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Critique RoboCop 2014

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Le RoboCop originel est un monument de virtuosité à bien des égards. Excellente œuvre de divertissement, le film de Verhoeven développait à l’époque plusieurs niveaux de lecture. Ultra-engagé et affichant un message politique au vitriol, le métrage usait avec habilité de la satire pour se profiler en charge anti-Reagan furieuse, parfois presque dérangeante. Une dimension critique qui passera aux oubliettes sur les opus suivants, supervisés par des « yes-man » certes talentueux – notamment Irvin Kershner pour le second opus – mais peu soucieux de la portée sociale de leurs travaux. Envisagé à plusieurs reprises, le remake de RoboCop est de ce fait un exercice casse-gueule par excellence. Rattaché au projet suite à la démission de Darren Aronofsky, José Padilha offre une relecture parfois osée mais partiellement bancale.

 

 

RoboCop appartient définitivement à une époque. Fustigeant une Amérique guerrière prétendue toute-puissante par son leader d’alors malgré ses dérives alarmantes – montée du chaumage, forte démocratisation des armes à feu –, le travail de Paul Verhoeven faisait par ailleurs preuve d’un regard visionnaire sur la robotisation progressive de nos sociétés. Difficile aujourd’hui pour Padilha d’en recycler les grandes lignes. D’une part, parce que la politique prônée par Obama se veut assurément moins agressive, mais surtout parce que la vie privée et certains droits fondamentaux ne semblent désormais n'être qu’une utopie soigneusement conservée dans l’inconscient collectif. La technologie grandissante se veut dorénavant totalement intrusive, notamment pour des besoins prétendus de sécurité, parfois pour des stratégies marketing nettement plus sournoises et condamnables. S’il n’en reprend pas pleinement les idées, RoboCop 2014 s’articule malgré tout sur une même volonté d’agiter les consciences que son prédécesseur. L’approche de Padilha, bien qu’appréciable, peine pourtant globalement à convaincre. Moins subtile que sur le film d’origine, la critique est ici clairement affichée, presque trop facile. Sans surprise, le pouvoir des médias est placé au centre du viseur, sans subtilité ni formule thèse / anti-thèse.

 

 

RoboCop 2014 en devient de ce fait incroyablement manichéen, les défenseurs de la surprotection offerte par les machines étant constamment tournés en ridicule – le personnage de Samuel L. Jackson, magnat de la presse, est insupportable –. Le film déroule pourtant parallèlement de forts beaux arguments, à commencer par un personnage d’Alex Murphy / RoboCop nettement plus travaillé que par le passé. Le postulat de base reste lui inchangé. Gravement mutilé et laissé pour morts par un groupe de malfaiteurs / individus corrompus qu’il cherche à faire tomber, l’inspecteur Murphy devient RoboCop, une arme ultra-sophistiquée dotée d’une conscience propre chargée de rétablir l’ordre dans une ville de Détroit gangrénée par la violence. La « liberté » de penser, d’agir et de ressentir vient pourtant rapidement créer des difficultés aux puissants, qui n’avaient jusqu’alors envisagés le cyborg que comme un instrument de justice impartial et moralement indestructible, plus machine que véritablement humain. Et c’est notamment sur cet aspect que RoboCop 2014 s’avère particulièrement attachant. Davantage victime que sauveur, Murphy est ici présenté comme une âme en perdition, quasiment privée de son droit à bénéficier de son corps comme il l’entend – la séquence ou ce dernier supplie Omnicorp de le laisser partir est l’une des plus fortes du métrage –. Les relations entre le Cyborg et sa famille sont à ce titre cruciales, et l’intensité dramatique de ces dernières parfaitement maitrisées par un Padilha qui n’en use pourtant qu’avec une trop grande parcimonie. Dommage, l’œuvre s’égarant de plus dans une trame narrative mal fagotée qui nuit constamment à la bonne rythmique de l’ensemble – l’entrainement militaire du RoboCop, qui s’éternise plus que de raison –.

 

 

RoboCop 2014 se rattrape cependant en fin de course. Le dernier tiers laisse enfin le métrage exploser totalement, exfoliant presque l’aspect globalement édulcoré du métrage. Murphy devient dès lors un personnage vraiment passionnant, un simple humain pour lequel la notion de bien / mal se floute au profit de la volonté de vengeance. Sous l’armure, Joel Kinnaman est parfait. Retranscrivant à merveille les brusques changements émotionnels traversés par l’homme / machine, ce dernier construit avec l’Australienne Abbie Cornish une relation amoureuse sombre et puissante qui se profile comme l’une des plus grandes qualités du métrage. La réalisation de Padilha est à l’avenant. Lisible, maitrisée, fluide, le cinéaste livre un travail malheureusement entaché par certains designs plutôt kitschissimes. L’aspect visuel est néanmoins nettement moins nuisible au métrage que sa structure mollassonne ou que son message bateau.

 

 

José Padilha pose sur bandes un film courageux et doté d’un certain nombre de qualité, mais la volonté de vouloir à tout prix assurer une charge à l’encontre des politiques, des militaires ou des médias désert presque le film. S’il ne détrone nullement l’œuvre de base, RoboCop 2014 mérite cependant un œil attentif, ne serait-ce que pour son approche dramatique étonnamment soignée pour un film d’action / science-fiction.

 

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Tonton 22-03-2014
Alors j'avoue j'ai kiffé grave ce Robocop !! Il m'a pris par surprise et il se place juste derrière l'original dans mon ordre de préférence quant à la saga ! Pas grand chose à jeter sur cette nouvelle version !! Gros coup de coeur !!

 

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