rien mais a le mérite de surfer habilement sur le succès du modèle original et de mettre à profit un « how to » encore tout chaud laissé par Verhoeven. Le résultat est forcément inférieur au premier mais reste un divertissement SF hautement recommandable.

 

 

Il y a une raison pour laquelle Terminator, l'autre robot emblématique des 80's, n'a eu de successeur que huit ans plus tard : James Cameron avait préféré laisser le temps au temps pour proposer une suite à forte valeur ajoutée tant sur le discours que sur la forme - et il y arriva avec un succès fracassant -. Les producteurs de RoboCop 2 n'ont visiblement pas eu autant de scrupules et affichent clairement leurs considérations opportunistes. Exit Paul Verhoeven, parti consolider sa réputation de trublion fou avec Total Recall sorti la même année, et place à Irvin Kerchner – dont ce sera le dernier film –, un yes man malléable à souhait et qui n'a pas trop à rougir de sa filmographie - il restera pour tous le réalisateur de L'empire Contre Attaque -. Ce dernier, bien conscient de la difficulté de succéder à une œuvre culte, s'attelle pourtant avec hardiesse à la tâche en livrant un produit savamment calibré entre humour noir et action bourrine qui, à défaut de rester dans la mémoire collective, remplit bien son cahier de charges et ravira un large public.  

 

 

Peter Weller, qui rempile dans les bottes de la machine flic, raconte qu'il a été agréablement surpris que les responsables des effets spéciaux aient changé la composition de son armure par de la fibre de verre, plus légère et plus confortable que l’ancienne. A l'image de cette anecdote, on constate d'emblée que ce deuxième épisode n'est pas non plus fabriqué du même alliage que son modèle. Si le film de 87 était un film de cinéaste, la mouture 90 est indéniablement un projet de studio, les producteurs ayant la main mise et le dernier mot sur le moindre détail. Frank Miller en sait quelque chose puisqu'il s'est vu charcuter sans ménagement la quasi totalité du script qu'il avait écrit. Jugée « infilmable », sa version sera systématiquement expurgée de tout ce qui pourrait choquer ou même fâcher quiconque. Ainsi, l'on supprimera tout ce qui pourrait interférer avec l'action pure comme ces considérations psychologiques –pourtant l'un des points forts du premier – où Murphy se débat avec ses réminiscences humaines. Ici RoboCop sera juste une machine et l'on ira même jusqu'à le caricaturer à outrance pour en faire un boy scout limite mongol. On n'en fera pas non plus des tonnes avec les messages subversifs, juste le nécessaire genre : « La drogue, c'est dégueulasse », « La violence, c'est pas cool », « les Politcard, tous des ripoux » afin de ne pas trop causer de crampes du cerveau. Par contre, on gardera les petits spots TV satiriques, parce que les spots Tv satiriques, c'est satirique. Et c'est drôle. 

 

 

RoboCop 2 s'avère donc être une contradiction : D'un côté, il sonne plus creux que son modèle puisqu'il n'en garde que la coque et en arrondit les angles au possible, mais en même temps, il pousse encore un peu le bouchon dans l'outrance faisant du film une farce féroce et sauvagement jouissive. Il n'y a qu'à voir la tronche des méchants, une belle brochette d'enflures « over the top » avec en tête un Tom Noonan qui s'amuse visiblement beaucoup dans les pans du gourou cocainé Caine – qui se fera par la suite « Uploader » dans la machine R2 – mais surtout Hob, son sidekick mémorable, enfant pas plus haut que trois pommes à la gueule d'ange mais un salopiot de première qui n'hésite pas à dézinguer à tour de bras et à reprendre à son compte un gros cartel de drogue. L'une des scènes chocs du film étant justement celle ou il désosse méticuleusement notre RoboCop avant de foutre ses « pièces détachées » devant le commissariat de police. D'autres scènes aussi foutraques jalonnent ce deuxième épisode et le film s'avère finalement très généreux en fun et en castagne. Irvin Kerchner, même s'il est loin du génie de Verhoeven, est un vieux briscard qui en a dans le pantalon et très souvent, ça balance du lourd : la course poursuite avec RoboCop en moto qui se prend un poteau dans la face, le « casting » de cyborgs qui tourne mal, la fusillade dans l'entrepôt désaffecté... Le moment fort restera sans aucun doute une dernière demi-heure qui mettra en avant le combat titanesque des deux machines dans un carnage hallucinant et très réussi, même si aujourd'hui la stop motion fait un peu daté. Bref, du très bon spectacle solidement orchestré. 

 

 

Tout comme l'armure de RoboCop, autrefois gris sale, ici bleu métallisée, cette deuxième mouture de la franchise est bien symptomatique des « suites » hollywoodiennes. Respectant la règle du « Bigger & Louder », Irvin Kerchner ne se dégonfle pas devant la teneur de la responsabilité et nous gratifie d'un RoboCop 2 super divertissant, hyper fun, outrancier dans sa violence graphique et qui en donne au spectateur pour son argent, mais qui malheureusement oublie les fondamentaux de son modèle et en dilue la substance jusqu'à évaporation complète, empêchant ainsi une totale adhésion au film.

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