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Critique Salvage

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Le cinéma britannique regorge de petites perles déferlant régulièrement sur les écrans, certains en tambours battants, d’autres dans la discrétion la plus totale. Salvage, premier long de Lawrence Gough, fait parti de cette seconde catégorie. Sans marquer les esprits, le métrage jouit d’une approche frontale sur tous les plans – politique, familial ou brutal – frappant ainsi un grand coup avant de repartir de là où il vient. Parti d’un concept simple, faisant le rapprochement avec La Nuit des Morts-Vivants de Romero – un container échoué sur une plage venant semer le trouble dans une banlieue pavillonnaire, Gough parvient a construire une pellicule solide en amoncelant autant d’éléments nécessaires pour proposer une consistance narrative et dramatique suffisante pour captiver son auditoire.

 

 

Une fille arrive chez sa mère afin de passer Noël en sa compagnie, mais la relation entre les deux femmes est très difficile. Arrivée à bon port, Jodie surprends sa mère au lit avec un homme et, en colère,  part se réfugier chez les voisins d’en face. C’est alors que des hommes armés débarquent de nulle part semant la terreur dans cette petite bourgade. La force de Salvage réside autant dans son fond que dans sa forme. A l’instar des œuvres de Romero, Lawrence Gough insuffle à son métrage différents aspects notoires orchestrés par un dosage intelligent ne laissant jamais de côté les arguments avancés au profit d’un autre. Bâti sur un drame familial, Salvage narre la quête d’une mère pour retrouver sa fille avec laquelle sa relation est au point mort. Un drame qui va venir être avivé par la plus improbable des situations et sur laquelle les habitants n’ont absolument aucun pouvoir. A travers une introduction courte et sans fioriture, le réalisateur parvient à imprégner le spectateur de tout le ressenti nécessaire à la compassion future envers l’héroïne et sa fille, cernant immédiatement le contexte familial. La durée laconique du métrage – autour de 75 min – justifie cette entrée en matière expéditive mais néanmoins amplement suffisante. Car une fois les soldats débarqués, la pellicule prend une toute autre tournure.

 

 

Gough livre une première partie puissante où la maîtrise de chaque élément opère avec magie. Le spectateur évolue dans le flou le plus total en même temps que les protagonistes principaux, ne sachant ni le pourquoi du comment et devant faire face à une menace totalement inconnue. En cas de danger, l’endroit où l’on se sent généralement le plus en sécurité – le domicile familial – devient ici la pire des tortures. Condamnés à rester cloitrés à l’intérieur, les habitants tentent par tous les moyens d’échapper à ce cauchemar et de comprendre ce qui se passe dehors. Cette première portion pousse la suggestion à l’extrême offrant ainsi de purs moments de terreur oscillants entre les jump scare classiques et les séquences de flottement parsemés de gouttes de sang, le tout à travers un dosage parfait. Il n’est pas rare que des métrages fassent languir l’assemblée avant de révéler la clé de l’intrigue, et le moins que l’on puisse dire est que Salvage se hisse haut la main dans le peloton de tête. Si le reveal se montre presque inévitablement décevant, celui-ci marque le basculement de la bande dans un style beaucoup plus brut et avisé. Outre une ambiance percutante et sombre comme sait restituer le cinéma britannique, les personnages jouissent d’une vraie personnalité et d’une profondeur croissante. Des personnages résiliés à faire face à leurs propres actes et rongés par le regret d’avoir trompé une vie familiale, les poussant ainsi à faire des choix soutenus par une remise en question.

 

 

L’aspect politique n’est bien entendu pas mis de côté et la fatale illusion de l’attaque terroriste à travers le pakistanais de service va servir de façade pour pallier à la réalité des faits. Même si ce point est clairement représenté, le spectateur n’est pas dupe et la tentative de brouiller les pistes ne fonctionne que vaguement pour finalement apporter un éclaircissement qui s’avère  presque indéniable et, de ce fait, frustrant. Cela n’empêchera pas Lawrence Gough de nous proposer un premier acte palpitant. Une fois l’intrigue éclaircie, la pellicule se dirige vers quelque chose de beaucoup plus classique, s’essoufflant au fur et à mesure avec une fâcheuse impression de vouloir en finir. Certains aspects scénaristiques auraient mérité d’être plus approfondis, notamment la relation mère-fille qui perds en intensité en milieu de parcours, jusqu’à offrir tout de même un léger sursaut dans sa finale. L’autre force de Salvage réside dans son jeu d’acteur brillant, bien évidemment Neve McIntosh dans la peau de la mère déchue, secondée par un Shaun Dooley humain et sincère dans le rôle du coup d’un soir. Si la pellicule souffre de l’inexpérience de son géniteur, les qualités de celle-ci légitiment que notre britannique a plus d’un tour dans son sac. 

 

 

Salvage est une très bonne surprise qui tire principalement sa force d’un premier segment réussi sur tous les plans. Quelques raccourcis et gimmicks viennent malheureusement entacher la bande mais Lawrence Gough prouve son talent et le cinéma britannique n’a décidemment pas fini de nous surprendre.

Auteur : TIBO

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