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Critique RoboCop 3

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Comment démolir une franchise culte de façon définitive? C'est simple, il suffit de suivre le mode d'emploi généreusement proposé par les producteurs / scénaristes ainsi que le réalisateur du troisième opus de la série RoboCop. Succès garanti, une seule application suffit. Le pauvre cyborg mettra plus de vingt ans à s'en remettre et au vu des avis mitigés sur son comeback, pas sûr qu'il soit vraiment tiré d'affaire. Même Joel Schumacher n'avait pas fait aussi fort avec son Batman & Robin, c'est dire. 

 

 

RoboCop 3, c'est connu, c'est le film de la loose totale, celui par lequel le scandale arrive et qui devrait rappeler à tous ceux qui ont crié au blasphème lors de l'annonce du remake de 2014 que le véritable crime contre RoboCop a bien eu lieu 20 ans plus tôt. Et personne ne l'avait ramenée à l'époque. En fait RoboCop 3, ça puait déjà sur le papier. On ne dénombre plus tous les trucs qui n'allaient pas dans cette entreprise, à commencer par ce script pourrave qu'ils sont partis dénicher dans une école primaire, un jour où Frank Miller se trouvait dans le coin. Ce dernier, pas rancunier pour deux sous décide de rempiler pour un autre essai en signant le scénario de ce troisième épisode, bien que sa précédente tentative se soit soldée par un échec cuisant - il en profitera d'ailleurs pour placer quelques éléments qui n'avaient par été retenus dans le film de 1990 - : rebelote, les exécutifs firent de sa copie une charpie et Miller, dépité, mettra plus de dix ans avant de revenir à Hollywood - grâce à Robert Rodriguez et son Sin City -. Alors, il raconte quoi ce troisième opus ? Rien. Ou si peu. La logique de rentabilité des studios, c'est connu, ne s'embarrasse pas de tels détails et c'est d'un pitch simplet qu'elle nous gratifie sans ciller.  La toute puissante OCP se fait ici racheter par des japonais et se met à expulser manu militari les habitants du Lower Detroit. Et RoboCop dans tout ça? On va le reprogrammer pour qu'il aide les méchants à expulser les gentils habitants. Pas cool. 

 

 

Nanardesque. Voilà, le mot est lancé et pour le confirmer, nous constaterons avec effarement - ou pas - le budget riquiqui alloué à cette production dont le cheap empeste à chaque image et chaque plan. Les effets sont d'une nullité affligeante et s’avèrent dignes des incohérences alignées par le scénario. Le vieux détroit par exemple est tellement mal fagoté qu'il aurait mieux convenu à une production de la défunte firme Canon avec ses décors en carton pâte et ses pneus enflammés tous les quinze mètres. L'économie de moyens va jusque dans l'affiche officielle qui fait des merveilles question minimalisme - notez bien la pause façon « James Bond » de RoboCop - et l'on n'arrive même pas à offrir un stop motion digne de ce nom pour l'inévitable ED 209 qui se contente ici de faire une apparition mollassonne - on pourra même parler de caméo -, pas plus qu'à offrir une coupe de cheveux décente à CCH Pounder, bombardée chef de la résistance souterraine. Au milieu de tout ça, Fred Dekker se paye le luxe d'une réalisation d'une platitude anesthésiante, se contentant juste de promener sa caméra ici où là en évitant soigneusement tout geste brusque qui apporterait à son film un semblant de rythme. Restons pépères.

 

 

Celui qui est le plus à plaindre ici, c'est bien notre cyborg. Peter Weller avait senti le vent tourner et a décliné l'invitation à reprendre une troisième fois le rôle de Murphy, l'histoire lui a donné raison : RoboCop semble être un figurant dans son propre film et n’apparaît que pour s'en prendre plein la tronche. Drainé de toutes ses caractéristiques et de sa substance afin d'offrir un film politiquement correct - un comble -, le robot perd tout son charme et devient vite un gros boulet, lourd, lent et pas drôle. Exit l'univers sombre et la critique féroce du premier volet, exit l'humour grinçant et l'action bourrine du deuxième, ici on s'est tellement soucié d'offrir un spectacle pour toute la famille qu'on a fini par débiliser totalement le personnage central. L'excès de violence est remplacé par l'excès de ridicule et c'est les yeux écarquillés que nous assisterons à ce duel contre un robot-ninja - attention, il sont deux, non, il sont trois ! - mais aussi à l'upgrade de notre cyborg préféré avec ce fameux jet-pack qui le fait voler dans les airs dans une incrustation numérique cradingue. Mention spéciale aussi à ce sidekick dont se retrouve affublé Murphy en la personne de Nikko, la petite surdouée capable de reprogrammer un ED 209 avec un ordinateur-jouet Playschool et qui trouve en RoboCop un père de substitution. Oui, y'a de l'émotion aussi dans ce film. 

 

 

Bancal, paresseux et fauché, RoboCop 3 est une confirmation éclatante de la « malédiction du trois » et un ratage dans les grandes largeurs qu'il faut voir au dixième degré si l'on vent en tirer un quelconque avantage. Et c'est sans surprise que ce film clouera définitivement le cercueil de la franchise pendant des décennies. Ah, il en rougit encore le traître ! 

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