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Critique Room 237

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En 1980, Stanley Kubrick se voit proposer l’adaptation du livre The Shining de Stephen King suite aux succès intersidéraux de 2001 l’odyssée de l’espace puis du dérangeant Orange mécanique. Une fois encore la réussite est au rendez-vous et cela malgré les mauvaises critiques et la contre-promotion menée à tambours battant par le « King » en personne. Le romancier vomit sur cette adaptation dans tous les médias et renie catégoriquement la paternité de l’histoire portée à l’écran, pour la bonne raison qu’il n’y trouve aucun lien réel avec son livre que ce soit dans son fond comme dans sa forme. C’est d’ailleurs en 1997 qu’il produira sa propre mise en image dans un téléfilm The Shining : les couloirs de la peur - un peu comme au Sofitel - qui passa totalement inaperçu à l’époque, et à juste titre. Room 237 est un documentaire destiné à être projeté en salles et nous expose tout un tas d'analyse et/ou théorie concernant cette adaptation du maître.

 

 

Depuis toujours certaines formes d’arts élitistes ont était batties sur des dogmes, des références inébranlables et indiscutables, certainement dues au fait que leurs concepteurs entretenaient des relations étroites avec des groupes religieux jadis très puissants. La littérature philosophique a déterminé à elle seule les bases de la psychologie moderne à travers les œuvres de Freud entre autres. Amadeus, Sartre, Salvador Dali, Rimbaud, Victor Hugo et tant d’autres seront aussi reconnus comme des génies et comme les fondateurs des grands mouvements de pensée essentielle à notre histoire. Stanley Kubrick en est un autre exemple. Il est considéré, quant à lui, comme un réalisateur envoyé des dieux, ses métrages sont comme les tables de la loi divine et ceux qui pourrait en douter sont irrémédiablement jetés dans la fosse des crétins incapables de comprendre ce cerveau de 200 points de Q.I., soit bien plus qu’un Bernard Henry Lévis sous ventoline. Mais il arrive souvent que ces personnages talentueux se jouent de la situation et ridiculisent ceux qui les portent à des rangs bien plus élevés qu’ils ne le souhaiteraient eux même. Ainsi nous avons pu voir un peintre vendre des toiles vierges - même de signature - à des prix exorbitants ou encore un autre étaler ses excréments dans une large virgule odorante, le tout mis en valeur par un cadre en bois vermoulu et doré à l’or fin. L’ironie de voir tout un parterre de fanatiques qui, aveuglés par leur prophète, ne voient pas qu’il se gausse d’eux. Ainsi Jean de la Fontaine en son temps en avait même fait son business. Et si Kubrick s’était moqué de son auditoire en adaptant The Shining ? Car il s’agit pour lui avec ses valeurs et en son âme d’artiste, d’adapter in fine une œuvre commerciale initialement écrite par un romancier excessivement bancable, pour des studios hollywoodiens s’évertuant à vendre l’art comme un produit de consommation bas de gamme. Une boutade en quelque sorte, destinée à toute une génération bercée par des œuvres d’une crétinerie lucrative sans bornes. Mais malheureusement, il s’agit là de la seule théorie qui n’apparaîtra pas dans Room 237. Et c’est bien dommage.

 

 

Dans ce docu-film surprenant, nous avons droit à plusieurs théories concernant The Shining - version Stanley Kubrick - plus ou moins farfelues les unes que les autres. Ce sont des extrapolations parfois contradictoires, imaginées par différentes figures issues du 7e art, comme le réalisateur Jay Weidner ou l’acteur Buffy Visick. Ils sont tous des fans inconditionnels du long métrage, allant même jusqu’à concevoir des maquettes à l’échelle, des plans d’architecte et autres cartes géantes de l’agencement des pièces du fameux hôtel Timberline Lodge. S’il est vrai que certaines théories sont indéniablement crédibles, certaines se basent sur des faits réels puis les développent à l’extrême pour en arriver à des conclusions vraiment tirées par les cheveux. Ainsi l’un des intervenants - forcement dans un moment d’ennui total - a superposé deux versions de ce même film et les a démarré l’une à l’endroit et l’autre à l’envers. Puis grâce à un jeu de transparence et à travers de nombreux arrêts sur image, il décrypte le sens caché de ces clichés à un auditoire qui, on ne sait pourquoi, ne regarde qu’un seul film en même temps et à l’endroit... Les ignares. Il est vrai que l’ont peut apercevoir un semblant d’image en penchant la tête et en plissant les yeux, mais ça doit marcher aussi avec Plus Belle la Vie. Bref, ça rappelle les messages subliminaux satanistes contenus sur les vinyles de Black Sabbath, Ac/Dc, Led Zeppelin... Audibles une fois qu’ils étaient lus à l’envers. Car il est bon de rappeler que tout sataniste - comprenez par là : rockeur, comme Elvis ou James Brown en leurs temps - possède un mange-disque qui tourne à l’envers, lui-même fourni avec une version du Nécronomicon, cela va sans dire ! Par la suite ce documentaire se penchera sur l’analyse de fondus entre différentes scènes et effectivement, dans ce cas précis, cela devient plus intéressant, étant donné que S.Kubrick a étudié certaines méthodes pour concevoir des messages subliminaux. Il est donc fort probable qu’il en a inclus subtilement lors du montage final, pour en faire ressortir les réflexions essentielles à la compréhension globale de l’œuvre. Pas la peine de partir dans des spéculations excentriques pour vendre le produit plus facilement.

 

 

Rapidement, ce documentaire-film nous laisse un arrière-goût de reportage vite fait mal fait. Ce dernier rappelle certaines diffusions de la chaîne « National Geographic » comme ceux sur les anciens astronautes basés sur les exégèses extravagantes de certains créationnistes ou bien encore les reportages d’investigation concernant les preuves indéniables de l’existence du monstre du Loch Ness, du Chupacabra, de l’Atlantide et du Dahu des montagnes Péruvienne. Ce qui est regrettable étant donné que quelques analyses faites par des passionnés de Kubrick sont vraiment intéressantes, basées sur des preuves concrètes - celles-là - et mériterait que l’ont s’y attarde plus longtemps. Par exemple l’étude qui nous prouve qu’effectivement notre réalisateur s’est moqué de Stephen King à travers des scènes détournant délibérément le sens premier du roman ou l’étude qui décrie l’agencement de certains éléments du décor, dont la forme et leurs dispositions géométriques couplées à de nombreux faux raccords simulent des sentiments d’oppressions voir d’asphyxie. Ces sensations renforcent alors les rapports ambigus entre l’enfant, le père et la mère ou encore le cloisonnement psychologique particulier vécu par des schizophrènes.

 

 

Ce qui est sur, c’est que la portée philosophique et l’influence de 2001 l’odyssée de l’espace à totalement dénaturé la perception des futures œuvres de ce réalisateur, déclinant certaines vers des interprétations bien éloignées de leur sens premier, ce qui se perçoit très bien dans ce docu-film. Les spectateurs n’étant pas adeptes de théories excessivement capilotractés, voir complotistes - le pull-over fusée du petit garçon qui passe en tricycle devant la chambre 237, la distance terre/lune, qui prouverait qu'Amstrong n’a jamais mis les pieds sur la lune et que la transmission de la mission en direct à la télévision à été filmée par Kubrick lui même pour une Nasa en pleine guerre froide, ouf ! - n’y trouverons que peu d’intérêt et relègueront ainsi le projet vers une fin de soirée sur une chaîne du bouquet satellite.

Auteur : MARC D'OC

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